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École : les deux priorités “absolues” d’Édouard Geffray pour la rentrée

Lycée à Poitiers, juin 2025.

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Mathilde de Robien - publié le 07/05/26
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Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a publié ce 7 mai sa circulaire de rentrée. Deux priorités pédagogiques s’en dégagent : l’acquisition du langage et le raisonnement scientifique.

Une rentrée scolaire sous le signe de "l’exigence". C’est le ton donné par le septième ministre de l’Éducation nationale du second quinquennat d’Emmanuel Macron. Alors qu'il avait déjà annoncé, dans une circulaire publiée le 26 mars dernier, "une exigence renforcée" sur "l’orthographe, la syntaxe, la grammaire" et le durcissement des règles de notation en la matière pour le brevet et le baccalauréat, il plaide de nouveau, dans sa circulaire de rentrée publiée le 7 mai au bulletin officiel et adressée à tous les personnels de l'Éducation nationale, en faveur d’un retour aux fondamentaux. Pas de grandes réformes, mais "la consolidation des réformes engagées" placée sous le signe de la "juste exigence" – "celle qui pousse en avant et refuse la fatalité" : "l’exigence doit être au cœur de votre mission", demande-t-il. "Notre action pédagogique doit être principalement concentrée sur la maîtrise de ces deux conventions sociales "premières" qui rendent possibles toutes les autres : le langage et le raisonnement scientifique."

Bannir les "textes à trous"

"L’acquisition du langage, c’est-à-dire de la capacité croissante à élaborer une pensée complexe, est notre premier objectif pédagogique, dans toutes les disciplines", insiste le ministre. Pour atteindre cet objectif devront être travaillées la lecture, l’écriture et la diversification du champ lexical. "Il ne s’agit pas seulement de la traditionnelle dictée, précise-t-il, mais également de cultiver la pratique de l’écriture d’invention, autour de textes d’une longueur modeste mais croissante, sur la base d’énoncés précis". Les "textes à trous" sont bannis, "sauf besoins particuliers", au profit du "geste scripteur" et de "la rédaction de phrases complètes".

Une maîtrise du langage rendue d’autant plus urgente et nécessaire que l’intelligence artificielle se généralise. "À l’heure où nos élèves se reposent de plus en plus sur l’intelligence artificielle, cultiver cette maîtrise est le meilleur moyen de leur garantir une autonomie intellectuelle et mentale dans l’usage de ces outils, comme, en temps voulu, d’en tirer le plein potentiel."

Transmettre la démarche scientifique

La seconde priorité pédagogique porte sur l’acquisition et le développement du raisonnement scientifique, et tout particulièrement en mathématiques. En effet, selon les derniers classements PISA, les Français accusent un net retard en mathématiques. Édouard Geffray insiste sur la nécessité de transmettre la démarche scientifique : "observer, émettre des hypothèses, faire une expérience, analyser les résultats et en tirer des conclusions objectives et rationnelles : telles sont les étapes de toute démarche scientifique que nous devons transmettre à nos élèves pour leur permettre de comprendre le monde de demain et de s’y adapter". À la rentrée prochaine, dans le premier degré, l’acquisition des automatismes en mathématiques et la résolution de problèmes seront la priorité "absolue". 

Développer une nouvelle relation avec les parents

À ces deux priorités pédagogiques s’ajoute une nécessité éducative : celle de l’amélioration du climat scolaire et de la protection des élèves. Un rôle plus particulièrement dévolu aux personnels de vie scolaire et aux personnels sociaux et de santé, et "déterminant" pour assurer un climat scolaire serein et mieux répondre aux enjeux de santé physique et mentale des jeunes. Pour le ministre, l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable au lycée, ainsi que celle des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, actuellement en débat au Parlement, participeront à cette tranquillité.

Autre préoccupation du ministre : développer une nouvelle relation avec les parents d’élèves. "Nous devons les aider à s’impliquer de manière efficace dans le suivi scolaire de leur enfant, échanger régulièrement et les accompagner, en confiance, lorsque les difficultés et les fragilités s’accumulent", encourage-t-il. En raison des plans Vigipirate à répétition et de l’émergence des ENT (Espaces numériques de travail) tels que Pronote et École directe, le lien avec les parents s’est fait progressivement "plus indirect", et parfois "plus distant", reconnaît-il. "Il nous faut collectivement retisser ce lien", encourage Édouard Geffray, tout en "réaffirmant l’autorité de notre École comme institution" : "cela implique également le nécessaire retour à une forme de civilité trop souvent remise en cause par le comportement de certains élèves et parfois même de certains parents".

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