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Quel est le premier devoir de l’Église ?

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La rédaction d'Aleteia - avec I.Media - publié le 06/05/26
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L’Église a le devoir de "prononcer des paroles claires pour rejeter tout ce qui mortifie la vie", a affirmé le pape Léon XIV lors de l'audience générale de ce 6 mai.

"L'Église ne s'annonce pas elle-même", a affirmé Léon XIV lors de l'audience générale célébrée sur la place Saint-Pierre ce 6 mai 2026, rappelant le lien entre la vocation céleste de l'Église et son engagement immédiat sur terre. La perspective du paradis, a-t-il expliqué, pousse l'Église catholique prendre position contre "tout ce qui mortifie la vie", notamment les guerres, au nom de la dignité humaine.

Après une interruption de près d’un mois en raison de son voyage en Afrique, le Pape a repris sa catéchèse sur la constitution dogmatique Lumen Gentium, proclamée par le pape Paul VI en 1964. Il s’est cette fois-ci arrêté sur le septième chapitre, consacré à la dimension "eschatologique" de l’Église catholique, c’est-à-dire la manière dont elle est "toujours tournée vers son but ultime, qui est la patrie céleste" — autrement dit le paradis.

La promesse du "Royaume de Dieu"

Cette dimension "essentielle" est souvent négligée ou minimisée parce que "nous sommes trop concentrés sur ce qui est immédiatement visible", a déploré Léon XIV. Il a rappelé que l’Église catholique "a pour but de toute son action le Royaume de Dieu" que Jésus a annoncé, un "royaume d’amour, de justice et de paix", et qu'elle doit donc tout "mesurer et évaluer dans cette perspective".

Devant plusieurs milliers de fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre sous un ciel nuageux, le Pape a expliqué que la promesse du "Royaume de Dieu" se manifeste dans les sacrements, "en particulier de l’Eucharistie". Cela fait de l’Église le lieu où "l’union avec le Christ se réalise ‘plus étroitement’", a-t-il assuré, soulignant néanmoins que "le salut peut être donné par Dieu dans l’Esprit saint même en dehors de ses limites visibles".

Léon XIV a expliqué que si l’Église "ne s’identifie pas parfaitement au Royaume de Dieu", elle en est "le germe et le commencement". Elle se situe donc entre le monde et la patrie céleste en tant que "gardienne d’une espérance qui éclaire le chemin" des hommes et des femmes.

Aucune institution ecclésiale ne peut être absolutisée.

L’Église, dès lors, "ne s’annonce pas elle-même", a-t-il poursuivi, mais, tournée vers le salut, se trouve "investie de la mission de prononcer des paroles claires pour rejeter tout ce qui mortifie la vie et en empêche le développement". Citant la Doctrine sociale de l’Église, il a ajouté que les catholiques doivent donc "prendre position en faveur des pauvres, des exploités, des victimes de la violence et de la guerre, ainsi que de tous ceux qui souffrent, dans leur corps et dans leur esprit".

"L’Église est appelée à reconnaître humblement la fragilité humaine et le caractère éphémère de ses propres institutions qui, bien qu’étant au service du Royaume de Dieu, portent l’empreinte fugace de ce monde", a cependant mis en garde Léon XIV. "Aucune institution ecclésiale ne peut être absolutisée", a-t-il insisté, rappelant que toutes vivent "dans l’histoire et dans le temps" et sont donc appelées à une "conversion continuelle" pour correspondre à leur mission.

Le Pape a enfin souligné la relation que Lumen Gentium expose entre les chrétiens vivants et ceux qui sont morts "et se trouvent dans un état de purification ou de béatitude". Tous forment "une seule Église", a-t-il expliqué, et il existe une "communion des saints", soit une "sollicitude fraternelle" entre les Églises terrestre et céleste. "En priant pour les défunts et en suivant les traces de ceux qui ont déjà vécu en tant que disciples de Jésus, nous sommes nous aussi soutenus dans notre cheminement et nous renforçons l’adoration de Dieu", a-t-il conclu.

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