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Liturgie des Heures : “Il ne s’agit pas d’une réforme mais plutôt d’une relecture”

Abbaye bénédictine d'Abu Gosh (Israël).

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Mathilde de Robien - publié le 01/05/26
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La Commission Épiscopale Francophone pour les Traductions Liturgiques (CEFTL) travaille actuellement sur une nouvelle traduction de la Liturgie des Heures. Son président, Mgr de Metz-Noblat, récemment nommé évêque de Verdun, précise les changements à venir. "Les deux points principaux d’attention sont les hymnes et les prières d'intercession", confie-t-il à Aleteia.

Après une nouvelle traduction de la Bible en 2013, du Missel en 2021, de la prière du Magnificat (qui entrera en vigueur le 29 novembre prochain), c’est au tour de la Liturgie des Heures d’être toilettée pour s’adapter au temps présent. Si la traduction des psaumes, réalisée dans les années 1970, n’est pas retouchée, de nouvelles hymnes vont être proposées et des intentions de prière renouvelées.

Liturgie des Heures, bréviaire, office divin, prière du temps présent… Autant d’appellations qui désignent la grande prière quotidienne de l’Église. Nullement réservée aux prêtres et aux religieux, elle est recommandée à tous les baptisés. Les différentes Heures sont : les Laudes (le matin), l’office du milieu du jour (Tierce, Sexte ou None, suivant l’heure), les Vêpres (le soir) et les Complies (avant de se coucher). Peut s’y ajouter l’office des lectures (méditation de textes bibliques et de textes des Pères de l’Église). Le sens de cette prière est de sanctifier le temps, de rythmer les différents moments de la journée et de s’associer à tous ceux dont cette prière est l’office. La liturgie des Heures est ainsi "destinée à devenir la prière de tout le peuple de Dieu" (Catéchisme de l’Église catholique).

Aleteia : Qu’est-ce qui va changer dans la Liturgie des Heures ?
Mgr de Metz-Noblat : Tout d’abord, il ne s’agit pas d’une réforme mais plutôt d’une relecture de la Liturgie des Heures car la structure ne bouge pas. Le rite reste le rite. Les deux points principaux d’attention sont les hymnes et les prières d'intercession. Les hymnes que nous utilisons à l'heure actuelle sont celles d'il y a 50 ans, puisque la version actuelle est sortie en 1980. Quant aux prières d’intercession, il fallait, à partir du texte latin, refaire ces intercessions afin qu’elles soient mieux construites ou plus actualisées. Les antiennes sont relues aussi, et parfois amendées. Les psaumes ne bougent pas. Un autre travail conséquent a concerné les textes patristiques qui sont à l'office des lectures. Si le fidèle ordinaire les utilise peu, les communautés religieuses beaucoup plus. Pour ce point, il a fallu rapprocher les citations qui sont employées dans ces lectures des citations de la Bible de la Liturgie.

Deux choses prévalent : la proximité avec le texte latin et la compréhension du texte par les fidèles d’aujourd’hui.

Pour quelles raisons est-il nécessaire d’amender ? À l’aune de quels critères relisez-vous les textes ?
Deux choses prévalent : la proximité avec le texte latin – comme c’est le texte latin qui est la référence dans toutes les langues, cela permet que la prière soit identique – et la compréhension du texte par les fidèles d’aujourd’hui. Même si en 50 ans, la langue a peu évolué, elle évolue de plus en plus vite, mais on ne va pas non plus employer un langage populaire !

Où en est le travail ? Est-il bientôt fini ?
Je dirais que nous en sommes à la moitié, le volume pour le Carême et le Temps pascal est fini, mais il reste encore les trois autres volumes à faire complètement.

Comment se déroulent les réunions de travail ?
Il y a des groupes d'experts qui se réunissent régulièrement. Des commissions d'une dizaine de personnes provenant elles-mêmes de pays différents, de manière à pouvoir avoir des sensibilités propres au pays. Par exemple, le Canada est très sensible à la question d'un langage plus inclusif. C’est pour tenir compte de la sensibilité québécoise que la prière du "Je confesse à Dieu" inclut maintenant "Frères et sœurs". Les groupes d’experts mettent en commun le fruit de leur travail. Les évêques présents ne font pas partie d'un groupe d'experts. Nous nous exprimons au nom de la Conférence des évêques, et c'est la Conférence des évêques de chaque pays qui valide les propositions faites, les traductions proposées.

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