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Le chemin spirituel fulgurant de Guy de Fontgalland

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Guy de Fontgalland.

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Frédéric Aimard - publié le 01/05/26
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La reconnaissance canonique de l’association au service de la cause de Guy de Fontgalland relance le procès de béatification du jeune garçon, retourné à Dieu il y a cent ans. La belle histoire de cette amitié extraordinaire avec Jésus confirmera la juste intuition de Pie X, le pape qui ouvrit la communion eucharistique aux jeunes enfants.

L’Église catholique propose depuis toujours des exemples de saints à révérer, imiter ou implorer. Avant tout des martyrs, des prêtres et des religieuses, mais aussi, et de plus en plus, des laïcs, voire des enfants... On connaît la vénérable Anne de Guigné (1911-1922). Peut-être un peu moins son contemporain, le serviteur de Dieu Guy de Fontgalland (1913-1925), mort comme elle à l’âge de 11 ans. Tous deux ont reçu, après leur mort, une notoriété fulgurante, avec des milliers de témoignages de grâces demandées et parfois reçues.

L’esprit d’enfance

Le père Ludovic Lécuru, moine bénédictin de l’abbaye Saint-Wandrille en Normandie publie une nouvelle biographie de ce petit garçon qui vécut dans un milieu familial et scolaire loin de soupçonner la profondeur de sa vie intérieure. Ce livre, dénué de toute mièvrerie, décante et réactualise des éléments historiques et psychologiques que l’on peut trouver dans les innombrables ouvrages publiés sur le sujet dans une quarantaine de langues, s’inspirant tous des deux brochures écrites par la mère de l’enfant. Il est doté d’une solide préface du Père jésuite Jean-François Thomas, fondée sur une connaissance intime de Bernanos, grand avocat de "l’esprit d’enfance" comme antidote au désespoir commun. Il s’inscrit en soutien à l’association de fidèles au service de la cause de la béatification de Guy de Fontgalland, association qui a obtenu la reconnaissance officielle de l’archevêque de Paris, Mgr Laurent Ulrich, en août dernier.

Une béatification possible qui ne plaisait pas

Une enquête de béatification avait été ouverte en 1932 par son prédécesseur, le cardinal Verdier, sur la base des nombreuses guérisons physiques ou spirituelles attribuées à l’intercession du petit Parisien. Elle n’a pas abouti à sa béatification. De la lecture du livre du Père Lécuru, on sortira convaincu qu’il s’agit d’une sorte d’injustice. Les carmélites de l’époque craignaient que Guy ne fasse concurrence à la gloire de Thérèse de Lisieux ! Les pédagogues jésuites de l’école Franklin ne pouvaient admettre qu’ils étaient passés à côté d’un saint en n’y ayant vu que du feu, et leurs méthodes pédagogiques élitistes ne sortent d’ailleurs pas indemnes de ce récit… Certains condisciples ou voisins, tout aussi aveugles, ne voulaient pas reconnaître, comme les parents de Guy l’ont fait rapidement, qu’ils s’étaient bien trompés sur cet enfant qui avait les défauts de tous les enfants. Comme si être saint impliquait de n’avoir jamais péché !

L’intuition juste de Pie X

Ce qu’il y a de certain, c’est que le pape Pie X, en ouvrant, en 1910, la communion eucharistique aux plus jeunes, avait eu une intuition juste, malgré les réticences, en particulier en France, devant cette "communion privée" parasitant le rite social de sortie de l’enfance que constituait la "communion solennelle" vers 12 ans seulement. Il avait espéré que cet accès plus libéral au corps du Christ donnerait de nouveaux très jeunes saints. La belle histoire du petit Guy de Fontgalland, qui, selon la légende familiale, sut prononcer le nom de Jésus avant de dire Maman et Papa, mais qui garda pour lui jusqu’aux toutes dernières heures de sa vie le mystère de deux messages intérieurs, montre à quel point cet accès juvénile à la communion n’était pas prématuré. 

Un secret pour deux

Au moment où, à l’âge de sept ans, il faisait sa première communion et offrait sa vie au Seigneur, en lui faisant part de son intention de devenir prêtre, il reçut le mystérieux message de Jésus qu’il ne serait pas prêtre, mais qu’il serait son Ange… Quatre ans plus tard, lors d’un pèlerinage à Lourdes, c’est la Vierge qui lui dit qu’elle viendrait bientôt le chercher pour le conduire directement au paradis. Une prédestination profondément intériorisée, expliquant sans doute ce qu’on a pu reprocher à l’écolier rêveur, "paresseux", "distrait", lent, médiocrement noté… Face aux tendres sollicitations d’une mère qui tentait de percer son secret, il répondit un jour : "Un secret c’est pour deux, pas pour trois…" Et le deuxième était son ami Jésus lui-même.

Pratique :

Ludovic Lécuru, Guy de Fontgalland, un éclair de sainteté, Artège, 2026, 210 pages.
Pour les plus jeunes : Ludovic Lécuru, Un Ange pour Jésus, Guy de Fontgalland, Téqui, 2023, 70 pages illustrées par Joëlle d’Abbadie.
Contact : Mission Guy de Fontgalland
https://www.missionguydefontgalland.fr/
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