Père nourricier de Jésus, saint Joseph est aussi le patron des travailleurs. L'Eglise fête ainsi chaque 1er mai saint Joseph artisan. Vers 1640, Georges de la Tour peint "saint Joseph charpentier" pour un couvent de Metz. Caché à la Révolution, le tableau fut retrouvé vers 1850 en Angleterre. Il est conservé au Musée du Louvre. Le peintre donne trois détails pour le comprendre. Premièrement, la composition. Dans un sombre atelier éclairé par une chandelle que tient la main d’un enfant, un charpentier se penche sur une pièce de bois. Son grand corps courbé occupe les deux tiers de la scène, dominant la fragile stature du fils. Seul le titre du tableau indique qu’il s’agit de saint Joseph et du Christ. Les teintes brune et grège emplissent l’espace, couleur de la terre, de l’origine, en accord avec celles du bois. C’est un décor simple, emprunt d’humilité, où le copeau échappé du rabot, au sol, accroche la lumière, image du sacré qui surgit dans la vie de tous les jours.
Joseph, en tablier, jambes nues et chemise retroussée, poings serrés et bras tendus sur la tarière qui perce le billot, porte son regard sur le Christ, dont il est le père nourricier. Les yeux brillants montrent sa tendresse, mais le front plissé, son inquiétude du destin qui l’attend. La poutre qu’il troue est une allusion à la croix où bientôt son fils donnera sa vie. Enfin, Jésus. L’éclat surnaturel qui irradie du visage de Jésus met en valeur sa nature divine, dans cet intérieur rustre. A contrario, la lumière qui fait rougeoyer la chair translucide de sa main met en évidence ses ongles sales, insistant sur sa nature humaine. Vêtus comme des personnes du peuple, Jésus et Joseph nous sont proches. En cette fête du 1er Mai, demandons à St Joseph artisan, notre soutien quotidien dans le labeur, de nous aider à regarder le Christ, pour que sa lumière nous éclaire dans notre travail.
Le tableau "Saint Joseph charpentier" de Georges de La Tour montre, dans un atelier humble, Joseph au travail éclairé par Jésus, mêlant simplicité quotidienne et présence du sacré. Alors que l’Église fête saint Joseph artisan le 1er mai, Mélina de Courcy décrypte pour Aleteia ce tableau qui révèle à la fois l’humanité et la divinité de Jésus, invitant à voir Dieu à l’œuvre dans le travail ordinaire.







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