"Il n'y a pas de fatalité : le déclin démographique, on peut l'enrayer", assure Bruno Retailleau dans un entretien accordé à l'AFP. Le président des Républicains se dit prêt à "bousculer l'ordre naturel des choses" s'il accède l'année prochaine à l'Elysée pour "investir dans l'avenir de la France". Père de trois enfants lui-même, il n'épargne ni l'ancien président socialiste François Hollande, qu'il accuse d'avoir "remis en cause l'universalité des allocations familiales et le quotient familial", ni son successeur Emmanuel Macron à qui il reproche de "poursuivre" la même politique.
"Je suis pour le dynamisme démographique, parce que c'est la condition pour que, demain, on puisse créer de nouvelles richesses", soutient-il, rappelant que l'an dernier la France a enregistré "plus de décès que de naissances pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale". Et selon les données de l'Insee publiées ce 30 avril, la tendance a poursuivi sa baisse au premier trimestre 2026 : en cumul de janvier à mars 2026, le nombre de naissances a baissé de 1,8% en 2026 par rapport à 2025.
Bruno Retailleau promet de mener "une politique nataliste (...) pour correspondre au désir d'enfant des Français". En effet, au regard des résultats de la mission parlementaire sur les causes de la baisse de la natalité et de l'enquête du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA), toutes deux publiées en décembre 2025, le désir d’enfant reste profondément ancré chez les Français. Le plan de Bruno Retailleau se base sur trois piliers, avec l'objectif "d'aider vraiment les familles, et surtout les classes moyennes qui sont celles qui ont trinqué".
Création d'un revenu familial
Premier pilier, l'instauration d'un "revenu familial" de 240 euros par mois dès le premier enfant et qui frôlerait les 1.000 euros dès le troisième enfant. Bruno Retailleau entend toutefois fixer des conditions pour percevoir ces aides. Pour les familles étrangères, "il faudra au moins 5 ans de résidence et de travail", prévient-il. Et pour les parents qui présentent "une défaillance grave avérée, notamment ceux qui ne remplissent plus leurs obligations", elles seraient "suspendues".
Ces mesures seraient "autofinancées", assure Bruno Retailleau, qui répète régulièrement que la France n'a plus de marge de manœuvre budgétaire. Le coût du nouveau "revenu familial" atteindrait 40,3 milliards d'euros, mais il serait compensé par les 41 milliards d'économies attendues par la suppression de dispositifs existants comme les allocations familiales, auxquelles s'ajoutent entre 600 et 800 millions d'économies de gestion.
Aide à l’accès au logement
Le logement constitue le deuxième volet du programme. Le patron des Républicains prévoit aussi de prendre des mesures pour les familles, en favorisant "l'accès aux logements sociaux" pour les plus modestes. Quant à celles qui souhaitent acheter leur résidence principale, elles pourront "déduire une partie des intérêts de leur emprunt immobilier de leur impôt sur le revenu". En cas de nouvel achat immobilier pour un logement plus grand, Bruno Retailleau souhaite permettre aux familles d'éviter les tracasseries bancaires en leur donnant la possibilité de "transférer les premiers emprunts sur l'acquisition d'un nouvel appartement".
Prolongation du "congé naissance"
Le candidat à la présidentielle entend aussi prolonger "le congé naissance" jusqu'aux six mois de l'enfant, contre deux mois actuellement, en maintenant "70% du salaire". Une mesure qui représenterait une dépense supplémentaire d’environ 700 millions d’euros. Bruno Retailleau entend également aider les entreprises à "donner des solutions d'accueil aux parents". "Sinon, vous n'arrivez pas à concilier la vie professionnelle et la vie familiale", souligne-t-il. Il prévoit notamment de "supprimer le plafond de 500.000 euros" du crédit d'impôt famille (CIF) dont bénéficient les entreprises finançant des places en crèche pour leurs salariés.
Enfin, le président des Républicains entend élever de 2.421 à 7.000 euros par an "le plafond d’exonération de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu" pour la participation financière versée par l'employeur à chaque salarié pour la garde de son enfant. Et pour les places en crèche, le candidat à la présidentielle s'engage à "simplifier les normes pour en construire et en ouvrir au plus vite".









