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Haut-Karabagh : l’Azerbaïdjan rase la cathédrale de Stepanakert

Cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu, Stepanakert

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Cécile Séveirac - publié le 29/04/26
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Des images satellites et plusieurs rapports ont confirmé fin avril 2026 la destruction de la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu de Stepanakert, au Haut-Karabagh. Dans cette région historiquement arménienne et désormais sous contrôle azéri se poursuit une véritable politique d'effacement progressif de l'identité arménienne.

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Jusqu'où l'Azerbaïdjan ira-t-il dans l'éradication de l'identité arménienne au Haut-Karabagh ? Mi-avril, plusieurs médias arméniens ont relayé l'information selon laquelle la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu à Stepanakert avait été entièrement rasée, confirmée ce mercredi 29 avril à Aleteia par une source arménienne.

Radio Free Europe/Radio Liberty, basé aux États-Unis, montre ces images où l'on peut voir que la cathédrale a entièrement disparu de son emplacement. Outre la cathédrale, une église historique, l'église Saint-Jacques, située au nord de la ville, a elle aussi été rasée.

Consacrée par l’Église apostolique arménienne en 2019 après dix ans de travaux, la cathédrale Sainte-Mère de Dieu "constituait un symbole majeur de la présence arménienne en Artsakh (Haut Karabagh, ndlr)", déclare l'Association de Soutien à l’Artsakh dans un communiqué publié le 27 avril. "Sa disparition s’inscrit dans un processus plus large de destruction et d’effacement du patrimoine culturel arménien en Artsakh, déjà dénoncé à plusieurs reprises par des organisations internationales, dont le Parlement européen", rappelle-t-elle encore.

"Il est évident que le gouvernement azerbaïdjanais continue de cibler les lieux saints chrétiens arméniens dans le but d’effacer toute trace arménienne d’Artsakh", a notamment déclaré l’Église apostolique arménienne dans un communiqué. "Cet acte de vandalisme d’État prouve une fois de plus que la politique anti-arménienne de l’Azerbaïdjan n’a pas changé, ce qui rend les déclarations concernant l’établissement d’une paix stable et durable avec l’Arménie douteuses", ajoute le communiqué. De son côté, Nikol Pashinyan, Premier ministre arménien, a assuré vouloir faire preuve de "prudence" ni faire de cette destruction un sujet de "discussion étatique". Le gouvernement Pashinyan entretient avec l'Église apostolique arménienne des relations très tendues depuis les compromis territoriaux incluant le Haut-Karabagh. L'Église est devenue une voix influente de l’opposition morale et politique, critiquant la politique de normalisation avec Bakou et les choix diplomatiques du gouvernement.

Exode des Arméniens du Haut-Karabagh

En 2023, l'Azerbaïdjan s'était saisi du Haut-Karabagh, république autoproclamée, après une offensive éclair. Vaincue, l'Arménie avait reconnu la souveraineté de son ennemi sur ce territoire composé quasi exclusivement d'arméniens ethniques, entraînant l'exode de plus de 120.000 habitants en République d'Arménie. Depuis cette invasion, l'Azerbaïdjan s'emploie à effacer toute référence à l'identité arménienne, celle-ci étant profondément ancrée dans le christianisme dont elle est l'un des berceaux. L'Azerbaïdjan invoque quant à lui l'argument selon lequel une partie du patrimoine arménien ancien appartiendrait en fait aux Albaniens du Caucase, dont la présence est considérée comme antérieure à celle des Arméniens.

Plusieurs sources d’enquête et rapports satellites documentent la destruction ou la disparition d’un nombre significatif d’édifices religieux et de cimetières arméniens, sans qu’un inventaire officiel complet n’existe en raison de l’absence d’accès international sur le terrain. À Chouchi, des images et analyses indiquent notamment la dégradation du complexe de la cathédrale Ghazanchetsots, la disparition de l'église Saint-Jean-Baptiste ainsi que la destruction du cimetière associé et d’autres lieux funéraires arméniens dans les années 2022–2024. Dans la région de Hadrout et des villages alentour, plusieurs églises historiques comme l’église Saint-Sarkis ont été démolies ou entièrement rasées en 2022–2024, tandis que des cas de destruction de cimetières ont été documentés dans des localités rurales comme Mets Tagher.

Au printemps 2026, près de trois ans après l'offensive menée par l’Azerbaïdjan, les négociations avec l’Arménie n’ont toujours pas débouché sur une paix pleinement actée. Un traité largement ficelé, porté notamment par une médiation occidentale, bute encore sur des questions sensibles — révision constitutionnelle arménienne, ouverture de corridors stratégiques, sort des réfugiés.

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