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Qui est le plus à même de faire son marketing ? Nous-même. Croire en soi est auto-réalisateur. Se répéter "j’y arriverai, j’y arriverai" porte mystérieusement ses fruits. Quel que soit son âge, on peut trouver la volonté de se lancer, pour écrire un livre, se présenter à un examen de musique ou de pilotage, postuler pour une promotion ou faire construire le chalet de ses rêves. "Impose ta chance, sers ton bonheur et va vers ton risque", a écrit le poète René Char. Dieu connaît les talents de chacun de nous et sait que nous sommes uniques et irremplaçables. C’est à nous d’améliorer le monde en voyant grand, dans les domaines scolaires, professionnels, relationnels, sportifs, spirituels… Au moment du coucher, des Anglo-Saxons aiment dire à leurs enfants : "Sleep well and dream big" ("Dors bien et rêve en grand").
Le syndrome du grand coquelicot
Cette expression désigne une culture de groupe cherchant à maintenir un certain nivellement entre les différents talents et réussites de ses membres. Il y est mal vu de s’élever au-dessus du niveau moyen du groupe. L’image du plus grand coquelicot du champ, à qui la tête est coupée pour le ramener à la "bonne" taille, illustre comment, dans certains environnements, les talents sont bridés. Le succès d’autrui est interprété comme une dévalorisation pour quelqu’un qui, lui, ne cherche pas à repousser ses limites. La personne brillante est alors l’objet de médisances, d’insinuations et de remise en question de sa légitimité. Un exemple : "elle réussit bien au travail parce qu’elle n’a rien d’autre dans sa vie". Ce syndrome du grand coquelicot réprime les velléités d’innover ou de se distinguer des autres. Une étude canadienne menée en 2023 par le collectif Women of Interest a révélé que près de 90% des personnes interrogées ont expérimenté ce phénomène dans leur environnement professionnel.
Briller par soi-même n’implique pas de faire de l’ombre aux autres, ni de jouer sa carte personnelle au détriment du collectif.
Virginie Louault, auteur de Aussi haut qu’un grand coquelicot, rétorque que briller par soi-même n’implique pas de faire de l’ombre aux autres, ni de jouer sa carte personnelle au détriment du collectif. Cela n’exclut pas non plus de célébrer les succès des autres. Nous avons chacun la mission de briller, quel que soit le domaine. Se démarquer des autres est louable. Tendre à s’élever au-dessus du groupe révèle en nous des possibilités plus vastes et une ivresse de liberté, explique la coach Clotilde Dusoulier dans son podcast "Change ma vie / Maintenir mon élan". Cette stimulation peut provenir de la fréquentation d’un entourage ayant lui aussi des ambitions.
Oser en ignorant les étiquettes
Une autolimitation des ambitions vient parfois des étiquettes qui ont été collées à cette personne, la réduisant à un comportement ou à un diagnostic ("tu n’as jamais été un manuel", "les maths ce n’est pas ton truc"). S’il est tentant de mettre les gens dans des cases, les conséquences ne sont donc pas anodines. Cette stigmatisation peut être paralysante, car à force d’entendre ces jugements, l’individu les incarne, explique le chercheur en psychologie sociale Robert-Vincent Joule dans son livre Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (PUG, 2024). Comprendre le rôle joué par ces "étiquettes" dans les choix de vie permet de s’en détacher progressivement.
Essayer en faisant de son mieux nous délivre du regret de ne pas avoir osé. L’échec, s’il advient, n’est que la première tentative de succès. On apprend beaucoup des revers subis dans la vie. Le pasteur américain Norman Vincent Peale, auteur du livre La puissance de la pensée positive, recommande joliment de viser la Lune : "Visez la Lune, et si vous la manquez, vous tomberez parmi les étoiles".









