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Deux “Bonne Mère” veillent désormais sur Marseille

Installation au Mucem le 21 avril 2026 de la réplique de la statue de la Bonne Mère réalisée par la maison Christofle.

Installation au Mucem le 21 avril 2026 de la réplique de la statue de la Bonne Mère réalisée par la maison Christofle.

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Hortense Leger - publié le 29/04/26
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Depuis le 22 avril, deux Bonne Mère veillent sur Marseille : l’originale sur Notre-Dame de la Garde et sa réplique, trois fois plus petite, au sommet du Fort Saint-Jean. Conçue pour l’exposition "Bonnes Mères" au Mucem, cette installation inédite invite à découvrir de près ce patrimoine emblématique de la cité phocéenne. 

Les Marseillais voient-ils double ? C’est en tout cas ce que suggère le ciel de la cité phocéenne, dominé aujourd’hui non plus par une, mais deux "Bonne Mère". Depuis le 22 avril, une réplique de la Vierge la plus emblématique de la Méditerranée, orne le Fort Saint-Jean, à quelques encablures du Musée des civilisations européennes et méditerranéennes (Mucem). Cette statue est certes près de quatre fois inférieure à l’originale, mais en emprunte tous les traits. Un projet conçu dans le cadre de l’exposition "Bonnes Mères", consacré à la maternité méditerranéenne et présentée au Mucem jusqu’au 31 août. 

Une réplique presque à l’identique

"L’exposition propose une réflexion sur la figure de la mère en Méditerranée, de l’Antiquité à nos jours. Nous invitons à méditer sur l’image traditionnelle de la mère tout en écornant les stéréotypes. Dans ce cadre, nous avons rapidement pensé à la figure de la "Bonne Mère" de Notre-Dame de la Garde", relate Pierre-Olivier Costa, président du Mucem. Le musée pense d’abord à demander le prêt de la statue. Chose impossible : elle mesure 11 mètres. Puis une idée germe dans la tête des commissaires d’exposition : en réaliser la réplique parfaite, certes de trois mètres, qui culminerait en haut du Fort Saint-Jean. Deux "Bonne Mère", face à face. 

Installation au Mucem le 21/04/2026 de la réplique de la statue de la Bonne Mère réalisée par la maison Christofle.
Installation au Mucem le 21/04/2026 de la réplique de la statue de la Bonne Mère réalisée par la maison Christofle.

Pour fabriquer la réplique, le Mucem fait appel à Christofle, l’orfèvre parisien qui, en 1869, réalise la Vierge de Notre-Dame de la Garde. Ils acceptent. Le musée doit maintenant récupérer les plans de création de la statue originale. Des discussions avec le diocèse et la ville s’enclenchent. Tout le monde finit par se mettre d’accord et la fabrication de la nouvelle statue peut commencer, en janvier 2026. "Le but de cette création est aussi d’utiliser des techniques modernes, comme la modélisation 3D, tout en mettant en valeur le savoir-faire unique d’une maison comme Christofle", confie Pierre-Olivier Costa. Et de compléter : "On voulait montrer la manière dont l’artisanat s’adapte siècle après siècle". 

Installation au Mucem le 21/04/2026 de la réplique de la statue de la Bonne Mère réalisée par la maison Christofle.
Installation au Mucem le 21/04/2026 de la réplique de la statue de la Bonne Mère réalisée par la maison Christofle.

Une statue voyageuse

Aujourd’hui, au bas du Fort Saint-Jean, les Marseillais s’étonnent de regarder d’aussi près celle qu’ils n’admirent normalement que de très loin. "Les réactions sont pour la plupart très positives. On entend des commentaires sur l'expression de la Vierge, les cheveux bouclés de l’Enfant Jésus. Beaucoup s’étonnent de découvrir des visages qu’ils n’avaient jamais contemplés." Une installation qui dit aussi la volonté d’exprimer l’aspect séculaire de cette statuaire sacrée : une figure populaire de référence, qui veille sur la ville et sur ses habitants, croyants ou non.

Installation au Mucem le 21/04/2026 de la réplique de la statue de la Bonne Mère réalisée par la maison Christofle.
Installation au Mucem le 21/04/2026 de la réplique de la statue de la Bonne Mère réalisée par la maison Christofle.

Une Vierge qui ne dominera dans quelques mois plus seulement le Fort Saint-Jean. En septembre prochain, la réplique de la "Bonne Mère" partira en effet pour un long voyage à travers le monde, au gré de l’itinérance de l’exposition du Mucem. "Aujourd’hui, au moins trois pays sont intéressés pour recevoir l’exposition. Deux institutions françaises nous ont approchés. De notre côté, on imagine bien une "Bonne Mère" postée sur le toit de différents musées du monde !", livre Pierre-Olivier Costa avec enthousiasme. Prenez donc garde et levez les yeux : peut-être une "Bonne Mère" vous toise-t-elle de son regard amoureux. 

Une dévotion de près de deux siècles

Consacrée en septembre 1870 avec la basilique qu'elle surplombe, la Bonne Mère mesure tout de même 11,2 mètres de hauteur et est entièrement dorée à la feuille d’or. La statue a d'ailleurs été restaurée pour la cinquième fois depuis sa consécration de septembre 2024 à juin 2025. Protectrice de la ville et de ses marins, de nombreux ex-voto témoignent du grand attachement des Marseillais et des gens de la mer à son égard. Elle est l’une des figures les plus emblématiques de la ville et veille symboliquement sur ses habitants.

Depuis le XIXe siècle, elle est au cœur des traditions locales : chaque année, pèlerinages, processions et prières rythment la vie spirituelle de la cité phocéenne. Les habitants se tournent vers elle dans les moments difficiles, lui confiant leurs espoirs, leurs peines et leurs joies. Sa silhouette dorée, visible de tous les quartiers, rappelle à chacun la présence rassurante d’une mère bienveillante.

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