separateurCreated with Sketch.

Tao, 19 ans : tout quitter pour devenir organiste

Au printemps 2025, Tao prend une décision radicale : il arrête son école de commerce pour se consacrer entièrement à la préparation du concours d'entrée au Conservatoire royal de Bruxelles.

Au printemps 2025, Tao prend une décision radicale : il arrête son école de commerce pour se consacrer entièrement à la préparation du concours d'entrée au Conservatoire royal de Bruxelles.

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Hortense Leger - publié le 28/04/26
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
À 19 ans, Tao a fait un choix radical : abandonner ses études de commerce en cours d'année pour se consacrer entièrement à l'orgue. Originaire de Chimay, en Belgique, ce jeune musicien au parcours atypique partage aujourd'hui sa passion sur Instagram, bien décidé à faire découvrir cet instrument majestueux au-delà des murs des églises.

Et si votre lecture allait plus loin ?

Avec l’abonnement Aleteia, recevez notre magazine trimestriel, accédez à des contenus qui prennent le temps d’approfondir, et soutenez une information qui fait grandir.

Je découvre l'abonnement

Les coups de foudre ne naissent pas toujours là où l’on croit. Pour Tao, c’est dans une église que le charme a opéré. À quinze ans, alors qu’il en visite une avec un organiste, on lui propose de s’essayer au "roi des instruments". Le déclic est immédiat. Progressivement, le violon, son premier coup de cœur, passe au second plan. L'orgue prend toute la place, d'abord comme une passion, sans projet professionnel précis. Puis, dans l’esprit de Tao se dessine l’idée d’en faire sa vie. Un désir qui l’amène jusqu’aux portes du Conservatoire royal de Bruxelles. 

Tout quitter pour la musique

Tao grandit en Belgique et la musique entre tôt dans sa vie : à sept ans, il commence le violon et suit un cursus classique pendant une dizaine d'années. Après le lycée, le jeune homme s'oriente vers des études de commerce. Un choix logique, réfléchi, mais qui ne tarde pas à révéler ses limites. "Après quelques mois, un manque s’est installé. J’ai compris que quelque chose d’essentiel m’échappait : la passion quand je jouais", livre Tao. 

Au printemps 2025, il prend une décision radicale : il arrête sa formation en cours d'année, sans même passer ses examens, pour se consacrer entièrement à la préparation du concours d'entrée au Conservatoire royal de Bruxelles. Tao rencontre un professeur d'orgue, échange avec lui, découvre concrètement ce que représente une formation musicale professionnelle. Encouragé par ce regard extérieur, il se lance. L'été est consacré au travail intensif et à des stages. À la rentrée, il est admis. Conscient de son parcours atypique, dix ans de violon mais seulement quelques années d'orgue,  Tao sait qu'il devra avancer différemment. Son cursus sera légèrement plus long que la normale : six ans au lieu de cinq pour atteindre le master. Une contrainte qu'il accepte sans hésitation, lucide sur le temps nécessaire pour construire une véritable maîtrise de l'instrument.

Sa famille, bien que non musicienne, accueille sa décision avec un soutien inattendu. "Je me souviendrai toujours de cette phrase de ma mère quand je lui ai annoncé arrêter l’école de commerce : c’est une évidence, m’a-t-elle dit, mais à une condition toutefois : aller jusqu'au bout et s'investir pleinement". Tao s'inscrit dans cette exigence. Au conservatoire, son quotidien s'organise entre cours et travail personnel. Comme souvent dans les études musicales, le temps de pratique individuelle occupe une place centrale. L'apprentissage est exigeant, et il découvre aussi un univers nouveau : celui de jeunes musiciens engagés très tôt dans cette voie, parfois depuis l'enfance.

Faire découvrir l'orgue au-delà de l'église

Mais une surprise l'attend. En arrivant, il réalise que même parmi ces musiciens, l'orgue reste largement méconnu. Un constat qui le marque. Lui qui pense cet instrument central dans la culture musicale découvre qu'il reste en réalité assez marginal, souvent associé uniquement à la liturgie. C'est ce décalage qui lui donne envie de lancer son compte sur Instagram et Tik Tok, en mai 2025. 

Sur les réseaux sociaux, Tao commence à documenter son parcours. L'objectif est double : faire découvrir l'orgue à un public plus large et montrer concrètement l'évolution d'un étudiant en formation. "Je souhaite rendre l'instrument plus accessible, casser son image parfois figée, et révéler la richesse de son répertoire, bien au-delà de la musique religieuse", confie le jeune homme.

Une dimension spirituelle assumée

Car si l'orgue est fortement lié à l'église, Tao assume pleinement cette dimension. Croyant, il entretient un rapport particulier à la musique sacrée, qu'il considère comme profondément touchante, notamment dans l'œuvre de Johann Sebastian Bach. "J’y perçois une profondeur et une subtilité qui dépassent la musique profane", confie-t-il.

Tao ne joue pas encore lors des messes, mais envisage de s'y former prochainement. Cette perspective a du sens pour lui : participer à la liturgie, mais aussi, peut-être, toucher certaines personnes à travers la musique et éveiller une dimension spirituelle. Il constate aussi que de nombreux organistes ne sont pas croyants, y compris parmi ceux qui accompagnent les offices. Preuve que l'instrument dépasse largement le cadre religieux, même s'il y trouve une place particulière.

Un livre illustré consacré aux orgues 

À plus long terme, Tao ne se limite pas à une carrière d'interprète. Il voit dans les réseaux sociaux un outil puissant pour développer d'autres projets. Parmi ses idées, la création d'un livre illustré consacré aux grands orgues des cathédrales françaises, mêlant photographies et explications accessibles. Un projet qu'il imagine rendre possible grâce à la communauté qu'il est en train de construire.

Encore au début de son parcours, Tao avance sans prétendre tout maîtriser. Lorsqu'on lui demande quel conseil il donnerait à ceux qui hésitent à suivre leur passion, sa réponse reste simple, presque prudente. Mais une phrase, transmise par sa mère, semble guider ses choix : faire ce que l'on aime, pour ne jamais avoir l'impression de travailler. 

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)