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En Afrique, Léon XIV déploie la force de la doctrine sociale de l’Église

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Fabrice de Chanceuil - publié le 27/04/26
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Respect de la Création, solidarité et fraternité, liberté politique, développement… S’il fallait un fil directeur du voyage de Léon XIV, ce serait celui de la doctrine sociale de l’Église.

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Le pape Léon XIV a achevé son troisième voyage apostolique hors d'Italie. Après la Turquie et le Liban puis Monaco, il s'est rendu, du 13 au 23 avril, dans quatre États africains : l'Algérie, le Cameroun, l'Angola et la Guinée équatoriale, correspondant chacun à quatre visages du continent, l'Afrique arabe et l'Afrique noire dans trois de ses composantes linguistiques, francophone, lusitanophone et hispanophone. Occasion pour le Saint-Père, de témoigner, une nouvelle fois, de ses dons de polyglotte, à la grande joie de son auditoire.

Une visite pastorale et politique

Comme pour chacun des voyages pontificaux, celui-ci a revêtu deux dimensions : une dimension pastorale avec les différentes célébrations eucharistiques et la rencontre avec les communautés catholiques locales, et une dimension politique autour des échanges avec les chefs d’État que le corps diplomatique. Il faut y ajouter également une dimension que l'on pourrait qualifier de doctrinale, par les différents enseignements délivrés par le souverain pontife, à l'occasion de ses homélies et de ses discours mais aussi par le choix fait d'aborder, lors de visites particulières, certaines thématiques spécifiques.

"Le monde est en train d'être ravagé par une poignée de tyrans, mais il est maintenu uni par une multitude de frères et sœurs solidaires."

Ainsi le 15 avril, la visite d'un orphelinat, le 16, une rencontre pour la paix puis le 17, la visite d'un hôpital suivie d'une rencontre avec le monde universitaire au Cameroun ; le 20 avril, la visite d'une résidence pour personnes âgées en Angola, le lendemain une rencontre avec les acteurs culturels et le 22 avril la visite d'une prison suivie d'une rencontre avec les jeunes et leurs familles en Guinée équatoriale. À chaque fois, Léon XIV a pu délivrer un message dont la portée dépasse le seul public auquel il s’est adressé pour atteindre l'ensemble du peuple chrétien et, au-delà, la communauté internationale.

"Une poignée de tyrans"

Plusieurs interventions ont particulièrement retenu l'attention. À Bamenda, au deuxième jour de son voyage au Cameroun, un pays touché par la guerre civile et les menaces régulières des islamistes, le souverain pontife a, une nouvelle fois, martelé un message de paix. Qualifiant la guerre de "spirale de déstabilisation et de mort sans fin", il a clamé son indignation en ces termes : "C'est un monde à l’envers, une perversion de la création de Dieu que toute conscience honnête doit dénoncer et rejeter, en choisissant […] la conversion qui conduit […] sur la voie durable et riche de la fraternité humaine."

Juste avant, dans la même intervention, le Pape avait déclaré : "Le monde est en train d'être ravagé par une poignée de tyrans, mais il est maintenu uni par une multitude de frères et sœurs solidaires." Ce propos a suscité quelques interrogations aux États-Unis, compte tenu des remarques peu affables formulées peu avant par le président Donald Trump à l'égard du chef de l’Église catholique, ce que le Pape a clairement démenti en indiquant que son discours avait été écrit deux semaines auparavant.

"Logique d’exploitation"

Le lendemain, face à la communauté universitaire réunie à Yaoundé, capitale administrative du Cameroun, Léon XIV a appelé au "besoin urgent de repenser la foi au sein des réalités culturelles et des défis actuels", soulignant la complémentarité entre la science et la foi, puisque cette dernière, loin de freiner la recherche, "élargit les horizons de la raison".

Dès son arrivée à Luanda, capitale de l'Angola, le Pape a tenu devant les autorités un discours particulièrement fort sur les questions socio-économiques et environnementales. "J'ai évoqué les richesses matérielles sur lesquelles des intérêts puissants mettent la main, y compris dans votre pays. Combien de souffrances, combien de morts, combien de catastrophes sociales et environnementales sont engendrées par cette logique d'exploitation" a-t-il lancé, ajoutant : "Nous voyons désormais, partout dans le monde, comment elle alimente un modèle de développement qui discrimine et exclut, mais qui prétend encore s'imposer comme le seul possible."

Respect de la vie et la famille

Enfin, lors de sa rencontre avec les jeunes et les familles à Bata en Guinée équatoriale, le successeur de saint Pierre a invité son auditoire à "construire un monde meilleur, fondé sur le respect de la vie qui naît et qui grandit, et sur le sens des responsabilités envers les plus petits", exhortant à "préserver la famille" qui, quand elle "sait accueillir et aimer, est lumière (et) chaleur".

Le 28 mars à Monaco, le Pape demandait à la principauté de faire rayonner la doctrine sociale de l’Église. En fait, il le fait très bien lui-même car tout, dans ses interventions, en exprime le contenu et la force. Ce dont ses auditeurs et interlocuteurs seraient bien fondés à s'inspirer. Et pas seulement en Afrique.

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