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Liban : des signes d’espérance dans une église en ruines à Tibnine

Père Marios Khairallah, prêtre melkite gréco-catholique au Liban.

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Anna Ashkova - publié le 26/04/26
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Dans le sud du Liban, l’église Saint-Georges de Tibnine, endommagée par la guerre, est devenue le théâtre d’un signe qui bouleverse les fidèles. Après 47 jours d’absence, le pain eucharistique y a été retrouvé intact, tout comme une statue de la Vierge, au milieu des décombres. Des signes qui suscitent prière, étonnement et espérance, comme l’a confié à ACI MENA le père Marios Khairallah, prêtre melkite gréco-catholique, le 22 avril.

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Au cœur des ruines et des vitres brisées qui recouvrent encore l’église Saint-Georges, dans le village de Tibnine, au sud du Liban, une découverte inattendue a ravivé la foi d’une communauté éprouvée. Après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 17 avril, le père Marios Khairallah, prêtre melkite gréco-catholique, est revenu dans sa paroisse laissée vide pendant des semaines. Ce qu’il y a trouvé dépasse, pour lui et pour beaucoup de fidèles, la simple coïncidence. Dans le sanctuaire dévasté, au milieu des décombres, le pain eucharistique consacré était toujours là, intact. "Jésus nous attendait. Après 47 jours, il n’y a aucune explication scientifique à la conservation du pain. Mais pour nous, cela n’a rien d’étrange, car nous croyons qu’il s’agit du Corps du Christ",  a-t-il confié le 22 avril à ACI MENA, l’agence de presse arabophone d’EWTN News. La découverte est d’autant plus marquante car dans la tradition melkite, de rite byzantin, le pain eucharistique est fabriqué avec du levain, à la différence des hosties fines utilisées dans le rite latin. 

Une autre image a également marqué son retour : une statue de la Vierge Marie demeurée debout au milieu des décombres, comme "la mère qui attend ses enfants". Une présence silencieuse au cœur du désastre pour le père Marios Khairallah. Au-delà de la stupéfaction, ces messages d’espérance sont vécus par la communauté comme un rappel silencieux de la présence de Dieu au cœur même de la souffrance. "Il est vrai qu’il y a des destructions à Tibnine. Mais il y a aussi une rencontre avec Jésus", rapporte encore le prêtre.

Une communauté dispersée et fragilisée

L'armée israélienne a lancé dimanche 26 avril un appel d'évacuation aux habitants de sept villages du sud du Liban avant des frappes. "Alerte urgente aux habitants des régions de Mifdoun, Shaqra, Yahmar al-Shaqif, Arnoun, Zawtar El-Charkiyeh, Zawtar El-Gharbiyeh et Kfar Tibnit", a indiqué l'armée dans un communiqué publié sur son compte X en arabe. "Les violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah obligent Tsahal à agir", a-t-elle ajouté, exhortant les habitants à s'éloigner d'au moins un kilomètre des zones désignées, sous peine de danger. 

Dans ce contexte de tension persistante, la guerre a déjà contraint de nombreux habitants du sud du Liban à quitter leurs foyers, même si depuis le cessez-le-feu, certains sont revenus brièvement pour récupérer des effets personnels. Aliments, médicaments, eau potable, mazout, gaz… Les besoins sont nombreux dans ces villages chrétiens du Sud-Liban où les enfants ne peuvent plus aller à l'école normalement et où les habitants, pour la plupart agriculteurs, sont empêchés de travailler et d'accéder à leurs terres. L’aide humanitaire y demeure très limitée, comme l’a expliqué à Aleteia Vincent Gelot, directeur pays de l'Œuvre d'Orient pour la Syrie et le Liban, pour commenter l’acheminement d’un convoi humanitaire de 30 tonnes par l'Œuvre d'Orient lundi 20 avril dans les villages chrétiens du Sud-Liban. "Se déplacer jusqu'à ces villages est extrêmement dangereux. Lundi était un jour important car les villages que nous voulions rejoindre — Aïn Ebel, Debel et Rmeich — étaient inaccessibles depuis plus de deux semaines", avait-il déclaré. 

Au mois de mars 2026, l'armée israélienne a ordonné l'évacuation de toutes les localités situées au sud de la rivière Litani, parmi lesquelles une quinzaine de villages chrétiens. Trois d'entre eux ont dû être évacués de force : Aalma ash-Shaab, Aouzar et Yaroun, ce dernier étant un village mixte chiite et chrétien. Pour les autres, le mot d'ordre est le même : résister, pacifiquement, à la menace de disparition. Dans ce contexte, des signes de vie spirituelle et communautaire comme celui de l’église Saint-Georges apparaissent pour certains comme des points d’ancrage au milieu de l’incertitude, et rappellent aussi la résilience des communautés chrétiennes locales, attachées à leur terre malgré les épreuves.

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