Le myrte ou myrtus communis tire son nom du mot grec murtos signifiant parfum, ce qui est loin d’être usurpé pour cet arbre à feuilles persistantes originaire d’Asie occidentale. Très répandu en Israël et en Palestine, il est réputé pour son odeur enivrante. Avec ses petites feuilles de forme ovale et odorantes, ses délicates fleurs blanches ou roses à cinq pétales également très parfumées, sans oublier ses multiples baies pourpres noires, tout est parfum avec le myrte, myrte qui peut atteindre jusqu’à 300 ans ! Aussi n’est-il pas étonnant qu’il figure, rien qu’à ce titre, en bonne place parmi les arbres de la Bible.
Un arbre aux nombreuses vertus
Parallèlement à la richesse aromatique proverbiale du myrte dont toutes les parties étaient, et sont encore, utilisées en parfumerie et en cosmétique, cet arbuste décidément généreux était également réputé pour ses vertus médicinales, notamment antiseptiques, ses feuilles soignant les plaies du corps. Pour toutes ces raisons, le judaïsme ancien a placé le myrte parmi les quatre espèces retenues pour Soukkot ou fête des Tabernacles ; fête, après le Grand Pardon, durant laquelle les Juifs habitaient des cabanes de branchages évoquant la traversée du désert. De nos jours, des branches de palmier, de saule, de cédrat et de myrte sont encore assemblées en bouquet afin de garantir bonheur et paix.
Rappelons également que la reine Esther portait le nom de Hadassah, signifiant myrte. Un nom en effet prédestiné puisqu’elle fut effectivement l’épouse du roi perse Assuérus qui, bien que cachant son origine juive à son mari, parvint cependant à sauver son peuple du piège tendu par Haman grâce à sa beauté et à ses nombreuses vertus, à l’image du myrte…

Le myrte et la puissance de Dieu
Surtout, le Livre des Nombres et le livre d’Isaïe de l’Ancien Testament font référence au myrte pour souligner qu’: "Au lieu de broussailles poussera le cyprès, au lieu de l’ortie poussera le myrte. Le nom du Seigneur en sera grandi : ce signe éternel sera impérissable" (Is, 55,13). Le myrte apparaît ainsi comme l’un des arbres conduisant à rendre fertile des terres désertes, symbole de la toute-puissance du Seigneur ; une toute puissance que nous rappelle encore Isaïe (Is 41,19-20) : "Je planterai dans le désert le cèdre et l’acacia, le myrte et l’olivier ; je mettrai ensemble dans les terres incultes le cyprès, l’orme et le mélèze, afin que tous regardent et reconnaissent, afin qu’ils considèrent et comprennent que la main du Seigneur a fait cela, que le Saint d’Israël en est le créateur".









