Ils avancent en silence, vêtus d’habits que l’on croirait sortis d’un autre âge. Discrets mais bien présents, les chanoines continuent aujourd’hui d’exercer une mission méconnue au cœur de l’Église. Dans certains diocèses, lors des célébrations solennelles, on les voit entrer en procession devant l'évêque, vêtus de la croix capitulaire et parfois de l'habit canonial traditionnel, avec notamment le camail (courte pèlerine posée sur les épaules). Du 24 au 26 avril, une trentaine d’entre eux se retrouvent d’ailleurs à Lyon pour une première rencontre nationale, signe d’un renouveau d’intérêt pour cette institution ancienne.

Le chapitre cathédral se définit comme un collège de prêtres, les chanoines, qui, dans le sillage de Vatican II, a vu sa mission se recentrer autour de la prière liturgique pour l’évêque et le diocèse. Dans les siècles passés, le chapitre était considéré comme le “Sénat de l'Évêque” et administrait le diocèse en cas de vacance du siège. Aujourd'hui, ces fonctions ont été transférées au conseil presbytéral et à l’administrateur diocésain.
Une mystérieuse fécondité
Actuellement, environ la moitié des diocèses de France possèdent un chapitre de chanoines. Pour la première fois, leurs doyens seront une trentaine à se retrouver à Lyon, pour un week-end de rencontres, de partage et de prière. "Si la contrainte de l’âge ou du ministère ne permet pas à tous les doyens des chapitres de France de venir, tous ont témoigné leur joie devant l’organisation d’une telle rencontre, conscient de l’importance de leur rôle, aujourd’hui encore, dans l'Église, et heureux de mieux faire connaître leur mission", explique à Aleteia le chanoine Éric Besson, doyen du chapitre primatial de Lyon, à l'initiative de cette rencontre.
La vitalité et l’activité des chapitres varient en effet beaucoup selon les conditions locales. C’est ainsi que les chapitres ont une tendance à être plus vivants dans les grands diocèses ou dans les régions de fortes traditions locales, comme la Bretagne. la Côte d'Azur ou le Nord. Dans les diocèses plus petits et sans grands moyens humains, on observe que les chanoines, souvent âgés, tiennent toutefois à maintenir autant que possible une vie capitulaire, avec une rencontre périodique. "Mais ces dernières années, on repère aussi l’émergence d’une nouvelle sensibilité qui conduit des évêques à nommer à nouveau des chanoines, afin de revitaliser l’institution, comme on l'a vu par exemple dans les diocèses de Saint-Flour, d’Arras ou Bourges", explique encore le chanoine lyonnais, citant encore deux créations récentes avec le chapitre cathédral de Créteil en 2010 et celui du diocèse aux Armées en 2020.
Les chanoines ont essentiellement une mission de prières, de service et de mémoire pour leur diocèse.
"Les chanoines ont essentiellement une mission de prières, de service et de mémoire pour leur diocèse", reprend le père Besson qui voit, dans ce service fidèle, et malgré des moyens souvent humainement réduits, "un enrichissement de la vie diocésaine par une mystérieuse mais réelle fécondité". À Lyon par exemple, chaque matin en semaine, les chanoines chantent l’office des Laudes, puis célèbrent la messe capitulaire, "avec la participation d’une bonne cinquantaine de fidèles en général, qui s’associent donc à nos prières pour le diocèse et pour notre évêque".
Cette première rencontre nationale entre chanoines est donc attendue et permettra à tous les participants de témoigner de leurs missions, de partager leurs expériences et de réaliser que l’Église demeure toujours aussi riche de son histoire et de ses membres, même les plus discrets.









