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Charles Personnaz : “C’est une grande joie de servir la France auprès de l’Église universelle”

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Charles Personnaz, nouvel ambassadeur de la France près le Saint-Siège.

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Cécile Séveirac - publié le 22/04/26
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Historien et haut fonctionnaire, Charles Personnaz a été nommé, ce mercredi 22 avril, ambassadeur de France près le Saint-Siège. Il détaille pour Aleteia les enjeux de cette mission au Vatican et ses priorités.

Historien de formation, haut fonctionnaire et directeur de l’Institut national du patrimoine depuis 2019, Charles Personnaz a été nommé ce mercredi 22 avril ambassadeur de France près le Saint-Siège. Ancien élève de l’ENA et diplômé de Sciences Po, il s’est spécialisé au fil de sa carrière sur les enjeux de patrimoine et sur les chrétiens d’Orient, auxquels il a consacré plusieurs missions et un rapport remis à l’Élysée en 2019. Ce document, qui proposait un renforcement de l’action française en matière de protection du patrimoine et de soutien aux réseaux éducatifs des communautés chrétiennes au Moyen-Orient, a contribué à structurer l’engagement de la France sur ces questions. Sa nomination au Vatican s’inscrit ainsi dans la continuité d’un parcours marqué par les enjeux diplomatiques, culturels et religieux liés à cette région du monde. "C’est une grande fierté d’être nommé à ce poste important. Il s’agit d’un lieu essentiel de dialogue entre la France et le Saint-Siège sur de nombreux sujets, particulièrement dans les temps troublés que nous connaissons", confie Charles Personnaz à Aleteia. Entretien.

Aleteia : Vous venez d’être nommé ambassadeur de France près le Saint-Siège : que représente pour vous cette mission au Vatican ?
C’est d’abord une grande fierté d’être nommé à ce poste important. Il s’agit d’un lieu essentiel de dialogue entre la France et le Saint-Siège sur de nombreux sujets, particulièrement dans les temps troublés que nous connaissons : à la fois politiques, mais aussi dans les domaines intellectuels et sociaux. C’est également une manière de mettre en valeur la vivacité de la société civile française d’inspiration catholique.

Comment avez-vous appris votre nomination et avec quel état d’esprit prenez-vous ce poste ?
Je le prends avec beaucoup de gratitude et d’humilité. J’y vois l’occasion de découvrir de nombreuses dimensions : le métier de diplomate, le fonctionnement du Saint-Siège, la vie de l’Église à Rome. L’écoute et l’attention sont des qualités essentielles dans cette fonction. C’est aussi une grande joie : celle de servir mon pays auprès de l’Église universelle et de contribuer à faire rayonner la diversité et la richesse culturelle française.

Vous êtes historien et haut fonctionnaire. En quoi votre parcours vous a-t-il préparé à cette fonction diplomatique très particulière ?
Mon parcours m’y a préparé car il a régulièrement croisé des enjeux de coopération internationale, notamment en matière de patrimoine. J’ai aussi beaucoup travaillé sur la question des chrétiens d’Orient, notamment à travers un rapport consacré au soutien de la France aux minorités chrétiennes et à leurs réseaux éducatifs au Moyen-Orient. Cela m’a permis de collaborer avec les ambassades et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et d’acquérir une compréhension concrète des mécanismes diplomatiques.

La coopération porte d’abord sur la construction de la paix dans de nombreuses régions du monde, notamment au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie.

Comment percevez-vous aujourd’hui le rôle du Saint-Siège sur la scène internationale ?
Le Saint-Siège joue un rôle important dans la pacification des relations internationales, comme l’ont encore montré certaines prises de position récentes du Saint-Père lors de ses déplacements en Afrique. Dans un contexte de tensions internationales, il constitue un acteur de dialogue et de médiation. La France, qui défend également un multilatéralisme renforcé, trouve dans cette action de nombreux points de convergence.

Sur quels sujets la France et le Vatican peuvent-ils particulièrement coopérer ?
La coopération porte d’abord sur la construction de la paix dans de nombreuses régions du monde, notamment au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie. Elle s’étend également à des enjeux globaux comme l’éthique et l’intelligence artificielle, ou encore le développement durable. Il s’agit à la fois de contribuer à la résolution de crises concrètes et de nourrir des réflexions communes sur les grands défis contemporains.

La France occupe une place particulière dans ses relations avec les communautés chrétiennes d’Orient.

Quelles seront vos priorités concrètes dans les premiers mois de votre mandat ? Et les chantiers de plus long terme ?
Les premiers mois seront avant tout consacrés à la rencontre des nombreux interlocuteurs du Saint-Siège et des acteurs présents à Rome. Dans un second temps, je souhaite m’investir particulièrement sur les questions du patrimoine et de l’enseignement supérieur. L’ambassade peut en effet devenir un lieu de dialogue renforcé entre les universités pontificales et les universités françaises, publiques comme privées.

Vous êtes engagé depuis de nombreuses années auprès des chrétiens d’Orient, dont la présence est menacée dans plusieurs régions. Cet enjeu va-t-il devenir un axe structurant de votre mission ?
Oui, mais cette préoccupation est déjà largement portée par le Saint-Siège. Elle s’inscrit dans une réflexion ancienne sur la possibilité d’un Moyen-Orient pluriconfessionnel, où les chrétiens peuvent continuer à participer pleinement à la vie sociale, culturelle et économique. Il s’agit donc d’une continuité plus que d’une rupture : une coopération déjà structurée, que je poursuivrai naturellement en y apportant mon expérience.

Le Vatican est déjà très impliqué sur ces sujets : qu’est-ce que la France peut apporter de spécifique en complément ?
La France occupe une place particulière dans ses relations avec les communautés chrétiennes d’Orient. De nombreuses congrégations françaises ont historiquement contribué à la création de réseaux d’écoles, d’hôpitaux et d’institutions caritatives. Cette histoire crée une familiarité forte, complémentaire de l’action du Saint-Siège. La France et le Vatican s’appuient chacun sur leurs réseaux, leur expérience et leur héritage pour agir dans une logique de coopération.

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