separateurCreated with Sketch.

Mort du pape François, un an déjà

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Mathilde de Robien - publié le 20/04/26
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Il y a un an, le 21 avril 2025, le pape François rejoignait la maison du Père à l’âge de 88 ans après plus de douze ans de pontificat. Retour sur cette journée qui a bouleversé et surpris les catholiques du monde entier, et sur ce qu’il leur a laissé en héritage.

Et si votre lecture allait plus loin ?

Avec l’abonnement Aleteia, recevez notre magazine trimestriel, accédez à des contenus qui prennent le temps d’approfondir, et soutenez une information qui fait grandir.

Je découvre l'abonnement

Même les plus fins observateurs ne s’y attendaient pas. Le 21 avril 2025, il y a un an, la mort du pape François a surpris le monde entier. Pourtant, depuis plusieurs mois, sa santé était scrutée à la loupe par les journalistes vaticanistes, et ses bulletins médicaux, ou tout du moins ce qui en filtrait, analysés de près.

Le 18 février, les médecins du Gemelli, l’hôpital des papes, diagnostiquent une pneumonie bilatérale. Les jours qui suivent sont particulièrement douloureux, ponctués par plusieurs crises le 22 février, le 28 février et le 3 mars. Le Gemelli confiera plus tard que le Pape a été en "danger de mort" durant deux d’entre elles, et que la question de le "laisser partir" s’est posée. Le dimanche 23 mars, le pape François rentre finalement au Vatican.

L’année jubilaire sur l'Espérance bat son plein, les groupes de pèlerins défilent à Rome, et la Semaine sainte approche. En dépit d’un agenda chargé, le pape François ne fait que quelques apparitions en public. Les fidèles voient un pape fatigué, les traits tirés, ne sortant plus que sur un fauteuil roulant. François n’est pas en mesure de participer aux célébrations liturgiques du Vendredi saint, de la Vigile pascale et du dimanche de Pâques, qui sont alors présidées par des cardinaux.

La dernière bénédiction

Mais le jour de Pâques, le dimanche 20 avril, alors que les catholiques du monde entier se demandent s’ils vont recevoir la traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi du Pape, ils voient, à midi, depuis la Place Saint Pierre ou derrière leur poste de télévision, la silhouette du pape argentin apparaître derrière les rideaux rouges de la loggia de la Basilique. Il est dans son fauteuil roulant, visiblement exténué, mais parvient à saluer les fidèles d’une voix chancelante. "Chers frères et sœurs, bonnes Pâques !", murmure-t-il plus qu'il ne proclame, avant de laisser Mgr Diego Ravelli, maître des célébrations liturgiques, lire son message. François trouve ensuite la force de bénir la foule.

Puis, à la surprise générale et sous une chaleur accablante, François s’offre un bain de foule en papamobile, le premier depuis son hospitalisation. Il sillonne les allées de la Place Saint Pierre pour saluer une dernière fois, tel le pasteur au milieu de son troupeau, les pèlerins présents. C’est la dernière apparition publique du pape François.

Le lendemain matin, aux alentours de 5h30, le Pape a un malaise. Ses dernières paroles, adressées à son infirmier, seraient : "Merci de m’avoir ramené sur la place [Saint-Pierre]". Victime d’un AVC et d’une défaillance cardiovasculaire irréversible, le pape tombe ensuite dans le coma. Il décède à 7h35. À 9h53, le cardinal Kevin Farrell annonce en direct depuis la chapelle de la résidence Sainte-Marthe : "Chers frères et sœurs, avec une profonde douleur je dois annoncer la mort de notre Saint-Père François. À 7h35 ce matin, l’évêque de Rome, François, est retourné à la maison du Père".

Ses obsèques sont célébrées cinq jours plus tard, le samedi 26 avril, rassemblant à Rome cardinaux, évêques, prêtres et chefs d’État venus du monde entier pour dire adieu au 266e pape qui aura passé plus de 12 ans à la tête de l’Église catholique. 

Le soin de la terre et des pauvres en héritage

C’est peu de dire que le pape François a bousculé les fidèles. Par son style, par son ton, mais aussi par une certaine radicalité, notamment dans la manière d’exhorter les catholiques à devenir des "disciples missionnaires" et à aller "aux périphéries". En novembre 2013, dans sa première exhortation apostolique Evangelii Gaudium, il couche sur le papier son programme pour "ouvrir les portes de l’Église". À tous les catholiques, il lance un appel à "sortir de son propre confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Évangile".

Deux grandes préoccupations sociétales le caractérisent : entendre le cri des pauvres et celui de la planète. En 2015, il publie l'encyclique Laudato Si’, et s’impose comme l’une des grandes voix pour "la sauvegarde de la Maison commune". Par son appel – largement salué par les dirigeants de la planète qui se préparaient alors à la COP21 de Paris –, le Pape parvient à rejoindre des millions de personnes éloignées du catholicisme mais préoccupées par l’urgence du réchauffement climatique. 

Toujours dans les pas de son saint patron saint François d’Assise, il exhorte dans Fratelli Tutti (2020) à une humanité réconciliée : "Rêvons en tant qu’une seule et même humanité, comme des voyageurs partageant la même chair humaine, comme des enfants de cette même terre qui nous abrite tous, chacun avec la richesse de sa foi ou de ses convictions, chacun avec sa propre voix, tous frères."

Un chemin de sanctification

Mais ce qui définit peut-être le mieux le pape François, c’est sa manière d’inciter les fidèles à entendre "le cri des pauvres" et à y répondre. "L’impératif d’écouter le cri des pauvres prend chair en nous quand nous sommes bouleversés au plus profond devant la souffrance d’autrui", engage-t-il dans sa première exhortation apostolique Evangelii Gaudium (2013). Pauvres, migrants, prisonniers, enfants à naître… Le pape argentin n’a eu de cesse d’appeler à davantage de solidarité et de charité entre les êtres humains.

Dans les derniers mois de sa vie, il a commencé, dans la lignée de l’encyclique Dilexit nos (2024), une exhortation apostolique sur l’attention de l’Église envers les pauvres et avec les pauvres. Magnifique symbole du lien entre les deux papes, c’est ce texte, intitulé Dilexi te, que le pape Léon XIV a fait sien et a publié au début de son pontificat, "partageant ainsi le désir de [son] bien-aimé Prédécesseur que tous les chrétiens puissent percevoir le lien fort qui existe entre l’amour du Christ et son appel à nous faire proches des pauvres". Pour François comme pour Léon XIV, entendre le cri des pauvres est un chemin de sanctification : "Dans cet appel à reconnaître [le Christ] dans les pauvres et les souffrants, se révèle le cœur même du Christ, ses sentiments et ses choix les plus profonds, auxquels tout saint essaie de se conformer" (Gaudete et exsultate, 2018). Un héritage rempli de défis pour les catholiques !

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)