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La photo a fait le tour des réseaux sociaux en quelques heures et soulevé une vague d'indignation. Un militaire, en uniforme de l'armée israélienne, y frappe à coups de marteaux une statue du Christ en croix effondrée. Cet acte de profanation est bien du fait d'un soldat israélien, a confirmé par la suite Tsahal après avoir ouvert une enquête dimanche 19 avril. "À l'issue d'un premier examen (…) il a été établi que cette photographie montre un soldat des forces israéliennes en mission dans le sud du Liban", peut-on ainsi lire sur son compte X.
Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem et président de l'Assemblée des Ordinaires catholiques de Terre sainte, a exprimé ce lundi "sa profonde indignation et sa condamnation sans réserve de la profanation d'une représentation de Jésus crucifié par un soldat israélien dans un village libanais". Cet acte constitue "une grave offense à la foi chrétienne", relève le cardinal, qui affirme que plusieurs autres incidents du même genre impliquant des soldats israéliens ont eu lieu dans cette zone. "Il révèle en outre un échec inquiétant dans la formation morale et humaine, où même le respect le plus élémentaire du sacré et de la dignité d'autrui a été gravement compromis", tance Mgr Pizzaballa.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis lundi 20 avril des "mesures sévères" le soldat concerné. "J'ai été choqué et attristé d'apprendre qu'un soldat de Tsahal avait endommagé un symbole religieux catholique dans le sud du Liban", a écrit le Premier ministre sur X. "Je condamne cet acte dans les termes les plus fermes. Les autorités militaires mènent une enquête pénale et prendront des mesures disciplinaires sévères à l'encontre de l'auteur", a-t-il ajouté.
Israël a pris le contrôle de plusieurs secteurs du sud du Liban, fief du Hezbollah, après l'attaque du mouvement pro-iranien contre Israël le 2 mars, en représailles à l'offensive israélo-américaine en Iran. Les frappes israéliennes ont fait plus de 2.300 morts et un million de déplacés. Un cessez-le-feu est entré en vigueur vendredi. "Des mesures appropriées seront prises à l'encontre des personnes impliquées, conformément aux conclusions de l'enquête", a précisé l'armée, assurant traiter l'affaire avec "la plus grande sévérité". Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a également condamné un acte "honteux et dégradant", présentant sur X ses excuses "à tous les chrétiens dont les sentiments ont été blessés".
La statue se trouve dans le village chrétien de Debel, près de la frontière avec Israël, a indiqué à l'AFP la municipalité qui n'a en revanche pas pu dire si elle avait été endommagée. La zone est inaccessible à la presse. L'armée israélienne a assuré "aider la communauté à remettre la statue en place", ajoutant n'avoir "aucune intention de porter atteinte aux infrastructures civiles, y compris aux édifices religieux ou aux symboles religieux". Les troupes israéliennes sont restées dans la zone et ont démoli dimanche de nouvelles maisons, selon l'agence de presse officielle libanaise (ANI).
Face à une telle offense, rappelle Mgr Pizzaballa, "la Croix demeure inattaquable dans sa signification". "Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ" (Ga 6, 14), cite le cardinal, qui rappelle que "la Croix demeure une source de dignité, d'espérance et de rédemption, et un appel à surmonter la violence par l'amour sacrificiel."









