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Les chemins de Compostelle continuent d’attirer un nombre croissant de pèlerins venus du monde entier. En 2025, 530.998 pèlerins ont été accueillis au bureau des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, soit une hausse de 6,2% par rapport à 2024, selon la note de conjoncture publiée ce vendredi 17 avril par l’Agence française des chemins de Compostelle. Un chiffre qui ne reflète par ailleurs qu’une partie de la réalité, puisque seuls les marcheurs ayant parcouru au moins les cent derniers kilomètres et obtenu la compostela, le certificat officiel du pèlerinage, sont comptabilisés à l’arrivée. La fréquentation réelle sur l’ensemble des itinéraires, qui traversent une vingtaine de pays européens, est donc encore plus élevée.
Cette progression s’inscrit dans un contexte de consolidation après les années post-Covid. En effet, la fréquentation se stabilise à un niveau élevé après plusieurs années de forte croissance, avec des signaux jugés positifs pour les années à venir. À titre de comparaison, environ 350.000 personnes avaient été recensées en 2019, cinq ans plus tôt.
Entre diversité et nouvelles influences
L’un des traits marquants de l’année 2025 est la diversité des origines. Le bureau d’accueil de Saint-Jacques-de-Compostelle a enregistré des pèlerins issus de 198 nationalités différentes. Les Espagnols dominent largement (43%), suivis des Américains (8%), des Italiens (5%), des Allemands (4,6%), des Portugais (4,3%) et des Anglais (3%). Les Français représentent 2% des marcheurs et occupent désormais la 9e position, contre la 7e en 2024, dépassés notamment par les Mexicains et les Irlandais. Cette évolution reflète l'élargissement international du pèlerinage.
Cette nouvelle dynamique se reflète également dans le profil des marcheurs. Le pèlerinage attire majoritairement des adultes en âge actif, avec 40,5% de pèlerins âgés de 18 à 45 ans et 39,4% entre 46 et 65 ans. Autre tendance marquante, la féminisation du Camino se confirme, les femmes représentant 53,4% des marcheurs.
Autre tendance notable, en France, le chemin se vit majoritairement à deux (44,8%), sur une durée allant de quatre jours à deux semaines. Les trois quarts des marcheurs déclarent par ailleurs vivre cette expérience pour la première fois, preuve de l’attractivité toujours renouvelée du pèlerinage.
Le succès du Camino est aussi nourri par la culture contemporaine. Le film The Way, sorti en 2013, avait déjà contribué à populariser le chemin auprès du public américain, aujourd’hui deuxième nationalité sur le tronçon espagnol. Des œuvres littéraires telles que Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi de Jean-Christophe Rufin publiée en 2013, ou, Jamais sans moi de Maud Ankaoua paru en 2023, ont également participé à cet engouement. Plus récemment, la sortie en avril 2026 du film Compostelle, porté par Alexandra Lamy et Julien Le Berre, pourrait ainsi susciter de nouvelles vocations.
Un héritage spirituel millénaire toujours vivant
Si les chemins de Compostelle séduisent aujourd’hui un public aussi large, c’est aussi en raison de leur profondeur historique et spirituelle. Le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle est l’un des trois grands pèlerinages de la chrétienté, avec Rome et Jérusalem. Il conduit au tombeau de l’apôtre saint Jacques, frère de saint Jean l’Évangéliste, situé dans la crypte de la cathédrale.
La tradition remonte au début du IXe siècle, après la découverte des reliques de Jacques le Majeur. À partir du XIe siècle, Compostelle devient un haut lieu de pèlerinage médiéval. En 1492, le pape Alexandre VI, sous le règne de Ferdinand d'Aragon, reconnaît officiellement Compostelle comme l’un des "trois grands pèlerinages de la chrétienté".
Allant aujourd’hui de la France à l’Espagne, en passant par le Portugal, l’Allemagne ou les Pays-Bas, ces itinéraires demeurent un lieu unique où se conjuguent foi, culture et quête personnelle. Un patrimoine vivant, dont la fréquentation en hausse en 2025 témoigne de la vitalité intacte.










