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Ce que les arbres nous disent de nos racines, du ciel et de la vie

"Toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale." Descartes, Principes de la philosophie (1644)

"Toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale." Descartes, Principes de la philosophie (1644)

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Jean-Étienne Rime - publié le 20/04/26
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Un arbre sans racines meurt, mais sans la photosynthèse des hauteurs, il ne vivrait pas, explique le forestier Jean-Étienne Rime. La contemplation de la nature nous enseigne que c’est le ciel qui donne le souffle de la vie : à méditer sur le chemin de la Pentecôte !

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Dans notre siècle de rapidité, d’instantanéité et de consommation immédiate, est-ce suffisant de vivre au rythme trépidant de ce que propose ou nous impose le marché ? Il manque le sens : pourquoi et comment nous sommes là, à quoi sert notre activité ? Alors bien souvent, l’homme contemporain s’assoit, se retire, prend le temps d’un exil volontaire pour réfléchir sur sa raison d’être et la voie qu’il doit emprunter. Il manifeste de façon très différente la nécessité de s’arrêter et de réfléchir. 

La métaphore de l’arbre

Certains empruntent les chemins de Saint-Jacques, séjournent dans un monastère, changent de job pour pouvoir prendre du temps pour eux et pour leur famille. D’autres encore, hier indifférents, se lancent dans l’extraordinaire aventure de la conversion et du baptême comme nous l’avons constaté avec bonheur ces jours de Pâques. Lors de ces temps d’arrêt et de réflexion salutaires, la question des racines se pose : d’où venons-nous mais aussi où allons-nous ? La métaphore de l’arbre est souvent utilisée.

Donnons la parole au chêne : "Mes racines s’enfoncent profondément dans le sol de la forêt. L’argile se mêle aux limons déposés voici des millénaires. D’invisibles champignons tissent leur toile dans les profondeurs, alimentés par l’humus et les matières organiques qui se décomposent lentement. Un monde vivant et de silence me nourrit et m’abreuve, mes racines sont prolongées d’un chevelu qui capte la molécule d’eau qui remonte le long de mon tronc, dans les branches et jusqu’aux feuilles de mon houppier. Là-haut, les feuilles sont au travail, elles brassent des tonnes d’air pour capter la lumière et le CO2 très dilué, à peine 0,4% du volume de gaz. Ensuite, le travail de photosynthèse…" Restons-en là bien que le sujet soit passionnant : il ne s’agit pas de pratiquer la sylviculture, mais de porter un regard sur ce que nous appelons nos racines et ouvrir les yeux vers le ciel.

Ce que disent nos racines

Nos racines chrétiennes se perdent, entend-on si souvent. Nous avons renoncé à une grande partie de notre culture pour vivre une existence rapide, menée au fil des exigences d’un téléphone portable, de réseaux sociaux, de consommations les plus diverses et toutes soi-disant indispensables. Trop d’entre nous oublient de regarder autour d’eux. Musique, architecture, littérature, langue et rites, tout nous rappelle pourtant d’où nous venons, nos racines qui se sont développées en une terre composite et variée comme celle de l’arbre. Nous plongeons dans l’argile de la Grèce, de Rome, de la Mésopotamie et de l’Égypte, dans les roches de la philosophie, de la musique, de la danse, dans les limons déposés par les penseurs, les artistes, les écrivains et les poètes. 

Les toiles mycéliennes relient les époques, les civilisations, les cultures. Le fonctionnement de nos racines ne servirait à rien sans le houppier et les feuilles qui opèrent comme des panneaux solaires avant le terme.

Les toiles mycéliennes relient les époques, les civilisations, les cultures. Le fonctionnement de nos racines ne servirait à rien sans le houppier et les feuilles qui opèrent comme des panneaux solaires avant le terme. Car il se produit une opération extraordinaire : la photosynthèse. Ce processus bioénergétique permet à des organismes de transformer de la matière organique en utilisant l'énergie lumineuse, l'eau et le dioxyde de carbone. C’est dans le ciel de nos campagnes et de nos forêts que l’on trouve ce "moteur" qui assure le développement de l’arbre. Eau du sol et photosynthèse des hauteurs se conjuguent pour développer le végétal, l’être vivant. Cette énergie vient du soleil et du firmament. 

Le souffle de l’esprit

Si le phénomène est facile à expliquer par la physique et la chimie, l’interprétation métaphorique est plus délicate puisque l’on doit faire appel au souffle de l’Esprit, à l’inspiration et la force du Créateur. Notre âme, comme les feuilles de notre arbre, vit, fait vivre et irrigue notre cœur, notre intelligence, notre corps et nous ne sommes plus dans le rationnel de Descartes qui dans Principes de la philosophie (1644) écrivait : "Toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale." C’est l’inverse : la métaphysique et plus, le souffle de Dieu, donne l’énergie à l’arbre, à l’homme inspiré et solide par ses racines et le tronc. 

Laissons notre arbre philosophique qui offre l’image d’une totalité qui inclut à la fois le physique et la métaphysique, la matière et l’esprit, le moi et le soi pour constater avec émerveillement que sans le souffle de l’Esprit, il n’y a pas de vie, pas de sens à l’existence. Une réflexion sur notre chemin vers la Pentecôte !

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