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La mission Artémis 2 a marqué un tournant historique pour l’humanité. Pour la première fois depuis la fin des vols Apollo en 1972, des astronautes ont de nouveau voyagé vers la Lune en la contournant sans s’y poser, du 1er au 10 avril 2026. Ce vol de dix jours, qui a permis d’atteindre une distance record pour des humains depuis la Terre, symbolise la relance de l’exploration habitée du satellite naturel. Mais plus qu’un exploit pour l’humanité, cette mission a transformé les membres de son équipage : Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen. Le 16 avril, lors d’une conférence de presse, ils ont offert un éclairage plus intime sur ce qu’ils ont vécu. Et pour le commandant de la mission, Reid Wiseman, ce fut un véritable éveil intérieur.
"Je me base sur ce que j'ai vu, et lorsque le soleil a disparu derrière la Lune, je me suis tourné vers Victor (Glover) et j'ai dit : "Je ne pense pas que l'humanité ait évolué au point de pouvoir comprendre ce que nous voyons en ce moment", car c'était d'un autre monde et c'était incroyable", a-t-il déclaré au sujet des moments extraordinaires auxquels ils ont assisté, dont le coucher de la Terre derrière la Lune. Un sentiment d’émerveillement face à l’immensité du cosmos qui semble l’avoir conduit à renouer avec la foi.
J'ai aperçu la croix sur son col et j'ai fondu en larmes.
"Je ne suis pas vraiment croyant, mais je n'avais pas d'autre moyen d'expliquer ce que j’ai vécu", a-t-il ajouté, avant d’évoquer sa rencontre avec l’aumônier de l’USS Portland, un navire de l’US Navy qui a récupéré les astronautes de la capsule Orion au large de la Californie, dans le Pacifique, le 10 avril. "J'ai donc demandé à l'aumônier du navire de la Marine de venir nous voir un instant. Quand cet homme est entré, je ne l'avais jamais vu de ma vie, mais j'ai aperçu la croix sur son col et j'ai fondu en larmes". "C'est très difficile de réaliser pleinement ce que nous venons de vivre", a ajouté l'astronaute de 50 ans.
Un équipage attentionné
Cette dimension humaine et spirituelle de la mission s’était déjà manifestée pendant le vol lui-même, notamment à travers de belles déclarations sur la Création d’un autre astronaute, profondément chrétien, Victor Glover. Mais un autre geste profondément émouvant s’est également produit lors de ce voyage spatial. Lors du survol de la Lune, l’équipage a proposé de baptiser un cratère du nom de Carroll, l’épouse défunte de Reid Wiseman, disparue en 2020 des suites d’un cancer. Ce moment, chargé d’émotion, a vu les astronautes s’étreindre, conscients de graver symboliquement dans le paysage lunaire l’histoire personnelle de leur commandant.
Interrogé le 16 avril sur le moment où il a appris qu’un cratère lunaire porterait le nom de sa défunte épouse, qui était infirmière diplômée en soins intensifs néonatals et consacrait sa vie à aider les autres, Reid Wiseman a déclaré : "J'ai trouvé ça absolument magnifique. C'était une femme extraordinaire, et la mère de mes deux filles. Quel homme sur cette planète mérite un tel cadeau, que son équipage soit si attentionné et accomplisse un geste si touchant, si profond et si significatif ?" Père de deux filles, Ellie, 20 ans, et Katherine, 17 ans, il poursuit désormais sa plus grande mission : celle de la paternité, sous le regard bienveillant de son épouse qui veille sur eux.
Reid Wiseman n’est pas le premier astronaute à être bouleversé par la contemplation de la Terre vue de l’espace. Ce fut notamment le cas de l’astronaute Edgar Mitchell, qui est devenu la sixième personne à marcher sur la Lune lors de la mission Apollo en 1971. De retour sur Terre, il a prononcé cette phrase devenue célèbre : "On développe instantanément une conscience globale, une orientation vers les gens, une profonde insatisfaction face à l'état du monde et une impulsion irrésistible à agir."









