Au lendemain de son arrivée dans le pays d’Afrique australe, le pape Léon XIV a pris ce 19 avril l’hélicoptère pour rejoindre la localité de Muxima à une centaine de kilomètres au sud-est de Luanda, la capitale de l’Angola. Au milieu des champs et des baobabs, une foule l’y attendait depuis des jours avec ferveur : des milliers de personnes avaient campé sur place ces dernières nuits dans des tentes de fortune, pour pouvoir être aux premières loges de la visite du successeur de Pierre.

À son atterrissage, celui-ci a été accueilli par une délégation officielle sur le tapis d’honneur – un simple carré de tissu rouge où il a posé ses pieds à sa descente d’hélicoptère, souriant sous le soleil encore brûlant de fin d’après-midi. Transporté dans une Chevrolet blindée, le pape qui enchaîne les kilomètres depuis le début de sa tournée en Afrique, est arrivé au sanctuaire sous les hourras d’une foule de quelque 30.000 personnes, en majorité des femmes.
Première étape de la séquence : le Pape a été emmené dans une salle abritant la maquette du futur site actuellement en chantier, sous les grues et échafaudages. Il a observé attentivement ce qui sera l’accomplissement d’une promesse faite à son prédécesseur Jean Paul II. Lors de sa venue en 1992, le gouvernement angolais s’était engagé à construire une basilique en ce lieu. Selon le Vatican, les travaux de cet édifice qui pourra accueillir 4.600 personnes entre ses murs et 200.000 sur son parvis devraient s’achever en 2027. La première pierre a été posée en 2022 par le président de la République.
La « Mère du cœur » en langue kimbundu
Le pontife américano-péruvien s’est ensuite recueilli, à genoux, dans la chapelle de Mamã Muxima, et a déposé un bouquet de roses blanches au pied de la statue de la Vierge Marie couronnée et enveloppée d’un manteau bleu. L’origine de ce lieu de culte, au XVIIe siècle, est marquée au fer rouge de l’histoire sombre de l’Angola colonial : Muxima se trouvant sur une route reliant l’intérieur du pays à la côte, on y baptisait des captifs africains avant leur déportation dans la traite atlantique.
Malgré ce passé dramatique, les Angolais ont nourri pour "Mamã Muxima" un attachement fidèle. Ce sont d’ailleurs eux qui, spontanément, ont fait fi du nom d’origine du sanctuaire –l’Immaculée Conception de Marie – pour le baptiser "Mamã Muxima", la "Mère du cœur"» en langue kimbundu. Dès 1833, a rapporté l'évêque du diocèse de Viana, Mgr Emílio Sumbeleloes, devant le Pape ce soir, des chrétiens de toutes les régions ont commencé à faire le pèlerinage de cinq jours devenu traditionnel. À la faveur de récits d’événements prodigieux attribués à la Vierge, la dévotion a grandi et a pris la forme d’une "relation de familiarité, […] de complicité" et "d’intimité", "comme on parle à une personne vivante", a assuré l’évêque.

Ayant rejoint le podium dans une voiturette de golfe, Léon XIV a prié le chapelet avec des fidèles qui se relayaient au micro, parmi lesquels un garçonnet en nœud papillon. Le pape a ensuite pris la parole, faisant valoir la sollicitude du cœur maternel de Marie et invitant les catholiques à se dévouer "sans réserve pour que personne ne manque d’amour" et ait "le nécessaire pour vivre dignement et être heureux". "Pour que ceux qui ont faim aient de quoi se nourrir, pour que tous les malades puissent recevoir les soins nécessaires, pour que les enfants aient accès à une Instruction adéquate, pour que les personnes âgées puissent vivre sereinement leurs années de vieillesse", a martelé le Pape, assurant qu’ "une mère pense à toutes ces choses : Marie pense à toutes ces choses".






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