Pour beaucoup, une promesse d’enfant s’évanouit avec l’âge. Pas pour Alexis Jeanson. À 12 ans, son chef de troupe lui parle de son voyage à vélo jusqu’en Terre Sainte. Un témoignage qui ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Le jeune garçon se fait une promesse muette, celle de marcher un jour jusqu’à Jérusalem. Plus de vingt ans plus tard, il a réussi à accomplir ce pèlerinage de 7.000 km, animé par une vraie quête de sens, de vérité, mais aussi de rencontre avec Dieu, les autres et bien sûr avec soi-même.
Le déclic est venu au terme du chemin Compostelle, en 2022. "Une fois arrivé près du tombeau de l'apôtre à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, le pèlerinage à Jérusalem s'est imposé à moi comme étant une suite logique des choses", raconte le trentenaire à Aleteia. S’il considère que Saint-Jacques-de-Compostelle n’a pas été une réelle préparation de son pèlerinage à Jérusalem, il en a tout de même tiré quelques leçons. "J'ai terminé le chemin de Compostelle avec des brûlures au second degré sous chaque pied. Je voulais à tout prix éviter que cela se reproduise sur la route de Jérusalem", confie-t-il, ajoutant avoir travaillé son renforcement musculaire avec un coach sportif et consulté un podologue qui lui a prescrit de bonnes semelles.
Quand on est à l'écoute de Dieu et qu'on le côtoie tous les jours en lui laissant une place conséquente et qu’on se remet à la Providence, on a toujours une réponse à ses prières.
Son aventure débute le 14 janvier 2024. Jour après jour, kilomètre après kilomètre, Alexis Jeanson traverse des paysages variés — des Alpes enneigées aux rivières de Serbie qu’il doit traverser à la nage, des plaines de Turquie aux villages silencieux du Proche‑Orient. Un itinéraire qu’il a travaillé en consultant de nombreuses cartes.

"J’ai emprunté d’abord le chemin de saint Martin, en partant de Tours et marchant jusqu'en Hongrie. Puis, je suis redescendu en direction de la Grèce, en traversant tous les pays slaves, pour faire une étape au Mont Athos. J'ai suivi la côte et par le biais de la Turquie, j'ai pu arriver à Chypre. J'ai pris ensuite un avion pour la Jordanie, ce qui m'a permis d'arriver à pied en Terre sainte", énumère Alexis Jeanson. En tout, il a traversé 14 pays, 15 même comme il le précise, "si on considère que Chypre est divisé entre deux pays distincts". "Chaque pays a apporté une petite pierre à l'édifice qu'a été mon pèlerinage". Mais le pays qui l'a le plus marqué a été la Turquie. "L’hospitalité des gens m'a beaucoup touché", se souvient-il, en évoquant avec une tendresse particulière une famille avec deux garçons, qui l’a accueilli à bras ouverts et avec qui il a pu parler de la marche et de leur pays.
Une belle transformation intérieure
Mais si ce pèlerinage a été rempli de sens et de rencontres, il n’a pas pour autant été simple. "Il y a eu des matins difficiles, des matins où je me suis réveillé vraiment fourbu encore de la veille ou que je constatais que la météo n’était pas au rendez-vous. C’était un peu décourageant de se dire qu'il fallait repartir". Malgré cela, l’idée de tout abandonner ne lui est jamais venu à l'esprit. "Le rythme de la marche compense rapidement les petits manques de motivation", sourit-il. Marcher devient alors prier, chaque pas se mêle à une méditation intime. "Quand on est à l'écoute de Dieu et qu'on le côtoie tous les jours en lui laissant une place conséquente et qu’on se remet à la Providence, on a toujours une réponse à ses prières. Sur la route vers Jérusalem, j’ai vécu une vraie transformation intérieure qui me donne aujourd’hui envie d'être encore plus à la disposition de Dieu et à son service", note-t-il.

Pendant ces mois de marche, certains objets sont devenus ses compagnons de route, comme son bâton torsadé de routier scout d'Europe ou encore une icône qu’il a ramenée du Mont Athos et qu’il sortait à chacun de ses bivouacs pour que la Vierge Marie puisse veiller sur lui pendant la nuit. "Il y a aussi ma tarte, mon béret que j’ai portais pendant mon premier camp en tant que chef de troupe. Elle cache beaucoup de choses comme la croix de Lorraine", explique Alexis Jeanson fièrement. Ces objets ne sont pas les seuls témoins de son périple, ce dernier est littéralement inscrit dans sa peau à travers ses tatouages chrétiens. "Je me suis fait tatouer en arrivant à Jérusalem par un tatoueur de la famille Razouk, qui depuis 700 ans tatoue les pèlerins".

En décembre 2024, après près de 7. 000 km de marche, Alexis Jeanson a atteint enfin Jérusalem. Il y est resté trois mois, parcourant Bethléem, la Galilée, le lac de Tibériade ou encore le mont des Oliviers, pour s'imprégner de cette ville dont il a tant rêvé. "C’était aussi l’une des raisons de mon pèlerinage, voir et découvrir la ville que je ne connaissais jusqu’ici qu'à travers des témoignages ou les Écritures saintes. Je voulais m'imprégner de ses couleurs. C’était une vraie découverte et j'espère y retourner très vite", déclare-t-il.
Revenu le 12 mars 2025 en France, il a publié Jérusalem, une promesse (éditions Salvator), le 12 mars 2026. Une boucle d'un an qui lui a permis de clore la parenthèse de ce fabuleux pèlerinage, dont il tire beaucoup de leçons, même si certaines sont encore en gestation, comme il le confie lui-même. Mais il y a une chose dont il est sûr : "J'ai envie de repartir marcher, non pas pour devenir un pèlerin perpétuel mais pour encourager les autres à partir en pèlerinage".
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