separateurCreated with Sketch.

L’orthographe et la grammaire davantage prises en compte au bac et au brevet

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Mathilde de Robien - publié le 16/04/26
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, entend revaloriser les diplômes du baccalauréat et du brevet, en durcissant notamment les règles de notation des épreuves écrites pour l’orthographe et la grammaire.

Et si votre lecture allait plus loin ?

Avec l’abonnement Aleteia, recevez notre magazine trimestriel, accédez à des contenus qui prennent le temps d’approfondir, et soutenez une information qui fait grandir.

Je découvre l'abonnement

"C’est une très bonne nouvelle !", se réjouit Aurélie, professeur de lettres en région parisienne. "Depuis quelques années, les consignes données aux correcteurs favorisaient en un certain laxisme pour les fautes d’orthographe, même pour les épreuves de français, moyennant quoi les élèves ne savent plus écrire !" Édouard Geffray entend redresser la barre et rehausser le niveau d’exigence à l’école. Après avoir annoncé la création d’un concours général au collège à horizon 2027, le ministre de l’Éducation nationale serre la vis sur l’orthographe et la grammaire.

Dès la session 2026, la "qualité rédactionnelle" va prendre une place plus importante dans la notation des copies du brevet et du baccalauréat. Dans une circulaire publiée le 26 mars dernier, Édouard Geffray a annoncé "une exigence renforcée" sur "l’orthographe, la syntaxe, la grammaire", mais aussi sur "la clarté de la langue et la lisibilité du propos". Les fautes seront davantage sanctionnées, et ce dans toutes les disciplines.

Chute du niveau d’orthographe

Un revirement bienvenu au regard de la chute du niveau d’orthographe. Selon une note d’information du ministère de l’Éducation nationale de décembre 2022, les résultats en orthographe sont en baisse depuis 1987. Ces statistiques se basent sur une même dictée qui a évalué des élèves de CM2 de l'enseignement public en 1987, 2007, 2015 et 2021. En 34 ans (entre 1987 et 2021), le nombre d’erreurs a tout bonnement doublé : il est passé de 10,7 à 19,4. Le texte de la dictée comprend une dizaine de lignes (67 mots précisément).

Une baisse qui "concerne l’ensemble des élèves", précise la note, "quels que soient leur sexe et leur âge", l’essentiel des difficultés relevant de la non-application des règles grammaticales (règles d’accord entre le sujet et le verbe, accords dans le groupe nominal, accords du participe passé).

Fixer des exigences

Fixer davantage d’exigences permettra-t-il de relever le niveau des élèves ? Le romancier Harold Cobert, professeur de lettres au lycée Passy Saint-Honoré, à Paris, confiait récemment à Aleteia que la sanction des fautes d’orthographe de ses élèves avait réduit de manière considérable leurs erreurs : "Dans mon établissement, on me laisse sanctionner les fautes d’orthographe dès la Seconde, même si c’est normalement interdit par la réglementation", souligne-t-il. "Je me suis rendu compte que lorsqu’on est exigeant, les élèves répondent présents. Au premier trimestre, certains pouvaient faire 35 fautes par copie. Sachant qu’ils seront sanctionnés, ils ont réduit considérablement leurs erreurs à cinq fautes. Cela montre qu’ils sont capables de beaucoup, à condition qu’on leur fixe des exigences et qu’on les motive à les atteindre."

Le niveau des programmes a été abaissé et donc le niveau des élèves a baissé.

Pour l’écrivain, la clé réside bien dans l’exigence. "Ce qui m’agace profondément aujourd’hui, c’est l’idée que le niveau des élèves a baissé. Ce n’est pas vrai : c’est le niveau des programmes qui a été abaissé et donc le niveau des élèves a baissé. Les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas moins intelligents. Si on leur fixe la barre un peu plus haut et qu’on les incite à l’atteindre, ils peuvent s’élever et progresser."

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)