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Cendrine Dominguez : “Face à la mort, l’espérance est un risque à prendre”

Cendrine Dominguez : « Face à la mort, l’espérance est un risque à prendre »
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Anna Ashkova - publié le 16/04/26
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"Il est 15 heures. Je suis veuve." C’est ainsi que débute "Les premières fois sans toi", le livre de Cendrine Dominguez, publié le 8 avril. Dans cet ouvrage intime, l’ancienne animatrice de Fort Boyard partage le chemin bouleversant de son deuil après la mort de son mari, Patrice Dominguez, mais aussi une forme de renaissance.

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Elle a marqué le petit écran dans les années 1990 avec sa participation à des programmes cultes comme 40° à l’ombre, Fort Boyard ou encore Téva Déco… Toujours souriante et solaire, l’animatrice de 63 ans cache pourtant, derrière cette image publique, une épreuve douloureuse. Le 12 avril 2015, elle perd l’homme avec qui elle partageait sa vie depuis 1986, Patrice Dominguez, ancien tennisman de renom et père de ses deux enfants, Léa et Léo. Victime d’un cancer, il s’éteint à l’âge de 65 ans. Trois ans plus tard, un autre deuil vient s’ajouter à sa vie : celui de son frère Laurent, qui choisit de mettre fin à ses jours sans laisser de lettre pour expliquer son geste. Deux arrachements successifs, deux silences, deux absences qui creusent un sillon profond dans son existence.

C’est de ce double bouleversement que naît Les premières fois sans toi, paru aux éditions Fayard le 8 avril 2026. Un livre où l’intime devient chemin de vérité, et où la douleur, loin d’être tue, s’ouvre à un autre mouvement de vie, marqué aussi par un nouvel amour : celui de Jean-Christophe, qu’elle épouse en juillet 2022.

Apprendre à vivre les "premières fois"

L’écriture devient alors un espace de dépose. "Je l’ai vécu comme une nécessité", explique Cendrine Dominguez à Aleteia, ajoutant que cet exercice s’est révélé salvateur pour elle. Les dix ans de l’anniversaire de la mort de son époux lui ont permis de se retourner et de se poser sur son histoire. Dix ans pour apprendre à vivre sans son mari, et à traverser toutes ces "premières fois" en son absence : le premier tournoi de Roland-Garros sans Patrice, le premier voyage en train, les premières vacances d’été, le premier anniversaire, le premier Noël…

"C’est une grande leçon d’humilité, accepter l’impossible et commencer à être un peu heureuse pour la première fois", écrit-elle au sujet du deuil. Toutes ces premières fois deviennent pour elle des petites victoires sur la mort : "C’est comme s’il y avait un petit morceau de vie qui revenait à chaque fois", raconte-t-elle à Aleteia. Un cheminement marqué également par la marche. "J’ai fait beaucoup de randonnées à Contamines-Montjoie, qui sont devenues pour moi un symbole très fort de cette terre de Haute-Savoie qui a accueilli tous mes pas." C’est ici qu’elle s’est mariée avec Patrice, ici qu’ils avaient leur maison familiale, (qu’elle a décidé de conserver après son décès), et c’est ici qu’il a été enterré. "Il y a quelque chose dans la marche qui est extraordinaire : quand on marche, on est dans ses pensées, on chemine… puis on est obligé de se reconcentrer sur ce que l’on fait. Et ce moment nous ré-ancre dans l’instant, et permet d’avancer", confie-t-elle, qui ajoute que le mouvement permet, selon elle, de retrouver une forme d’apaisement et de se remettre dans la vie.

L’amour, c’est la vie. Quand on se raccroche à l’amour, on peut avancer. Après la mort il y a l’amour, et après l’amour il y a encore de l’amour.

Sa foi l’a également accompagnée dans ce drame. Une foi qu’elle dit n’avoir jamais perdu, même dans les moments les plus sombres. "C’est quelque chose qui m’anime et qui m’accompagne", explique-t-elle. La miséricorde, en particulier, occupe une place singulière dans son deuil car Patrice est décédé un dimanche de la miséricorde. "C’est un des plus jolis mots quand on traverse un deuil ou la vie en général. Il est très doux à mes yeux et m’a énormément aidée. C’était un moment de grâce absolue."

Ce moment de pardon, d'envolée, lui a amené beaucoup de lumière, d’autant plus que la question du pardon préoccupait Patrice dans ses derniers instants de vie, comme elle le décrit dans son ouvrage. En ce sens, le fait qu’il soit décédé le dimanche de la miséricorde lui apporte une forme de paix. "À partir du moment où j’ai la sensation forte que rien n’est hasard, j’ai trouvé cela très fort."

Quand la vie et la mort se tiennent par la main 

Au moment où elle tente de se reconstruire, un autre drame survient : son frère Laurent met fin à ses jours. Un sujet parfois tabou dans l’Église ou dans la société, qu’elle ne voulait pas contourner dans son ouvrage. "Le suicide, pour moi, c’est quelque chose d’incompréhensible, d’injuste et de violent", confie-t-elle. Mais dans ce chemin traversé de pertes, des signes de vie viennent comme répondre à l’épreuve : à chaque deuil, ses enfants lui annoncent une naissance de ses petites-filles. "C’est la vie et la mort qui se tiennent par la main. Et au milieu de cela, il y a l’amour. L’amour, c’est la vie. Quand on se raccroche à l’amour, on peut avancer. Après la mort il y a l’amour, et après l’amour il y a encore de l’amour", énumère Cendrine Dominguez. 

Ainsi, avec le temps, une autre vie se dessine. Non pas une vie "après", comme si tout pouvait être relégué derrière soi, mais une vie avec : avec ce qui manque, avec ce qui a été, avec ce qui demeure autrement. En juillet 2022, elle annonce sur Instagram son mariage avec Jean-Christophe. Elle qui aurait voulu vivre toute sa vie avec son époux a mis du temps à trouver un homme capable d’accepter qu’elle continue d’aimer Patrice, et d’accueillir pleinement l’histoire qu’elle avait construite avec lui. Et, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la mort a de nouveau joué un rôle central dans sa vie : Jean-Christophe est lui aussi veuf. "Je pense que ce qui nous a réunis, c’est aussi d’avoir pu traverser cette épreuve du deuil d’un conjoint", précise Cendrine Dominguez. Aujourd’hui, ils vivent dans le VIIe arrondissement de Paris, portés par cette certitude que l’amour est plus fort que tout. Et c’est aussi le message que Cendrine Dominguez adresse à ceux qui traversent l’épreuve du deuil, comme une parole déposée après le chemin parcouru : "Face à la mort, l’espérance est un risque à prendre."

Pratique

Les premières fois sans toi, Cendrine Dominguez, éditions Fayard, avril 2026.
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