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"Toute la douleur qui a submergé votre communauté rend aujourd’hui plus forte encore cette certitude : Dieu ne nous a jamais abandonnés !". Les habitants de Bamenda attendaient le pape Léon XIV avec ferveur ce jeudi 16 avril, et dès ses premières paroles, les ovations se déchaînent dans la cathédrale. Il faut dire que le pontife américano-péruvien y met le ton : détachant chaque syllabe en anglais, il assène son message, habité de détermination. "Je suis ici pour annoncer la paix, mais je constate d’emblée que c’est vous qui l’annoncez au monde entier et à moi", assure le Pape, poursuivant sa harangue vibrante, tandis que l’attention des bancs de la cathédrale est rivée sur lui. Improvisant quelques incitations avec un emportement résolu, il cherche à entraîner les Camerounais : "Que nous continuions tous sur le chemin du bien qui conduit à la paix", souhaite le Pape, assurant que le témoignage de dialogue interreligieux de Bamenda peut être "un modèle" pour toute la planète.

Dans cette région à la terre ocre et aux collines de forêt verdoyante, le chef de l’Église catholique confie à ce peuple toute sa conviction, déclamant son discours avec une vigueur inédite depuis son élection. Et Bamenda le lui rend bien : dans les rues, dès l’aéroport et sur les 13 kilomètres qui le séparent de la cathédrale, une foule sans interruption l’a attendu sous le soleil et la chaleur, clamant d’allégresse au passage de sa voiture. Dans une générosité touchante, on balayait encore hâtivement le seuil de la cathédrale quelques instants avant que le Pape ne grimpe sur le tapis rouge. Partout où l’ombre du pape s’approche, des hurlements de joie l’accueillent. "Bamenda, tu es aujourd’hui la ville sur la montagne, resplendissante aux yeux de tous !", répond le Pape à cette euphorie, comme pour soulever les âmes qui l’écoutent. Debout devant l’autel, le successeur de Pierre, ne mâche pas ses mots non plus pour condamner "les seigneurs de la guerre" et dénoncer "un monde à l’envers, une perversion de la création de Dieu que toute conscience honnête doit dénoncer et rejeter".
C'est le moment de changer, de transformer l'histoire de ce pays. Aujourd’hui et non demain, maintenant et non dans le futur.
Au fil de son allocution, Léon XIV prépare l’avenir : "Ne perdez pas votre saveur, dans les années à venir", prévient-il déjà, encourageant la "myriade" d’assoiffés de paix à mener une "révolution silencieuse" pour dérouter les "quelques dominateurs" qui détruisent le monde. Et d’enfoncer le clou quelques heures plus tard lors d’une messe, avant de reprendre l’avion pour rentrer à Yaoundé : "C'est le moment de changer, de transformer l'histoire de ce pays. Aujourd’hui et non demain, maintenant et non dans le futur." En écho, se lèvent alors les applaudissements de tout un peuple qui l’attendait en espérant, à l’instar de Jeannette qui confiait dans la foule que "si les choses ne changent pas à Bamenda, il n’y a pas d’avenir pour nos enfants".







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