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Périscolaire : ce que prévoit la Ville de Paris pour protéger les enfants

La ville de Paris, secouée par un scandale d’agressions dans le périscolaire, a suspendu 132 animateurs depuis le 1er janvier, dont 52 pour "suspicion de violences sexuelles ou sexistes".

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Mathilde de Robien - avec AFP - publié le 14/04/26
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Le Conseil de Paris a adopté, mardi 14 avril, le plan d’action de 20 millions d’euros du nouveau maire, le socialiste Emmanuel Grégoire, destiné à protéger les enfants durant le périscolaire, éclaboussé par des affaires de violences sexuelles.

Le scandale des violences sur mineurs durant le périscolaire a éclaté lors de la campagne des municipales, notamment à Paris. Depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus dans la capitale, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles dans des écoles, des chiffres traduisant un caractère "systémique", a reconnu Emmanuel Grégoire, qui a dit comprendre la "colère légitime" des familles concernées.

Un phénomène que dénonce depuis 2021 le collectif SOS Périscolaire. "Nous avons réalisé que les faits de violence dans le périscolaire étaient systémiques à l’échelle nationale", confiait récemment à Aleteia Élisabeth Guthmann, la fondatrice. "Lorsque des signalements étaient déposés, il ne se passait rien, aucune mesure conservatoire n’était prise même pour les cas les plus graves."

À l’occasion de son premier Conseil de Paris, ce mardi 14 avril, le nouveau maire a assuré "avoir pris le sujet à bras-le-corps". Devant l'assemblée, la nouvelle directrice des affaires scolaires, Anne-Claire Boux, a présenté les "excuses" de l'exécutif aux familles concernées, avec lesquelles elle espère "retisser la confiance".

Un plan d’action de 20 millions d’euros

Le plan d'action d’Emmanuel Grégoire prévoit une simplification de la chaîne de signalement, avec une cellule d'écoute directement accessible. Il promet la "transparence totale" aux familles, en leur remettant "systématiquement" les résultats d’enquêtes administratives.

La Ville s'engage également à investir "massivement" dans la formation, en ouvrant une "école du périscolaire" pour professionnaliser la filière de l'animation, très précarisée. Un aspect que dénonçait le collectif SOS Périscolaire. "Cette fonction n’est pas considérée comme un métier. Le diplôme minimum demandé, c’est le Bafa, le Bafa, c’est huit jours de formation !", alertait Élisabeth Guthmann.

La Ville de Paris promet enfin le réaménagement d'espaces "sensibles", comme les toilettes, pour éviter qu'un adulte se retrouve seul avec un enfant. L’association Familles de France, mobilisée sur ce sujet, demande "la mise en place immédiate de personnels dédiés à l’hygiène et au change clairement identifiés" en augmentant le temps de travail des ATSEM, ainsi qu’ "une organisation garantissant qu’aucun agent ne se retrouve seul avec un enfant, ni en activité, ni au dortoir, ni dans aucun espace de l’école ou du centre de loisirs".

"Chaque violence sur enfant donnera lieu sans délai à une suspension conservatoire de l'agent concerné, et ces agents mis en cause ne pourront pas retravailler auprès d'enfants à la Ville de Paris", a prévenu le maire. Outre les mesures d'urgence, Emmanuel Grégoire lancera une "convention citoyenne sur les temps de l'enfant", dont les conclusions seront remises le 22 juin.

Des caméras dans les écoles ?

Le plan a été adopté au terme de vifs débats, l'opposition municipale réclamant des comptes à l'ancien adjoint d'Anne Hidalgo qu'elle accuse de "déni" sur les multiples dysfonctionnements qui ont conduit au scandale. "On ne peut pas faire table rase du passé. Tant que les responsabilités ne sont pas établies, nous continuerons à avancer à l'aveugle", a estimé Nelly Garnier (LR), du groupe d'opposition co-présidé par Grégory Canal et Rachida Dati, absente des débats. Le premier groupe d'opposition demande la mise en place d'une mission d'information et d'évaluation (MIE) et propose l'installation de caméras de vidéosurveillance à l'intérieur des plus de 620 écoles de la capitale. Une proposition que les collectifs de familles rejettent.

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