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Qui est le nouveau patriarche de l’Église Chaldéenne ?

Le nouveau patriarche chaldéen Mar Paul III Nona.

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Laura Marchais - avec I.Media - publié le 13/04/26
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Élu à Rome ce dimanche 12 avril par le Synode des évêques chaldéens, Mgr Emile Shimoun Nona, devenu Mar Paul III Nona, prend la tête de l'Église chaldéenne après la démission du cardinal Louis Raphaël Sako. Cet évêque irakien de 59 ans, dont le parcours a été façonné par les épreuves vécues à Mossoul et par son engagement auprès de la diaspora en Australie, est appelé à guider près de 600.000 fidèles à travers le monde, dans un contexte de défis majeurs pour l'Église orientale.

Réuni à Rome du 9 au 12 avril 2026, le Synode des évêques de l'Église chaldéenne a élu un nouveau patriarche ce dimanche, un mois après la démission du cardinal Louis Raphaël Sako. Selon le communiqué officiel de l'Église chaldéenne, le nouveau patriarche est Mgr Emile Shimoun Nona, 59 ans, qui a pris le nom de Mar Paul III Nona. Il prend la conduite d'une communauté comptant environ 600.000 fidèles dans le monde, majoritairement dans la diaspora.

Qui est Mgr Emile Shimoun Nona ?

Né en 1967 à Alqosh, en Irak, Mgr Emile Shimoun Nona témoigne d'une longue expérience pastorale. Ordonné prêtre en 1991 à Bagdad, il a d'abord exercé son ministère comme vicaire de 1993 à 1997, puis curé à Alqosh jusqu'en 2000, avant de poursuivre des études de théologie à Rome, à l'Université du Latran. Diplômé, il rentre en Irak en 2005.

Devenu vicaire général du diocèse d'Alqosh, il enseigne également l'anthropologie au Babel College à Erbil, au Kurdistan irakien. Il est nommé archevêque chaldéen de Mossoul le 13 novembre 2009 et ordonné évêque le 8 janvier 2010, succédant à Mgr Paulos Faraj Rahho, assassiné en 2008 après avoir été enlevé.

Son épiscopat dans cette grande ville du nord-ouest de l'Iran est profondément marqué par la violence, notamment dû à l'irruption de Daech dans la ville et la plaine de Ninive. En effet, en 2014, lors de la prise de la ville par Daech, la quasi-totalité des chrétiens sont contraints à l'exil. Cette épreuve s'inscrit durablement dans son parcours pastoral.

Depuis janvier 2015, il était archevêque-évêque des Chaldéens à Sydney, en Australie, au service d'une diaspora particulièrement nombreuse. Une expérience qui façonne aujourd'hui son regard sur une Église largement dispersée hors du Moyen-Orient.

Un patriarche tourné vers l'unité

Élu à Rome après trois jours de synode, Mar Paul III Nona a accepté sa mission en déclarant "accepter son élection conformément au droit canonique", exprimant "sa confiance en la grâce de Dieu".

Le nouveau patriarche a également affirmé son engagement "à exercer son ministère patriarcal avec fidélité et responsabilité, en pleine communion avec les Pères synodaux". Il a précisé que sa mission serait orientée "au service de l'unité et de la mission de l'Église chaldéenne, tant au Moyen-Orient que dans la diaspora", mettant en avant son expérience acquise à la fois en Irak et à l'étranger.

Conformément aux usages, le pape Léon XIV devrait lui accorder dans les prochains jours la "communion ecclésiastique", scellant officiellement son lien avec Rome. Dans son discours lors du Synode, le pape avait appelé à élire un patriarche "capable de porter le poids des difficultés avec réalisme". Il est probable, mais pas automatique, que Mar Paul III Nona devienne cardinal à l’avenir, possiblement après le 80e anniversaire de son prédécesseur le cardinal Sako, en juillet 2028.

"En ces temps difficiles, j’espère que la direction de l’Église catholique chaldéenne sera confiée à un patriarche doté d’une solide culture théologique, de courage et de sagesse : quelqu’un qui croit au renouveau, à l’ouverture et au dialogue, et qui possède aussi un sens de l’humour"

S'inscrire dans l'héritage du cardinal Sako

La question de l'influence du nouveau patriarche se pose naturellement au regard du pontificat de son prédécesseur. Pendant treize ans, le cardinal Sako a profondément marqué l'Église chaldéenne, affrontant des crises majeures telles que l'exil des chrétiens de la plaine de Ninive en 2014, tout en portant des signes d'espérance, comme la visite du pape François en 2021.

Le 10 mars 2026, Léon XIV avait accepté la renonciation du patriarche chaldéen Louis Raphaël Sako officiellement pour raison d'âge. Ce critère n'étant pas obligatoire dans la tradition des Églises orientales, la renonciation du cardinal irakien, en pleine guerre au Moyen-Orient, avait suscité la surprise. Elle était intervenue dans un contexte délicat, également marqué par l'arrestation de l'évêque chaldéen de San Diego, Mgr Emmanuel Hana Shaleta, accusé de détournement de fonds.

Dans un communiqué, le cardinal Sako a félicité son successeur et a réaffirmé son attitude de retrait. "Je le respecterai et n'interférerai jamais dans son travail". Durant cette période de transition, il était resté à Bagdad, ayant notamment subi une opération chirurgicale, selon Yako Elish, responsable d'une association de soutien aux chrétiens d'Irak.

En mars dernier, le cardinal exprimait aussi ses attentes. "En ces temps difficiles, j’espère que la direction de l’Église catholique chaldéenne sera confiée à un patriarche doté d’une solide culture théologique, de courage et de sagesse : quelqu’un qui croit au renouveau, à l’ouverture et au dialogue, et qui possède aussi un sens de l’humour".

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