Le pape Léon XIV a entamé ce lundi 13 avril 2026 sa visite en Algérie par une série de rencontres marquées par un appel fort à la réconciliation, au dialogue et à la vigilance face aux dérives du fondamentalisme. Cette première journée, centrée à Alger, a donné le ton d’un voyage placé sous le signe de la paix et de la fraternité.
Reçu dans la matinée au palais présidentiel par le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune, le Pape a ensuite participé à une rencontre officielle avec les autorités algériennes au Centre international de conférences Djamaa el Djazair. Dans son discours de bienvenue, le président algérien a notamment rendu hommage à l’héritage de saint Augustin et de l’émir Abdelkader (1808-1883), qu’il a présentés comme deux "phares" dont le monde peut encore s’inspirer face à "l’effritement des modèles moraux". Il a également salué "l’autorité morale" du Pape et loué en lui "le plus digne porteur du flambeau des valeurs humaines et spirituelles rassembleuses : celles de la liberté, du dialogue et de la coexistence pacifique".
"Nous sommes frères et sœurs, car nous avons le même Père dans les cieux", a assuré en réponse le Pape, venu en "pèlerin de paix". "Le profond sens religieux du peuple algérien est le secret d’une culture de la rencontre et de la réconciliation, de laquelle ma visite se veut également être un signe", a expliqué Léon XIV, régulièrement applaudi au fil de son intervention.
"Pèlerin de paix"
Le Pape a également insisté sur la dimension sociale de la religion, saluant la tradition de solidarité selon lui profondément ancrée dans la société algérienne. "Une religion sans compassion et une vie sociale sans solidarité sont un scandale aux yeux de Dieu", a-t-il insisté devant les 1.400 participants, en remarquant que "de nombreuses sociétés qui se croient avancées sombrent de plus en plus dans l’inégalité et l’exclusion".
Dans un contexte international tendu, Léon XIV a dénoncé les logiques de domination et les tentations de toute-puissance. "Les personnes et les organisations qui dominent sur les autres (…) détruisent le monde que le Très-Haut a créé pour que nous vivions ensemble", a-t-il averti, appelant à respecter la dignité de chaque peuple et à faire entendre la voix de toutes les nations face aux violations du droit international.
L'Église comme moteur du bien commun
Abordant les tensions entre religion et modernité, Léon XIV a mis en garde contre les dérives possibles dans les sociétés contemporaines. Il a évoqué deux risques opposés, celui du fondamentalisme et celui de la sécularisation, qui peuvent selon lui faire perdre le sens authentique de Dieu et de la dignité humaine.
"La société algérienne connaît elle aussi la tension entre le sens religieux et la vie moderne", a-t-il reconnu. "Ici, comme partout ailleurs dans le monde, des dynamiques opposées ont tendance à se manifester, celles du fondamentalisme ou de la sécularisation, qui font que beaucoup perdent le sens authentique de Dieu et de la dignité de toutes ses créatures", a expliqué Léon XIV.
Face à ces dérives, il a appelé à les affronter avec discernement et intelligence, soulignant que ces tensions ne doivent pas être une source de peur mais de réflexion. "Il faut éduquer au sens critique et à la liberté, à l’écoute et au dialogue", a insisté Léon XIV, appelant à reconnaître en l’autre "un compagnon de route, et non une menace".
Le pape Léon XIV a également évoqué la place de l’Église catholique en Algérie, en soulignant sa vocation à "contribuer au bien commun de l’Algérie, en renforçant son identité particulière de pont entre le Nord et le Sud, entre l’Orient et l’Occident". En Algérie, les estimations les plus couramment reprises situent le nombre de catholiques à quelques milliers de personnes seulement, souvent autour de 5.000 à 10.000 fidèles selon les sources et les années. Ils sont principalement composés d’expatriés (religieux, travailleurs étrangers, étudiants) et de quelques Algériens convertis. Dans un pays d’environ 45 millions d’habitants, ils représentent donc moins de 0,1 % de la population.










