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Dans cette société trépidante, il est facile de bâcler ses prières et méditations quotidiennes : on se pense "trop occupé" pour consacrer du temps à sa vie spirituelle, et on se contente donc de cocher cette case en s'en débarrassant au plus vite. À l’ère de l’instantané, quand les livraisons se font en quelques heures, les repas sont rapides, les réponses sont immédiates, tout doit se faire tout de suite… et cette logique finit par s’infiltrer jusque dans la vie intérieure.
Pourtant, une prière ou une méditation précipitée perd de sa profondeur. On ne sait plus ce que l’on dit, l’attention se disperse, et la prière perd son sens véritable. Au lieu de prier, on rabâche, on multiplie les paroles machinalement, sans sens ni attention, et sans prendre le temps d’interroger son intériorité. C’est une attitude de "païen" que Jésus condamne lorsqu'il enseigne à ses disciples comment prier véritablement (Mt 6,7).
Redécouvrir la lenteur
La clé d'une prière plus réfléchie et plus profonde est de prendre son temps et de laisser chaque parole s’enraciner en soi. Dans son ouvrage, Mon livre de prières, le père Francis Xavier Lasance (1860-1946) écrivait : "Il est également utile, lorsqu'on utilise les prières de notre livre de prières, de les lire lentement et avec attention, en réfléchissant concrètement à leur contenu, ou en s'arrêtant de temps à autre pour méditer un peu et appliquer les paroles de ces prières à nos propres besoins."
L’important n’est pas tant de "terminer" ses prières que de prier avec une dévotion sincère. Le psalmiste le rappelle : "Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé" (Ps 51,9).
L’ouverture du cœur
Ce qui compte pour le Seigneur, ce n’est pas un sacrifice ou une prière ritualisée, qui perd son sens pour la personne qui le fait, mais l’ouverture de cœur jusqu’au don de soi dans la prière. C’est dans ce sacrifice du cœur et cette vraie introspection que la relation à Dieu s’approfondit, et que la prière prend du sens.
De même, saint John Sergieff, écrivain orthodoxe du XIXe siècle, écrivait : "Priez lentement jusqu'à ce que chaque mot de vos prières résonne en vous. Oui, c'est une règle absolue. Priez lentement, en mettant de la force dans chaque mot. Prononcez chaque mot avec le cœur. Gardez à l'esprit qu'il vaut mieux dire cinq mots du plus profond de son cœur que dix mille mots prononcés seulement par la bouche."
Vous ne tarderez pas à ressentir les bienfaits de cette pratique. Une fois que vous aurez surmonté toute impatience, vous attendrez la prière avec impatience et apprécierez le temps passé dans une méditation lente et profonde.
Ainsi, la prochaine fois que vous prierez ou méditerez, faites-le lentement, en vous concentrant sur ce que vous dites et en offrant ce temps au Seigneur. C’est le chemin vers la paix du cœur, et ce temps spécial vous permettra de profiter chaque jour d'une parenthèse de calme loin de l'agitation du monde.









