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L’épeautre figure parmi les plantes les plus anciennes du Proche-Orient, nous en trouvons traces dès le 8e millénaire. Poussant à l’état sauvage dans la région du Croissant fertile, il fit progressivement l’objet de croisements et se trouve ainsi être très proche du blé génétiquement. Le blé sera également récolté à l’état sauvage, avant même d’être cultivé, notamment en Ethiopie et dans la vallée du Jourdain.
La Bible cite le blé parmi les trésors les plus nobles qu’Israël pouvait détenir (Dt 8,7-8) : "Le Seigneur ton Dieu te conduit vers un pays fertile : pays de rivières abondantes, de sources profondes jaillissant dans les vallées et les montagnes, pays de blé et d’orge…". Sans établir de hiérarchie stricte, les sources anciennes placent, en effet, en première position le blé, l’orge et l’épeautre, le millet venant après, le plus souvent en cas de disettes ou pour nourrir le bétail, ainsi que le relève le premier Livre des Rois (1R 5, 8) : "Quant à l’orge et au fourrage pour les chevaux et les attelages, chacun les apportait, sur ordre, là où séjournait le roi."
Afin de punir la faute d’Israël contre Dieu, le prophète Ezékiel rappelle la composition de sa seule nourriture (Ez 4,9) : "Prends du blé, de l’orge, des fèves, des lentilles, du millet et de l’épeautre : mets-les dans un même récipient ; tu t’en feras du pain. Tu en mangeras pendant les jours où tu seras couché sur le côté, soit 390 jours."
Graines de vie
Le blé désigne à la fois la plante herbacée annuelle appartenant au genre Triticum, mais aussi son grain en tant que tel, grain récolté sur les épis de la plante. Les grains du blé seront ensuite séparés des tiges de la plante, ces dernières servant à la paille pour l’alimentation des animaux ou de litière. Rappelons la fameuse parabole de Jésus quant à séparation du bon grain (le blé) et de l’ivraie ; cette dernière plante nuisible fut, en effet, dès lors associée au mal.
Soulignons, cependant, que l’image la plus récurrente du blé dans la Bible demeure celle d’un don de Dieu, ce qui explique que les grands prêtres du Temple réalisaient des offrandes de pain tel Melkisédek évoqué au Livre de la Genèse : "Melkisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était prêtre du Dieu très-haut. Il le bénit en disant : "Béni soit Abram par le Dieu très-haut, qui a créé le ciel et la terre ; et béni soit le Dieu très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains." (Gn 14, 18-19).
C'est le blé qui servira à l’institution de l’Eucharistie, au cours de laquelle Jésus affirmera ces paroles que nous recevons chaque dimanche : "Prenez, mangez : ceci est mon corps." (Mt 26,26)
Le blé, et dans une moindre mesure les autres céréales, avait une telle importance dans le quotidien des femmes et des hommes de la Bible que les instruments servant à leur récolte étaient interdits de confiscation ; par ailleurs, une mauvaise récolte était synonyme de malédiction divine, sans oublier le symbole de l’Eucharistie dont le blé est le principal élément. La fertilité d’un seul grain de blé qui peut donner lui-même jusqu’à 130 grains explique que cette plante ait figuré au pinacle des plantes de la Bible et soit le point de départ d’une des plus célèbres paraboles de Jésus sur le riche insensé : "Il y avait un homme riche, dont le domaine avait bien rapporté. Il se demandait : “Que vais-je faire ? Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.” Puis il se dit : “Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence. Mais Dieu lui dit : “Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?” Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu" (Lc 12,16-21).
Pain de la vie
Surtout, par le pain, les céréales de la Bible, et notamment le blé, demeureront au cœur même du Nouveau Testament notamment lorsque Jésus rappellera à ses disciples : "Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde." Ils lui dirent alors : "Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là." Jésus leur répondit : "Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif" (Jn 6, 32-35).
Enfin, dernier signe de l’importance du blé dans le récit biblique, et non des moindres : c’est cette céréale qui servira à l’institution de l’Eucharistie, au cours de laquelle Jésus affirmera ces paroles que nous recevons chaque dimanche : "Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : "Prenez, mangez : ceci est mon corps." (Mt 26,26)…









