Un cessez-le-feu temporaire dans la guerre en Ukraine a été décrété ce jeudi 9 avril par le président russe Vladimir Poutine pour la Pâques orthodoxe. Une trêve acceptée par Kiev, qui marquera une rare pause dans les combats du 11 au 12 avril. "Par décision du commandant suprême, (...) V. Poutine, en lien avec la prochaine fête orthodoxe de Pâques (la Résurrection du Christ), un cessez-le-feu est décrété à partir de 16H00 (13H00 GMT) le 11 avril jusqu'à la fin de la journée du 12 avril 2026", a écrit le Kremlin dans un communiqué.
Célébrée cette année les 11 et 12 avril, la Pâques orthodoxe constitue un moment central du calendrier religieux orthodoxe. Sa date est déterminée selon le calendrier julien, ce qui explique son décalage fréquent avec la Pâques célébrée par les chrétiens, fondée sur le calendrier grégorien.
Une initiative russe ?
L’état-major général russe "a reçu pour instructions de cesser les opérations de combat dans toutes les directions pour cette période", tout en précisant que les forces armées restaient en alerte afin de "contrer toute provocation éventuelle de l'ennemi". D’après le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par l’agence Tass, cette initiative de trêve n’a fait l’objet d’aucune concertation préalable avec Kiev ou Washington et ne s’inscrit pas dans le cadre des négociations en cours pour mettre fin au conflit. Moscou a ajouté, "Nous partons du principe que la partie ukrainienne suivra l'exemple de la Fédération de Russie".
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a rapidement réagi en affirmant que son pays était disposé à respecter cette pause exceptionnelle dans les hostilités, qu’il avait lui-même proposée auparavant. "L'Ukraine a fait savoir à plusieurs reprises que nous étions prêts à prendre des mesures réciproques. Nous avons proposé un cessez-le-feu cette année pendant les fêtes de Pâques et nous agirons en conséquence", a déclaré M. Zelensky sur les réseaux sociaux.
Plus tôt cette semaine, le dirigeant ukrainien avait indiqué avoir transmis, par l’intermédiaire des États-Unis, une proposition de trêve pour les fêtes pascales. Cette initiative intervenait alors que les discussions visant à mettre un terme à un conflit, qui dure depuis quatre ans, avaient été perturbées en raison de la situation au Moyen-Orient. Depuis le début de la guerre, plusieurs cessez-le-feu de courte durée ont été instaurés, mais Moscou et Kiev se sont à chaque reprise rapidement accusés mutuellement de ne pas les respecter.
Ralentissement des forces russes
Si les forces russes ont enregistré des gains territoriaux limités au prix de lourdes pertes, l’armée ukrainienne est récemment parvenue à repousser l’ennemi dans le sud-est du pays. De fait, d’après les analyses de l’Institute for the Study of War (ISW), la progression russe connaît un net ralentissement depuis la fin de l’année 2025. L’institut attribue ce ralentissement de l’armée russe sur les derniers mois aux contre-offensives ukrainiennes, mais aussi à "l'interdiction faite à la Russie d'utiliser les terminaux Starlink en Ukraine" et aux "efforts du Kremlin pour restreindre l'accès à Telegram".
En revanche, la situation reste plus critique pour Kiev dans le nord de la région de Donetsk, notamment en direction des villes stratégiques de Kramatorsk et Sloviansk. À l’est de cette dernière, les forces russes ont progressé sur une cinquantaine de km2 au cours du mois de mars. Quatre ans après le début du conflit, Moscou occupe désormais un peu plus de 19 % du territoire ukrainien, dont une large part conquise pendant les premières semaines du conflit. Ces derniers jours, l’Ukraine a intensifié ses opérations en visant un oléoduc russe en mer Baltique ainsi qu’un important terminal pétrolier en mer Noire, dans l’objectif d’assécher les ressources en hydrocarbures avec lesquelles la Russie finance son offensive en Ukraine.
Une guerre qui s’enlise
La guerre a déjà coûté la vie de centaines de milliers de personnes, ce qui en fait le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. De surcroît, des millions d’individus ont été contraints de fuir leur foyer. Malgré plusieurs cycles de négociations conduits sous l’égide des États-Unis, aucun rapprochement significatif en vue d’un accord n’a été observé entre les parties en conflit. Le processus diplomatique s’est même enlisé davantage à mesure que l’attention de Washington se tournait vers l’Iran.
Moscou continue de réclamer à Kiev des concessions à la fois territoriales et politiques, des exigences que le président ukrainien Volodymyr Zelensky refuse, les considérant comme une forme de capitulation. Dans ce contexte, le Vatican a multiplié les appels à une résolution pacifique du conflit. Le pape Léon XIV avait notamment évoqué le "peuple ukrainien torturé" et insisté sur l’urgence de parvenir à une issue négociée, affirmant que "La paix ne peut pas être remise à plus tard. […] C’est un besoin urgent qui doit trouver sa place dans les cœurs et se traduire par des décisions responsables”.









