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La Folie Céline Dion : les raisons d’un engouement hors norme

Céline Dion, Londres, 2019.

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Mathilde de Robien - publié le 10/04/26
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Depuis l’annonce des concerts parisiens de Céline Dion en septembre et octobre prochains, les fans de la chanteuse québécoise étaient en ébullition, prêts à passer des heures dans des files d’attente en ligne et à débourser des sommes folles.

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Céline Dion ou Céline-Dieu ? Les seize concerts de Céline Dion, qui se tiendront entre le 12 septembre et le 17 octobre 2026 à Paris la Défense Arena, ont généré près de neuf millions d’inscriptions pour les préventes. Un engouement sans précédent dans toute l’histoire de la scène musicale en France. Neuf millions de personnes ont ainsi espéré être tirées au sort pour assister au concert de la star québécoise. Mais la salle, où le public sera assis, ne contient que 30.000 places. Le nombre d’élus n’est donc que de 500.000 environ. On imagine aisément la frustration des quelque 8,5 millions de personnes en ce vendredi 10 avril où les dernières places étaient mises en vente.

Quand décrocher un billet tient du miracle

"Neuf millions d’inscrits pour un demi-million de places disponibles, ça fait près de 20 personnes par place. On n’avait clairement jamais vu ça", s’étonne Frédéric Longuépée, PDG de Paris la Défense Arena. À 10h30 ce vendredi, alors que la billetterie ouvrait à 10 heures, 1.621.885 personnes nous précédaient dans la file d’attente…

Les précieuses places ont été vendues en quatre jours, parfois à des prix complètement fous (jusqu’à 890 euros la place), en raison d'un "incident temporaire", selon la plateforme, qui a donné lieu à une tarification dynamique (les prix augmentent en fonction de la demande). À la machine à café, sur les boucles WhatsApp, sur les réseaux sociaux, la Folie Céline a donné lieu à de multiples discussions et spéculations. Il n’y a guère que dans les cours de récréation où les concerts de Céline Dion sont passés quasiment inaperçus. "Céline qui ?"

"La rareté du fait donnait prix à la chose"

Comment expliquer un tel succès ? Tout d’abord, de manière très mécanique, la rareté crée le désir. "La rareté du fait donnait prix à la chose", énonce Jean de la Fontaine dans sa fable Le milan, le roi et le chasseur. La forte demande, les difficultés à se connecter sur les sites dédiés, le système de tirage au sort… tout ceci a créé un sentiment d’urgence et le désir de tenter sa chance. Sans compter l’impact des annulations des concerts précédents, à cause de la pandémie puis de ses problèmes de santé, incitant à penser : "Cette fois, j’y vais !".

Les fans ne seraient-ils pas aussi touchés par la vulnérabilité de la star mondiale ? Admiratifs de sa résilience ? Céline Dion a annoncé en 2022 souffrir du "syndrome de la personne raide", ce qui donne à ses futurs concerts un caractère exceptionnel. "En temps normal, je n'aurais jamais pensé à aller la voir en concert, mais là, avec sa maladie, un concert était inespéré", confie Edwige, Parisienne de 26 ans faisant partie des heureux élus. "C'est incroyable qu'elle donne un concert, je ne sais pas si cela se reproduira de sitôt."

Une icône transgénérationnelle

Il n’en demeure pas moins que Céline Dion est une artiste qui réussit le tour de force de toucher plusieurs générations. "C'est une artiste iconique", souligne encore Edwige. "J’ai écouté ses chansons depuis que je suis jeune, elles rassemblent et restent intemporelles", précise la jeune femme en citant notamment My heart will go on, Pour que tu m'aimes encore et J’irai où tu iras. Anna, la trentaine, mariée et mère de trois enfants en région parisienne, a bénéficié de six places via le tirage au sort. "J’aime beaucoup Céline Dion depuis que je suis adolescente, je doute qu’elle revienne prochainement en France, je trouve donc formidable de pouvoir y aller !"

Ce qui compte pour les deux jeunes femmes ? La perspective de passer un bon moment. "Ce n’est absolument pas de l'idolâtrie", se défend Edwige. "Mais plutôt l'envie de passer un bon moment, marquant, et de pouvoir dire "je l'ai écoutée et vue en live"". "Je pense que ce sera un très beau moment à vivre où plusieurs générations pourront chanter en chœur", souligne quant à elle Anna.

Se faire une raison

Maintenant que les concerts affichent complets, il est temps, pour les 8,5 millions de personnes déçues, de se faire une raison. C’est le cas de Sixtine, quarantenaire Lyonnaise : "Je l'ai vue à Lyon en 2017 donc je ne suis pas déçue, d'autant plus que le prix des billets est fou", confie-t-elle. Un renoncement auquel saint Jean de la Croix, grand mystique espagnol du XVIe siècle, peut aider à accéder. "Nada per todo" ("le rien pour le tout"), disait-il, signifiant par là que le dépouillement et le détachement aux choses sont nécessaires pour atteindre la sainteté. "Pour arriver à goûter tout, ne désire avoir goût en rien" (La Montée du Carmel). Un dépouillement qui, pour saint Jean de la Croix, n’est pas une négation du monde extérieur, mais une manière de purifier son âme afin que Dieu (plutôt que Dion) y soit premier.

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