Comme chaque mercredi, Léon XIV a retrouvé les fidèles pour l’audience générale. Après avoir effectué un long tour en papamobile sur la place Saint-Pierre, bénissant de nombreux nourrissons, il a poursuivi ce mercredi 8 avril son cycle de catéchèses sur le Concile Vatican II. Reprenant sa lecture de la constitution dogmatique Lumen Gentium, proclamée par le pape Paul VI en 1964, il s’est arrêté sur les cinquième et sixième chapitres, consacrés à "la vocation universelle à la sainteté de tous les fidèles" et la "vie consacrée".
La sainteté n’est pas un privilège réservé à quelques-uns, mais un don qui engage chaque baptisé.
Dans un premier temps, le Pape a rappelé que la sainteté "n’est pas un privilège réservé à quelques-uns, mais un don qui engage chaque baptisé". Citant Paul VI, il a souligné que l’Église catholique désirait que "tous les baptisés soient des saints". Cette vocation universelle s’enracine dans la charité, présentée comme le cœur même de la sainteté, orientant toute la vie chrétienne vers Dieu et vers les autres.
Le "plus haut degré de sainteté", a souligné le pontife américano-péruvien, est le martyre ; tout fidèle doit donc être prêt à confesser sa foi "jusqu’à verser son sang, comme cela s’est toujours produit et se produit encore aujourd’hui". Mais cet engagement, a-t-il précisé, ne se limite pas à des situations extrêmes et se manifeste aussi dans la vie quotidienne par les "signes de foi et d’amour" que les chrétiens laissent dans la société "en s’engageant pour la justice".
La sainteté surgit ainsi "dans notre vie quotidienne chaque fois que nous l’accueillons avec joie et y répondons avec engagement", a-t-il poursuivi. Dans cette dynamique, les sacrements occupent une place essentielle, et en particulier l’Eucharistie, qui fait "croître une vie sainte" en "assimilant chaque personne au Christ", véritable modèle de toute sainteté.
Une Église “indéfectiblement sainte”
Le Pape a également expliqué pourquoi la constitution Lumen Gentium affirme que l’Église catholique est "indéfectiblement sainte", bien qu’elle ne le soit pas encore "pleinement et parfaitement". Cela signifie, a-t-il précisé, qu'elle est sanctifiée par Dieu tout en étant "appelée à confirmer ce don divin durant son pèlerinage vers la destination éternelle".
Dans cette perspective, Léon XIV a rappelé que la "triste réalité du péché dans l’Église, c’est-à-dire en chacun de nous" appelle tous les fidèles à entreprendre "un changement de vie sérieux". Il a insisté sur l’importance d’une "transformation intérieure" guidée par l’Esprit saint, décrite comme une "mission à accomplir jour après jour". La sainteté n’est donc "pas seulement une nature pratique, comme si elle pouvait se réduire à un engagement éthique, aussi grand soit-il" mais concerne "l’essence de la vie chrétienne".
La vie consacrée au cœur de l’appel universel à la sainteté
Abordant ensuite le sixième chapitre portant sur la vie consacrée, autrement dit le choix de vie des personnes qui se vouent à Dieu, Léon XIV a décrit celle-ci comme un "signe prophétique du monde nouveau". Il a assuré que les trois vertus qui structurent cette vocation, la pauvreté, la chasteté et l’obéissance, ne sont pas des "prescriptions qui enchaînent la liberté", mais des "dons libérateurs".
Ainsi, la pauvreté "exprime une confiance totale en la Providence", a assuré le Pape, en libérant celui qui l’a choisie "du calcul et de l’intérêt personnel" ; la chasteté est "un don d’un cœur entier et pur dans l’amour au service de Dieu et de l’Église" ; tandis que l’obéissance constitue un "modèle de don de soi" qui libère "de la suspicion et de la domination". Dès lors, les personnes consacrées "témoignent de la vocation universelle à la sainteté de toute l’Église".









