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Une escalade arrêtée in extremis. Après avoir convenu d'un cessez-le-feu de deux semaines en échange d’une réouverture du détroit d’Ormuz dans la nuit du 7 au 8 avril, les États-Unis et l’Iran revendiquent tous deux la victoire. Une trêve qu’Israël dit soutenir, estimant cependant qu’elle ne s’applique pas au Liban. Une annonce survenue une heure avant l'expiration du dernier d'une série d'ultimatums lancés à l'Iran par Donald Trump, qui menaçait d'éradiquer "une civilisation entière" si Téhéran n'ouvrait pas d'ici le 7 avril, 20h (heure de Washington), ce passage maritime stratégique où transitait, avant la guerre, 20% du brut mondial.
Pourparlers à venir
"[C'est] une victoire totale et complète. Il n’y a aucun doute là-dessus", a déclaré Donald Trump peu après l’annonce de la trêve. Affirmant que la question de l’uranium iranien serait "parfaitement réglée", il ne s’est pas prononcé sur de nouvelles menaces potentielles de destruction des centrales électriques et de ponts iraniens, si l’accord venait à échouer. De son côté, le Conseil suprême de la sécurité iranien a proclamé que "l’Iran a remporté une grande victoire" estimant que "l’ennemi avait subi une défaite indéniable, historique et écrasante".
Les autorités iraniennes ont indiqué le 8 avril que des pourparlers se dérouleront à partir du 10 avril avec Washington au Pakistan, médiateur clé dans la guerre au Moyen-Orient. Le sultanat d'Oman, autre médiateur des négociations entre l'Iran et les États-Unis a appelé à "intensifier" les efforts en vue d'un "arrêt durable de l’état de guerre" dans la région. Quelques minutes après l’annonce de la trêve, la Maison Blanche a indiqué envisager des "discussions en personne" avec les Iraniens. Signe de la fragilité de l'accord, deux personnes ont été blessées à Bahreïn après une attaque de drone iranienne, selon les autorités, intervenue quelques heures après l'entrée en vigueur de la trêve.
Le détroit d'Ormuz surveillé
De leur côté, les dirigeants iraniens ont confirmé qu'ils acceptaient de rouvrir "pendant une période de deux semaines" le détroit d'Ormuz "si les attaques contre l'Iran cessent". Selon un communiqué en persan diffusé par les médias iraniens le 8 avril, l'armée iranienne "surveillera" le "passage quotidien limité des navires" dans le détroit pendant le cessez-le-feu.
"L'Iran engagera, pendant une période de deux semaines (...), des négociations avec la partie américaine à Islamabad", a ajouté le Conseil suprême de la sécurité nationale dans une déclaration, précisant que "cela ne signifie pas la fin de la guerre" et que cette durée pourrait être prolongée "en accord avec les deux parties". Les marchés du pétrole et du gaz ont salué la nouvelle, mais le retour à la normale de l'approvisionnement en kérosène du secteur aérien prendra "plusieurs mois", a averti l’Association du transport aérien international.
Frappes au Liban
Malgré l’annonce du Premier ministre pakistanais publié sur X déclarant que "l'Iran et les États-Unis, ainsi que leurs alliés, ont accepté un cessez-le-feu immédiat partout, y compris au Liban et ailleurs, AVEC EFFET IMMEDIAT", Israël a assuré que cet accord "n'incluait pas le Liban". Une annonce confirmée par de nouvelles frappes israéliennes menées le 8 avril au matin sur le sud du Liban. Pour rappel, huit personnes ont été tuées lors d’une attaque à Saïda survenue peu avant l’annonce du cessez-le-feu, portant le bilan total à 1 500 morts.
Le chef de l'opposition israélienne, Yair Lapid, a qualifié de "désastre politique" le cessez-le-feu, accusant le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, d'avoir échoué à atteindre les objectifs de la guerre. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a lui salué le cessez-le-feu et enjoint les parties à "une paix durable" dans la région. L'Irak a aussi appelé à lancer "des voies de dialogue sérieuses et durables".
Avant son Conseil de défense convoqué le 8 avril au matin, Emmanuel Macron a salué l’accord de cessez-le-feu et déclaré qu’il souhaitait inclure "pleinement" le Liban dans la trêve, assurant que la situation reste "critique". Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a quant à lui jugé "inacceptable" sur X qu’Israël poursuive les combats au Liban, après la trêve. De son côté, le Premier ministre britannique Keir Starmer a salué l’accord estimant qu’il "apportera un moment de répit à la région et au monde". L’Ukraine, la Chine ou encore l’Indonésie ont également exprimé leur satisfaction suite à l’annonce de la trêve.
"Satisfaction" et appel à la "prière" de Léon XIV
Après l’expression de sa vive inquiétude à la veille de l'expiration de l’ultimatum posé par Donald Trump à l’Iran, Léon XIV a exprimé lors de l’audience générale du 8 avril sa "satisfaction" après l’annonce de la trêve. Il a invité les fidèles à s’unir à lui lors de la veillée de prière pour la paix qu’il célébrera dans la basilique Saint-Pierre le 11 avril, afin d’accompagner spirituellement ce "temps de travail diplomatique délicat".
"À la suite de ces dernières heures de grande tension pour le Moyen-Orient et pour le monde entier, j’accueille avec satisfaction et comme signe de grande espérance l’annonce d’une trêve immédiate de deux semaines", a-t-il affirmé à la fin de l’audience générale. Sans citer aucune partie, il a assuré que seul "un retour à la négociation" pourrait permettre d’envisager la fin de la guerre.










