Les catholiques du diocèse de Loikaw, en Birmanie, ont retrouvé leur cathédrale. Depuis 2023, l'édifice était réquisitionné par la junte birmane, qui l'utilisait comme une base militaire dans sa lutte contre les Forces de défense populaires. À l'occasion de Pâques, en ce début du mois d'avril, les fidèles ont pu réintégrer ces lieux sacrés afin d'y fêter la Résurrection du Christ, selon l'agence Fides.
"Célébrer Pâques dans la cathédrale est un motif de grande joie et d'espérance", a ainsi déclaré Mgr Celso Ba Shwe, évêque des lieux, à Fides. "Nous célébrons le passage des ténèbres à la lumière, nous demanderons à Dieu un temps de paix et de réconciliation. Le message de Pâques est que la lumière vainc les ténèbres, que la vie est plus forte que la mort, que l’amour triomphe de la haine. Ainsi, la paix est possible", affirme-t-il encore. Ce dernier avait été contraint, avec ses fidèles et ses prêtres, de fuir les lieux et de se réfugier dans la forêt, y construisant même une église en bambou pour continuer à vivre leur foi. Cette occupation intervenait dans un contexte d'intensification des combats entre l'armée birmane et les rebelles, chacun cherchant à prendre le contrôle de la ville de Loikaw située dans l'État de Kayah au nord du pays. Deux prêtres ont désormais repris possession de la cathédrale du Christ-Roi de Loikaw, indique l'agence Fides, la rendant de nouveau accessible. Le diocèse de Loikaw comporte une forte présence chrétienne, et au moins 41 de ses paroisses ont été concernées par ces dégradations, certaines même entièrement détruites. Malgré la dispersion des fidèles en quête d'abris, les prêtres et les évêques ont continué de rendre possible la pratique des sacrements, parfois dans des circonstances extrêmement difficiles.
Cinq ans du coup d'État
Plusieurs autres États ont vu leurs lieux de culte chrétiens détruits ou profanés. L'armée birmane a ainsi bombardé en février 2025 la cathédrale du Sacré-Cœur de Jésus à Mindat, une localité de l'État Chin (nord-ouest de la Birmanie). Un mois plus tard, la cathédrale Saint-Patrick de Banmaw, ville de l'État Kachin situé au nord de la Birmanie, était visée par un incendie volontaire de la junte.
La Birmanie reste plongée dans une grave crise politique et humanitaire depuis le coup d’État de 2021, avec des combats persistants entre la junte militaire et des groupes de résistance, provoquant des millions de déplacés et de nombreuses victimes civiles. Plus de 3,5 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays. Les catholiques, environ 700.000 dans le pays soit à peine 1% de la population, subissent des attaques répétées sur leurs lieux de culte et dans leurs villages. Le pape Léon XIV a lancé à plusieurs reprises des appels publics en faveur d’un cessez‑le‑feu immédiat en Birmanie et d’un dialogue, priant spécialement pour la paix dans les zones affectées par le conflit et exprimant sa profonde préoccupation pour les populations civiles et leur souffrance. Il a notamment demandé que les "instruments de la guerre cèdent la place à ceux de la paix" et que toutes les parties trouvent un chemin vers une réconciliation durable.









