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La fête de Pâques sous tension au Moyen-Orient

La fête de Pâques sous tension au Moyen-Orient

Des chrétiens palestiniens à l’église de la Sainte Famille dans le quartier de Zeitoun à Gaza, le 4 avril 2026.

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Anna Ashkova - avec AFP - publié le 05/04/26
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Les célébrations de Pâques se sont déroulé dans un climat de fortes tensions au Moyen-Orient ce 5 avril. De Jérusalem à Gaza, du Liban à l'Irak, en passant par l'Iran et les pays du Golfe, les chrétiens vivent la fête de la résurrection du Christ dans un contexte marqué par la peur et l’incertitude.

La fête de Pâques a un goût amer pour les chrétiens du Moyen-Orient ce 5 avril. Dans une région ravagée par la guerre, les missiles, les déplacements de population et des restrictions qui, dans certains cas, affectent même les lieux de culte, la fête de la résurrection s’est déroulée sous haute tension, dans un climat marqué par les bombardements, l'insécurité, le deuil et une profonde incertitude.

À Jérusalem, une Pâques sous haute sécurité

Dans les ruelles habituellement animées de la Vieille Ville de Jérusalem, le silence domine ce dimanche matin à l'occasion de Pâques, une fête majeure pour les chrétiens, assombrie cette année par la guerre et des restrictions d'accès strictes au Saint-Sépulcre. Aux abords de la basilique, construite selon la tradition sur le site où les chrétiens situent l'épisode de la crucifixion, sa mise au tombeau et sa résurrection, des barrages de la police israélienne filtrent les rares fidèles autorisés à s'approcher. Les commerces sont tous fermés. À l'aube, seules quelques silhouettes traversent les pavés encore humides.

"Joyeuses Pâques", a lancé en italien vers 07 h 30 le patriarche de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, en entrant dans le Saint-Sépulcre, entouré d'un petit groupe de religieux. À l'extérieur, quelques fidèles tentaient d'accéder au sanctuaire, maintenus à distance. La sécurité était renforcée dans les ruelles étroites de l'ancienne ville fortifiée, sacrée pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, et située à Jérusalem-Est, partie palestinienne occupée par Israël depuis 1967 puis annexée.

Nous comprenons les mesures de sécurité. Mais on constate de plus en plus qu'elles ne sont pas appliquées de manière uniforme.

"Comment pouvez-vous me dire que je ne peux pas aller à l'église ? C'est inacceptable", s'est indigné un catholique venu de Tel-Aviv, habitué à ce rendez-vous annuel. Les autorités israéliennes invoquent des impératifs de sécurité dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par une offensive israélo-américaine contre l'Iran. Pour de nombreux fidèles, ces mesures vident la célébration de sa substance. "C'est très difficile pour nous tous, car c'est notre fête (...) C'est vraiment très dur de vouloir prier, de venir ici et de ne rien trouver. Tout est fermé", déplore, les larmes aux yeux, Christina Toderas, 44 ans, venue de Roumanie. Comme beaucoup d'autres croyants, elle se résignera à suivre la messe à la télévision. "Nous comprenons les mesures de sécurité", reconnaît le père Bernard Poggi. "Mais on constate de plus en plus qu'elles ne sont pas appliquées de manière uniforme."

Syrie, Liban et Dubaï… des célébrations bouleversées

En Syrie, après une explosion de violence à caractère confessionnel survenue dans la nuit du 27 au 28 mars contre des localités chrétiennes comme Al-Suqaylabiyah, les autorités chrétiennes – catholique, orthodoxe, grecque orthodoxe et syriaque orthodoxe – ont décidé d’annuler toutes les festivités de Pâques dans l’espace public cette année. Toutes les célébrations ont eu lieu à l’intérieur des églises, et non à l’extérieur comme c’est le cas habituellement.

Au Liban, la guerre a frappé le sud du pays de plein fouet, bouleversant le quotidien de communautés entières. Sept personnes, dont six membres d'une même famille, ont été tuées dans une frappe israélienne dimanche à Kfar Hatta, localité située à plus de 40 km de la frontière avec Israël. À Tyr, au Sud-Liban, les chrétiens ont célébré Pâques dans une cité largement désertée, sous la menace constante d'une offensive israélienne, comme le rapporte France 24

À Dubaï, des messes ont été annulées à partir du vendredi 3 avril et jusqu'à nouvel ordre, "suite aux directives du gouvernement" à cause du conflit au Moyen-Orient, comme l’ont annoncé les deux Églises catholiques de l'émirat sur leurs sites internet. L'Église Sainte-Marie a même décidé de fermer complètement ses portes, et les fidèles ont été invités à suivre les célébrations en ligne.

Entre églises fermées, villes désertées et fidèles empêchés de se rassembler, la fête de la résurrection a pris un visage inédit, marqué par la peur, le deuil et l’incertitude. Pour de nombreuses communautés chrétiennes du Moyen-Orient, cette Pâques restera comme celle d’une foi vécue dans l’épreuve, loin des foules et des traditions qui font habituellement sa force.

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