Si elle prend toujours autant de plaisir à jouer au basket dès qu'elle le peut, son "uniforme" est différent de celui qu’elle portait lorsqu’elle s’appelait Sarah Schulze. Aujourd'hui, elle est sœur M. Xavier Schulze. Âgée de 36 ans, elle est enseignante au collège et au lycée et aumônière du lycée catholique St. Cecilia à Hastings, dans le Nebraska, aux États-Unis. Ce changement d'identité, survenu à l'université, a marqué le début d'une décennie de discernement, de formation religieuse et de préparation, qui ont mené cette native de l'Ohio rural, mesurant 1,85 m, chez les sœurs de Saint-François du Martyr Saint-Georges en août 2013 à Alton, dans l'Illinois.
Une vocation née d’un livre de Mère Teresa
Sœur M. Xavier Schulze est cadette d'une famille de trois enfants élevés dans la foi catholique sur la ferme familiale de 11 hectares dans le comté de Shelby, où vivaient des bœufs, des chèvres et des moutons. À l’adolescence, elle ne jurait que par le sport et a même remporté des titres individuels d'État en athlétisme (800 mètres). Mais ce qu’elle désirait par-dessus tout, c’était de devenir une joueuse de basket professionnelle, jusqu’à ce qu'une grave blessure au genou ne provoque un changement de vie radical. Contrainte d'abandonner le sport, elle s'est tournée vers la foi pour trouver un sens et un équilibre dans son existence. En deuxième année de l’université, elle a découvert le livre Viens, sois ma lumière de Mère Teresa. C’est alors qu’une évidence s’est imposée à elle : elle allait devenir religieuse.

"J’étais profondément convaincue qu’il existe une vérité et que cette vérité est une personne qui avait un plan pour moi ; un plan qui exprime la volonté de Dieu de la manière la plus fondamentale à travers son Église", confie-t-elle à l’édition américaine d’Aleteia. Et d’ajouter : "Je vois toujours le discernement vocationnel comme une histoire d'amour personnelle avec Jésus. Nous ne créons pas notre vocation, et nous n'avons pas à la chercher à l'extérieur de nous. L'appel vient de l'intérieur. Nous entendons sa douce voix nous parler au plus profond de notre cœur, dans les désirs les plus intimes de notre être." Après un long cheminement, elle a prononcé ses vœux perpétuels le 2 août 2022.
Le basket, un terrain d’entraînement pour la vie religieuse
Avec une réflexion que le pape Léon aurait certainement appréciée, sœur Xavier confie : "Je pense sincèrement que le sport a posé les fondements d’une vie adulte vertueuse". Des vertus apprises grâce au sport, comme la ténacité et la recherche de l’excellence, qui l’aident dans sa vie de religieuse. "Abandonner n’a jamais été une option pour moi et il en va de même dans ma quête de la sainteté", précise-t-elle. Quant à l’excellence, elle la compare au plaisir qu’elle procure "à perfectionner même les gestes techniques les plus simples au basket, ceux qu’on n’utilise jamais sur le terrain".

Elle développe : "Il y a quelque chose de beau dans tout ce qui est fait à la perfection, et mes nombreuses heures de pratique répétée se répercutent positivement sur mon travail et ma vie communautaire. Même pour des choses simples comme faire la vaisselle ou dresser la table, il m'est facile d'être attentive aux détails, car j'ai cultivé cette attention toute ma vie dans le sport." La religieuse estime que même si elle n’a pas fait carrière dans le basketball, ce sport l'a préparée à la vie communautaire, lui apprenant "non seulement à diriger, mais aussi à suivre et à travailler aux côtés" de ses "coéquipières".
Aujourd'hui, sur le terrain de basket comme dans sa vie religieuse, sœur M. Xavier trouve la même joie et le même sens du dépassement qu’à l’époque de son adolescence. Si l’uniforme a changé, la passion et la discipline demeurent.












