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Pourquoi Jésus a ressuscité dans la discrétion ?

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Jean-Michel Castaing - publié le 04/04/26
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Depuis qu’il est revenu du séjour des morts en ressuscitant, Jésus désire habiter nos cœurs. Sa volonté de venir s’établir dans notre intériorité explique l’absence de tapage autour de sa victoire sur la mort. 

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Depuis le péché originel, l’homme traîne un atavisme de violence dont il est incapable de se défaire. La mort de Jésus sur la croix en est la révélation éclatante. C’est au nom de Dieu que les hommes ont mis Jésus, l’humble et doux Agneau, à mort ! Si une telle absurdité a été possible, c’est parce que les hommes ont projeté sur Dieu leur propre violence : à leurs yeux, Dieu devait se montrer violent comme eux et agréer la mise à mort du Juste comme un sacrifice qui Lui serait agréable ! Quel contresens ! 

Jésus, en tant que Sauveur, a assumé la tâche de nous délivrer de cette terrible méprise au sujet de son Père. Il accomplit ce travail à sa manière durant son ministère public : avec sagesse et douceur, en paroles mais aussi en actes. Cependant, c’est surtout l’événement de sa résurrection qui a apporté le démenti le plus incontestable à la violence que les hommes voulaient voir Dieu endosser. Mais avant de repérer les signes que le Ressuscité nous a donnés pour nous détromper à ce sujet, un petit détour par les tentations que Jésus a rencontrées au Calvaire, est nécessaire. Car les hommes ont désiré l’entraîner dans leur méprise.    

Dieu veut nous débarrasser des idoles que nous prenons pour Lui

Les hommes du temps de Jésus tenaient tant à cette violence sacrale qu’ils ont tenté le fils de Marie sur ce terrain : "S’il est Dieu comme son Père, ainsi qu’il l’affirme, et si son Père est Dieu, alors qu’il descende de la Croix ! Ou bien, que son Père envoie des légions d’anges pour le défendre contre ses ennemis ! Que Dieu le délivre de leurs mains et les terrasse de sa puissance !" Ainsi parlaient les tentateurs du Crucifié. Or, Dieu n’en fit rien. Car Il est non-violent. En ne se prêtant pas au jeu du plus fort, en ne répondant à la tentation d’user de la force, Jésus et son Père voulaient dessiller les yeux des hommes au sujet de l’idole violente qu’ils prenaient pour Dieu. Non, Dieu ne prendrait pas les armes pour défendre son Fils. Il se contentera de ressusciter Jésus dans le plus grand silence. À tel point que nul ne sera témoin de l’événement. Mais pourquoi avoir choisi un tel scénario pour sa victoire — victoire ô combien décisive, pourtant, puisqu’elle partagera l’histoire en deux ?

Dieu n’a que faire des apparences de grandeur

Parce que Dieu est Dieu : Il est vainqueur à sa manière, et cette manière n’est pas celle des hommes. Jésus est vainqueur en pardonnant aux hommes et à ses disciples qui s’étaient carapatés lors de la Passion. Il est vainqueur en restant non-violent et en ressuscitant sans tambour ni trompette. Une démonstration de puissance extérieure aurait déparé sa douceur et son humilité — le Ressuscité étant resté le même que Jésus de Nazareth, le même que l’auteur des Béatitudes, le même que le Crucifié. 

Dieu n’est pas jaloux non plus de nos réussites : Il n’a pas besoin de nous en mettre plein les yeux pour l’emporter sur nous car nos vraies réussites sont aussi les siennes. Dieu se réjouit avec les hommes quand ceux-ci gagnent sur la mort et l’échec. Il n’est ni notre concurrent ni obsédé par la première place. 

Pourquoi cet incognito ?

Mais est-ce la seule raison de la furtivité des apparitions du Ressuscité, aussi subites qu’aussitôt évanouies ? Pourquoi cet incognito du Ressuscité avec les pèlerins d’Emmaüs, ces reconnaissances de la part des hommes aussitôt suivies de sa disparition ? Là encore, là toujours, Dieu est Dieu. Il n’a que faire d’occuper l’espace, le pouvoir, la puissance, l’éclat et la pompe de notre superbe. Vis-à-vis de nous, Il n’a aucune revanche à prendre. Dieu, en Jésus, nous a pardonnés sur la Croix. S’il nous a vaincus, c’est uniquement sur le terrain de l’amour. Et s’Il se montre si discret à Pâques, n’est-ce pas parce qu’Il habite "une voix de fin silence" (1R 19, 12) ainsi qu’Il se révèle à Élie sur le mont Horeb, et non le vent puissant, le tremblement de terre et le feu ? 

Le seul signe auquel on reconnaîtra désormais la présence sur cette terre du Ressuscité, ce sera la douceur que nous montrerons les uns pour les autres — signe elle-même de notre amour.

Cependant, il existe une autre raison à une telle discrétion de Sa part à la Résurrection. Une seule chose est capable de résister à Dieu : notre cœur et notre liberté. Or, c’est dans notre cœur que Dieu-Trinité (le Père, le Fils et l’Esprit) veut établir sa demeure. C’est là qu’Il désire habiter. Et c’est ce désir qui donne la clé des modalités déconcertantes des apparitions du Ressuscité. 

Le Ressuscité veut habiter nos cœurs

Dieu nourrit le dessein de nous ressusciter avec un cœur nouveau, un cœur de chair, un cœur capable de pardonner comme Lui, un cœur miséricordieux comme le fut celui de Jésus sur la Croix. Dieu veut que nous abandonnions nos idoles que nous prenons faussement pour Lui. Et pour cela, pour donner un cœur nouveau, il lui faut habiter chez nous, dans nos cœurs. C’est dans notre cœur et notre esprit que nous accomplirons, avec l’aide de Jésus et de son Esprit, la conversion de nos idoles, irréelles mais néfastes, en la vérité de Dieu. Alors, nous pourrons Le prier et L’aimer comme Il le mérite car nous Le connaîtrons réellement. En effet, on ne peut aimer une chimère bien longtemps, surtout si elle est détestable. 

Le Ressuscité a élu domicile dans nos cœurs, ce lieu qu’Il n’arrivait plus à habiter depuis que la violence avait gagné nos esprits et nos corps. Or, pour élire domicile dans un tel habitat, point n’est besoin de montrer sa puissance et de faire grand tapage. Le seul signe auquel on reconnaîtra désormais la présence sur cette terre du Ressuscité, ce sera la douceur que nous montrerons les uns pour les autres — signe elle-même de notre amour. C’est à ce signe pascal que nous saurons que Jésus s’est invité chez nous. Dans nos cœurs changés et convertis, nous discernerons le signe du désir qu’avait Jésus de venir les habiter. Et la Résurrection lui est événement propice pour cela, en lui permettant de briser tous les murs, qu’ils soient de pierre ou de chair — mais toujours en respectant notre liberté. 

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