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Les Bretons espèrent que Léon XIV leur accordera un nouveau lieu de pèlerinage

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Bérengère de Portzamparc - publié le 04/04/26
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L'église Saint-Méen de Cancale pourrait devenir la basilique Sainte-Jeanne-Jugan d'ici 2028. C'est en tout cas la démarche en cours, avec la constitution d'un dossier spécifique que l’archevêque de Rennes enverra à Rome, suite à l'accord des évêques de France, réunis en Assemble plénière à Lourdes fin mars.

Une quatrième basilique dans le diocèse de Rennes ? Le projet est en bonne voie. Portée par le diocèse de Rennes, les Petites Sœurs des Pauvres et soutenue par la municipalité, cette initiative a récemment reçu l’accord des évêques de France réunis à Lourdes fin mars. L’église Saint-Méen de Cancale pourrait ainsi être élevée au rang de basilique et prendre le nom de Basilique Sainte-Jeanne-Jugan. Une procédure officielle est désormais engagée pour concrétiser cette reconnaissance, menée par une équipe de bénévoles très investis, aux côtés du curé, le frère Thibault du Pontavice.

Dans un premier temps, l’équipe dédiée a constitué un premier dossier pour rappeler la vie et l'œuvre de la sainte bretonne mais également l’attachement des paroissiens à cette figure locale. C’est ainsi qu’on la retrouve un peu partout dans l’église paroissiale actuelle: vitrail, chapelle, relique, et mémoire liturgique. Cette église n’est cependant pas celle que Jeanne a connue. L'ancienne église Saint-Méen, où Jeanne avait été baptisée, était devenue trop exiguë et a été désaffectée (elle est devenue un musée). La nouvelle église Saint-Méen a été construite en plusieurs étapes entre 1876 et 1898, quelques années après la mort de Jeanne Jugan dans un relatif anonymat en 1879.

Jeanne Jugan
Statue de sainte Jeanne Jugan.

Sa figure est cependant bel et bien vivante et nombreux sont les événements organisés autour de la sainte pendant l’année liturgique: pèlerinages, rencontres, conférences. De son côté, la mairie, propriétaire de l’édifice, accompagne aussi la démarche puisqu’en février 2026, pour honorer la Cancalaise la plus illustre de la ville et lever l’ambiguïté entre les deux églises (l’ancienne, désaffectée, et la paroissiale actuelle, qui portaient toutes deux le nom de Saint-Méen), la municipalité de Cancale a voté le changement du nom d’usage de l’église paroissiale. Celle-ci apparaît désormais dans les plans et la signalétique urbaine sous le nom d’église Sainte-Jeanne-Jugan (même si d’un point de vue canonique, elle demeure église Saint-Méen).

D’église à basilique, encore un peu de patience  

Mais pour passer d’église paroissiale à basilique, il y a encore quelques aménagements à faire. Ainsi pour répondre aux exigences romaines liées au titre de sanctuaire et, à terme, de basilique mineure, de grands travaux sont programmés dans l’église de Cancale et ses abords. Ils visent d’abord à mettre davantage en lumière la figure de sainte Jeanne Jugan : aménagement d’un espace liturgique et dévotionnel clairement identifiable, création de parcours dans l’église permettant de découvrir sa vie, sa spiritualité et l’actualité de son message, intégration d’outils pédagogiques adaptés aux pèlerins, aux familles et aux groupes. "L’objectif est que chaque visiteur puisse entrer dans une démarche de prière et de conversion, selon la finalité propre d’un sanctuaire", explique à Aleteia le curé des lieux. Parallèlement, un projet de construction d’une grande salle de rencontre dans les bâtiments du presbytère, situé à côté de l’église, est sur le point de se concrétiser. Elle offrira l’infrastructure nécessaire pour les récollections, les sessions intergénérationnelles et les rencontres avec les Petites Sœurs des Pauvres. 

Un haut lieu de passage

Si la ville de Cancale compte un peu plus de 5.500 habitants à l’année, en plein été, le nombre de personnes présentes dans la ville peut atteindre jusqu’à sept fois cette population permanente ! Vacanciers en séjour, visiteurs d’un jour, cette ville côtière est très prisée des touristes français comme étrangers, attirés par le port, les sentiers littoraux et les vues sur la baie du Mont‑Saint‑Michel. Y avoir une basilique avec des lieux d’accueils dédiés semble donc un atout, "surtout avec le message de Jeanne Jugan, qui a consacré sa personne au service des plus pauvres et à la fin de vie". "En dotant Cancale d’un tel lieu, l’Église répond à l’appel des papes à ne pas laisser la vulnérabilité humaine sans réponse spirituelle", ajoute ainsi le dossier initial du projet de transformation, qui va devoir encore être étoffé d’une centaine de pages avant d’être envoyé à Rome, "seulement quand les travaux d'aménagements seront terminés". La paroisse se donne ainsi un an pour mener à bien le chantier. Ensuite, une fois le dossier définitif envoyé à Rome, il faudra encore attendre une petite année pour recevoir l'autorisation de devenir un lieu de sanctuaire. Encore un peu de patience pour les Bretons donc, mais ils sauront certainement garder le cap et leur ténacité d’ici là, pour continuer à prier leur sainte locale. 

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