Alors que les chrétiens du monde entier se préparent à célébrer Pâques, en participant aux offices dédiés, les chrétiens du Nigeria doivent faire preuve de prudence et de courage pour célébrer la Résurrection. Certains diocèses du pays ont annoncé avoir modifié les horaires de la Veillée pascale pour plus de sécurité.
Alors que les chrétiens du monde entier sont entrés dans le Tridum pascal et se rendent aux offices dédiés, organisés chaque année par leurs paroisses, les chrétiens du Nigeria vont devoir adapter leurs habitudes de prières en raison de l'insécurité grandissante. Plusieurs diocèses du pays ont pris la décision d’avancer la Veillée Pascale à 17 heures, lorsqu'il fait encore jour, afin de prendre moins de risques pour les paroissiens présents. "Compte tenu de la réalité de notre époque, en particulier de l'insécurité qui règne dans notre pays et notre État, et par souci de prudence et de sensibilité pastorale, Mgr Jude Arogundade (diocèse d’Ondo) a décidé que la veillée pascale dans toutes les paroisses et communautés du diocèse débuterait cette année à 17 heures précises", indique ainsi un message adressé aux fidèles, signé par le chancelier diocésain, le frère Michaël Eniayeju. Ces derniers sont par ailleurs invités "à rester fermes dans la foi chrétienne en la résurrection de notre Seigneur, que la veillée pascale célèbre solennellement", et à veiller à ce que "la sécurité soit une préoccupation pour tous". "Toutes les paroisses et toutes les communautés sont invitées à renforcer les mesures de sécurité, et prions sans cesse pour la paix et la protection de notre terre", conclut le message.
Drame du Dimanche des Rameaux
C’est ainsi qu’à l'approche des célébrations de Pâques, l'inquiétude grandit au Nigeria face aux attaques djihadistes contre les communautés chrétiennes. Pour rappel, lors du dimanche des Rameaux, le 29 mars, au moins 27 personnes ont été tuées lors d’une attaque contre la communauté d’Angwan Rukuba, dans le district de Jos North, dans l’État du Plateau (centre du Nigeria). Les assaillants, qui portaient des uniformes militaires de camouflage et se déplaçaient à moto, ont fait irruption vers 19 h 30, tirant sans discernement sur la population. L’attaque a été unanimement condamnée par les chefs de toutes les confessions religieuses. Notamment par la Jama'atu Nasril Islam (JNI) , l'organisation qui regroupe les différents groupes de fidèles musulmans du Nigeria, qui a condamné fermement cette attaque, la qualifiant de "barbare, insensée et inacceptable". Tout comme la CAN (Christian Association of Nigeria), qui regroupe les différentes confessions chrétiennes du Nigeria, et qui a déclaré être "en deuil et attristée".
Pour mémoire, la Constitution nigériane est laïque et garantit la liberté religieuse. Mais en pratique, douze États du Nord ont adopté la charia qui discrimine les chrétiens, tandis que perdure une violence inouïe et multifactorielle que les autorités ne parviennent pas à maîtriser. Selon l’Index Mondial de Persécution 2026, publié par l'ONG Portes Ouvertes, 4.849
chrétiens ont été tués pour leur foi dans le monde du 1er octobre 2024 au 30 septembre 2025, dont 3.490 au Nigeria. Depuis 2014, ce sont 35.080 chrétiens qui ont été tués en raison de leur foi dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.
Malgré des condamnations unanimes, l’état actuel d'insécurité dans le pays amène donc aujourd’hui les évêques à prendre des mesures particulières pour pouvoir, malgré tout, fêter Pâques et la Résurrection. Une réalité et une prière qui doivent animer les chrétiens du monde afin que leurs frères et sœurs persécutés gardent malgré tout la Foi et l'Espérance.












