"Il faut donner un horizon aux élèves les plus à l'aise et qui ont envie d'être nourris. Dans cet esprit, nous allons créer un concours général des collèges en 2027", a annoncé le ministre de l'Éducation Édouard Geffray jeudi 2 avril. Inspirée du prestigieux Concours général des lycées, qui distingue chaque année depuis 1747 les meilleurs élèves dans une quarantaine de disciplines, cette compétition a pour objectif de "créer une émulation dans les collèges", assure-t-il.
Chaque établissement sera invité à inscrire jusqu'à 10% de ses élèves, en respectant la parité filles-garçons, dans l'une de ces cinq disciplines : français, mathématiques, histoire-géographie, arts ou numérique-codage afin "de valoriser différentes formes d'excellence", a détaillé le ministre.
Les inscriptions ouvertes à l'automne
Les inscriptions ouvriront à l'automne pour des épreuves en janvier et février. Il s'agira "d'épreuves individuelles, en temps limité, sur une date fixée", a développé l'entourage du ministre auprès de l'AFP, tout en précisant que le modèle était "encore en construction".
"La volonté du ministre, c'est de faire progresser le niveau global de tous les élèves au collège en agissant sur toute la chaîne", poursuit cette même source. Une ambition qui passe aussi bien par ce concours, présenté comme un vecteur "d'excellence" et non "d'élitisme", insiste-t-elle, que par les actions menées en direction des collèges en grandes difficultés scolaires.
Une initiative de l’abbé Legendre
Le Concours général trouve son origine dans les fondations de prix faites au XVIIIe siècle, essentiellement par les chanoines Louis Le Gendre et Bernard Collot. Le legs de l’abbé Legendre, chanoine de Notre-Dame de Paris, était initialement voué à des prix d’éloquence, de poésie et de musique. La première distribution de prix eut lieu le 23 août 1747, en présence du Parlement de Paris, sous la présidence de Maupeou, futur chancelier. La dernière distribution de cette première mouture du Concours général eut lieu en 1793. À cette date, il fut supprimé en conséquence d’une réorganisation des institutions académiques décidée par la Convention.
Le Concours général est rétabli en totalité en 1803 pour les seuls lycées de Paris, puis étendu en 1818 à celui de Versailles. Il s’est ouvert aux élèves de province et aux filles en 1924. Initialement limité au français, au latin, au grec, à l’histoire, aux mathématiques et à la physique, il s’élargit au cours des années à d’autres matières et s’ouvre en 1981 aux disciplines technologiques et en 1995 au baccalauréat professionnel. Il s’adresse aux élèves des classes de première et des classes de terminale des lycées d’enseignement publics et privés sous contrat. Les candidatures des élèves sont proposées par leurs professeurs au cours du premier trimestre de l’année scolaire et les épreuves ont lieu au cours du deuxième trimestre.









