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Depuis la nuit des origines retentit la Parole de Dieu. C’est d’abord l’appel à l’existence de toutes choses. Le monde n’est pas l’effet du hasard, nous ne sommes pas le résultat d’une loterie cosmique : nous sommes voulus par Dieu. Même s’il nous faut parfois rechercher le sens de notre vie, il n’est pas à inventer mais à découvrir, et c’est à l’écoute du Seigneur que nous le découvrons.
Dans la nuit de l’Exode, aller de l’avant
Mais l’histoire ne s’arrête pas aux origines, et de contrariétés en tribulations, il arrive parfois que l’on ait l’impression de se retrouver comme le peuple devant la mer Rouge, dans une impasse, face à des difficultés insurmontables. C’est pourquoi, nous sommes invités à nous souvenir que la Parole de Dieu retentit aussi dans la nuit de l’Exode : "Ordonne aux fils d’Israël de se mettre en route" (Ex 14, 15). Cet appel à aller de l’avant n’est pas possible sans l’action de Dieu qui donne toujours les moyens d’accomplir ce qu’il demande. Dieu n’est pas le grand horloger qui laisse le monde à sa mécanique, il est un compagnon et un guide qui ouvre devant nous les chemins impossibles. Si notre vie est vocation, notre vocation est puissance de Dieu. Nous ne sommes pas seulement voulus par Dieu mais accompagnés par lui.
Le pardon et la promesse
Pourtant les obstacles ne viennent pas toujours de l’extérieur. C’est parfois nous qui lâchons la main qui nous conduit. Dieu a beau appeler, si nous refusons de l’écouter, que peut-il faire ? Et voilà que dans la nuit de l’Exil retentit une nouvelle fois la parole de Dieu : "Venez, vous tous qui avez soif ; même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer" (Is 55, 1). La puissance de Dieu se fait don et pardon. Notre vocation n’est pas un échange mais une grâce où nous recevons sans mérite de notre part, dans une miséricorde qui dépasse la justice. C’est un bel appel que le pardon, malheureusement il est parfois insuffisant. N’a-t-il pas des limites ? Certaines fautes ne sont-elles pas trop graves pour être pardonnées ? Et quel sens cela a-t-il de pardonner si c’est pour que les mêmes blessures recommencent ? Jusqu’où ira la patience de Dieu ? Par la voix du prophète Ezéchiel, l’appel du pardon s’accompagne d’un appel qui est une promesse : "Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau" (Ez 36, 26). Dieu ne se contente pas de nous pardonner, il nous transforme et nous recrée.
L’appel de Pâques
Et voilà qu’à l’aube de Pâques retentit encore l’appel de Dieu. Sa promesse s’accomplit : le crucifié est ressuscité, comme il l’avait dit… et ceux qui sont unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne, le seront aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne. Oui, l’appel de Pâques n’est pas seulement de découvrir que nous sommes voulus par Dieu, ni seulement réaliser que nous sommes accompagnés par Dieu, ni seulement reconnaître que nous sommes pardonnés par Dieu, mais que nous sommes transformés par lui. La vocation chrétienne n’est pas une note isolée mais un accord. Dieu ne nous dit pas seulement "sois ceci" ou "fais cela" ; il nous dit, dans un même appel : "Je t’ai voulu", "je t’accompagne", "je t’aime quoiqu’il arrive" et "c’est moi qui agis en toi".
Entendons l’appel de Pâques, un appel à se laisser aimer, à aimer, à faire aimer.
Cela reste un appel, une invitation, une proposition. Mais par notre baptême, nous avons répondu à cet appel, nous avons fait confiance à la parole de Dieu, nous avons lié notre vie à la sienne en acceptant de le suivre dans le mystère de Pâques. Et en cette veillée pascale, nous laissons notre cœur résonner à nouveau de son appel. Découvrons cet amour qui nous a choisis depuis la fondation du monde ; découvrons cette fidélité qui nous accompagne toujours, découvrons cette miséricorde que n’épuise pas nos péchés, découvrons surtout cette puissance qui nous renouvelle et nous transforme pour faire de nous son peuple, pour qu’il soit notre Dieu. Et si nous ouvrons pleinement nos cœurs et nos vies à cet appel, alors nous entendrons aussi l’incroyable service qu’il nous demande : annoncer à nos frères qu’Il les attend, qu’Il les précède là où nous pourrons le voir dans la plénitude de sa Gloire.
Il est vraiment ressuscité !
Oui, entendons l’appel de Pâques, un appel à se laisser aimer, à aimer, à faire aimer. Aujourd’hui retentit la parole des origines, aujourd’hui se déploie la puissance de l’histoire, aujourd’hui resplendit la lumière des temps nouveaux. Comme la Vierge de Nazareth laissons s’accomplir en nous la Parole ; comme la Mère au pied de la Croix laissons-nous conduire par celui qui s’est donné pour nous ; comme la Reine des Cieux laissons-nous combler par la grâce. Le Christ est Ressuscité ! Alléluia ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !
Lectures de la vigile pascale (année A) :









