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Chartres 2026 : une affluence record pour une édition tournée vers la mission

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Cécile Séveirac - publié le 03/04/26
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L'édition 2026 du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté, qui se tiendra du 23 au 25 mai, met la mission au cœur de sa route. L’objectif est clair : marcher vers Chartres, mais aussi repartir pour témoigner plus que jamais du Christ dans le monde.

Près de 20.000 pèlerins s'apprêtent à prendre la route vers Chartres pour l'édition 2026 du pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté, du 23 au 25 mai. Cette année encore, les inscriptions à peine ouvertes ont été prises d'assaut. Et si l'association a ouvert les réservations à 3 heures du matin, au lieu de minuit les années précédentes, pas de quoi décourager les pèlerins : en une seule journée, le pèlerinage comptabilisait déjà 14.000 inscrits, contre 6.000 l'an dernier.

Depuis plusieurs années déjà, l'engouement pour le pèlerinage de Chartres ne se dément pas. Bien que satisfait de ces chiffres, Philippe Darantière, président de Notre-Dame de Chrétienté, ne préfère pas s'y attarder. "Nous sommes ravis comme chaque année", reconnaît-il, "mais ce n'est pas le plus important. L'essentiel pour nous est de voir que de nombreux catholiques se rassemblent pour se rapprocher de la grâce, et contribuent ainsi à la diffusion du message évangélique" . Pour cette édition 2026, c'est justement cette dernière partie qui sera particulièrement mise en avant, avec un thème résolument missionnaire : "Vous serez mes témoins jusqu'aux extrémités de la Terre".

Il ne s’agit pas seulement d’offrir aux pèlerins uniquement un temps de ressourcement spirituel personnel, mais de leur fournir des moyens concrets pour s’engager dans la mission.

"Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre", dit ainsi le Christ à ses apôtres (Ac 1, 7-8) après sa Résurrection. Loin d'être un simple souhait du Christ, il s'agit bien là d'un mandat à accomplir, d'un ordre du Fils de Dieu à ceux qui ont partagé son quotidien terrestre. Ces derniers sont envoyés en mission pour annoncer la mort et la Résurrection du Sauveur de l'humanité, afin que quiconque entende la Bonne nouvelle se convertisse. Cet appel à la mission ne s'est pas arrêté avec les apôtres : elle se poursuit avec les disciples, c'est-à-dire chaque baptisé, rappelle Philippe Darantière. "Je pense qu’il faut comprendre cela comme une forme de radicalité. 'Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile' (1 Cor 9-16) : nous avons tous une responsabilité, qui est celle d'annoncer le Christ comme sauveur des hommes."

Une nouvelle ère missionnaire

"Ce thème s'inscrit dans l’un des trois piliers de Notre-Dame de Chrétienté : tradition, chrétienté, mission. L’an dernier, le thème du Règne du Christ ("Pour qu'il règne, sur la terre comme au ciel", NDLR) mettait particulièrement en lumière le deuxième pilier, sans traiter explicitement la mission", explique le président. "Certes, d’autres pèlerinages ont déjà abordé cette dimension missionnaire, mais elle fait intrinsèquement partie de notre identité et se devait d'être traitée à part entière". Le choix de valoriser la Mission "résonne également avec l’appel du Saint-Père qui, le 5 octobre dernier, a proclamé l’entrée dans une nouvelle ère missionnaire. Nous sommes donc directement concernés et appelés à y prendre part activement."

"Je m'adresse en particulier à l'Église européenne : aujourd'hui, un nouvel élan missionnaire est nécessaire", avait ainsi déclaré le pape Léon XIV à l'occasion de la messe pour les jubilés des missionnaires et des migrants, célébrée sur la place Saint-Pierre. Le Pape faisait référence à l’appel actuel du magistère de l’Église catholique à renouveler l’engagement missionnaire des chrétiens, des contextes où la foi s’est affaiblie ou où la sécularisation progresse. 

Pielgrzymka do Chartres - najliczniejsza w Europie
Pèlerinage de 2024.

L'afflux continu de catéchumènes depuis de nombreuses années est, selon Philippe Darantière "un phénomène qui doit nous interpeller", et inviter chacun "à accroître nos efforts dans la diffusion du message évangélique." Dans cette même dynamique, l’arrivée de nombreux jeunes et de nouveaux venus au pèlerinage constitue un signe particulièrement éloquent. "J’ai été frappé l’an dernier de voir arriver au banc de communion des jeunes qui venaient recevoir la bénédiction. C’était à la fois marquant et nouveau. Nous avons aussi des chefs de chapitre qui sont de récents baptisés."

Route de Jérusalem

Ce constat manifeste une évolution tangible du pèlerinage : il ne s’adresse plus seulement à un public déjà structuré ecclésialement, mais attire des personnes en chemin, parfois au seuil de la foi. Certains de ces jeunes sont entrés dans l’Église précisément par la découverte de la messe traditionnelle. Leur premier contact avec la foi catholique s’est fait à travers le rite tridentin. "Ce sont des jeunes qui sont entrés dans l’Église par la messe traditionnelle. Il y a là une responsabilité à prendre : notre liturgie attire, elle est missionnaire, y compris pour des personnes qui, au départ, ne sont pas croyantes."

Pour encourager les pèlerins à s'engager dans la mission, l'association Notre-Dame de Chrétienté prévoit plusieurs outils concrets, comme la diffusion de dizaines de milliers d'exemplaires de l'ouvrage Soyez rationnels, devenez catholiques, de Matthieu Lavagna. Les chefs de chapitre, chargés de l'encadrement des pèlerins mais aussi de la transmission spirituelle par des temps d'enseignement, de méditation et de prière, ont été spécialement formés sur le thème de la mission. Ainsi, "il ne s’agit pas seulement d’offrir aux pèlerins uniquement un temps de ressourcement spirituel personnel, mais de leur fournir des moyens concrets pour s’engager dans la mission", résume Philippe Darantière. L'objectif est clair : associer enseignement et outils pratiques afin de prolonger, au retour chez eux, l’élan missionnaire vécu sur la route.

Et cette année, cet élan pourra toucher un public encore plus large grâce à l’introduction d’une nouvelle formule : la "Route de Jérusalem", (référence au dernier périple du Christ avec ses apôtres jusqu'à Jérusalem) destinée à ceux pour qui les 100 kilomètres traditionnels du pèlerinage sont difficilement réalisables. La moitié des pèlerins ont moins de 30 ans. Ce rajeunissement pousse de nombreux fidèles à ne pas envisager la marche, trop éprouvante. Personnes âgées, contraintes personnelles, enfants en bas âge à porter, problèmes de santé... Désormais, tous pourront rejoindre Chartres, et ce grâce à un itinéraire adapté (70 km, avec un rythme plus doux) et la création de nouveaux bivouacs. En offrant à chacun les moyens de marcher et d’annoncer la foi, le pèlerinage de Chartres confirme ainsi sa vocation, celle de devenir un véritable tremplin pour la mission chrétienne.

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