Deux mots vont changer dans la prière du Magnificat, cette magnifique prière prononcée par Marie lors de sa visite à sa cousine Élisabeth et que rapporte l’Évangile de Luc (1,46-55). À ce moment-là, la Vierge, enceinte de Jésus, laisse monter vers Dieu un chant de louange qui commence ainsi : "Mon âme exalte le Seigneur !", ou, en latin, "Magnificat".
Conformément à la demande de la Commission épiscopale francophone pour les traductions liturgiques (CEFTL), les évêques de France réunis en assemblée plénière fin mars ont voté des modifications concernant deux mots de la prière du Magnificat. À partir du premier dimanche de l’Avent, soit le 29 novembre 2026 à l’office des vêpres, le mot "miséricorde" remplacera le mot "amour" ("Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent") et le mot "descendance" remplacera le mot "race" ("en faveur d’Abraham et de sa descendance à jamais"). Deux mots qui avaient déjà été changés il y a une dizaine d’années à l’occasion de la révision complète de la traduction liturgique de la Bible.

"Le terme "miséricorde" a retrouvé ses lettres de noblesse grâce à la volonté du saint pape Jean Paul II d’instaurer un "dimanche de la miséricorde", indique Mgr Joseph de Metz-Noblat, président de la CEFTL. "Parler de miséricorde, c’est évoquer un amour qui pardonne, ce qui le qualifie plus précisément." Et par rapport au mot "race", il a été préféré : "Abraham et sa descendance". "La notion de race est aujourd’hui très liée à celle de racisme. Employée dans la classification des espèces animales, cette notion a, de fait, servi à opposer les différents groupes humains, avec la prétention de supériorité de certaines races sur d’autres, ce qui a entraîné des conséquences dramatiques. Pour éviter cette ambiguïté, c’est le terme de "descendance" qui est ici utilisé, mieux adapté", souligne Mgr Joseph de Metz-Noblat.
Dans la tradition de l’Église, la prière du Magnificat est récitée le soir, lors de l’office des vêpres, afin de reconnaître les merveilles que Dieu fait, non seulement dans la vie de Marie, mais aussi dans celle de l’Église.









