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La fusée blanche et orange haute de 98 mètres, baptisée Space Launch System (SLS) a décollé dans un grand fracas peu après 18h35 mercredi 1er avril depuis le centre spatial Kennedy en Floride. Les quatre astronautes de cette mission Artemis 2 se sont envolés du même pas de lancement légendaire d'où étaient partis les astronautes d'Apollo, pour ce premier retour vers la Lune depuis la fin des vols Apollo en 1972.
"Nous voyons un beau lever de Lune", s’exclamait quelques minutes plus tard le commandant américain Reid Wiseman. "Nous partons pour l'humanité tout entière", a déclaré dix minutes avant le décollage son coéquipier canadien Jeremy Hansen. À bord ont également pris place les Américains Christina Koch et Victor Glover. Ce dernier, chrétien affirmé, a déclaré peu avant le décollage du vol qu’il priera Dieu pour qu’Il "bénisse cette mission". L'astronaute est connu pour avoir emporté une Bible lors de l'Expédition 64, une mission de 168 jours menée en 2020-2021. Durant cette dernière mission, il avait publié de nombreuses photos sur ses réseaux sociaux, expliquant que ce qu'il voyait depuis le vaisseau spatial lui rappelait ce qu'il avait lu dans la Bible.

La capsule Orion s'est détachée comme prévu huit minutes après son décollage du premier étage qui l'a propulsée dans l'espace, puis elle s'est placée en orbite terrestre. Les astronautes feront plusieurs fois le tour de la Terre à quelque 27.000 km/h, en augmentant progressivement leur altitude, afin de vérifier que les systèmes fonctionnent. Lundi 6 avril, ils feront le tour de la Lune sans s’y poser, comme Apollo 8 en 1968. Ils devraient battre le record de l'équipage s'étant le plus éloigné de la Terre. Leur mission vise à confirmer que cette fusée haute de 98 mètres et non réutilisable pourra acheminer des astronautes sur la surface lunaire d'ici 2028. Leur retour au large de la Californie, dans le Pacifique, est prévu le 10 avril.
Explorer la Lune, interroger la Création
Quelques imprévus techniques ont occupé le centre de contrôle de la Nasa à Houston dans les premières heures du vol, mais une manœuvre en orbite, lors de laquelle Victor Glover a pris les commandes d'Orion pour simuler un amarrage avec un autre appareil, s'est déroulée parfaitement. "C'était bien de voler avec vous, Houston. Beau véhicule", a-t-il lancé au centre de contrôle. Au Centre spatial Kennedy, des ovations et cris de joie ont accompagné l'ascension de la fusée dans un ciel radieux. "Je suis tellement heureuse qu'on retourne vers la Lune, tout le monde devrait être heureux et suivre les dix prochains jours, c'est un grand pas pour l'humanité", s'exclamait, comme sonnée, l'ancienne astronaute Sian Proctor, présente sur place.
"Le programme Artemis représente une avancée majeure pour les vols spatiaux habités", s’est réjoui pour sa part le père jésuite Richard A. D'Souza, directeur de l'Observatoire du Vatican. L'astronome a déclaré à EWTN News que l'Église catholique a toujours soutenu l'exploration spatiale dès les premières missions Apollo comprenant la valeur symbolique de cette exploration et son impact sur d’autres aspects de la vie humaine.
Ainsi, tandis que tous les regards se tournent à nouveau vers la Lune et que la technologie repousse toujours plus loin les frontières de l’exploration, cette aventure rappelle aussi une dimension plus profonde, celle de l’émerveillement devant la Création : "Les cieux proclament la gloire de Dieu, le firmament raconte l'ouvrage de ses mains" (Ps. 18, 2).










