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Alauda Ruiz de Azúa (“Les Dimanches”) : “J’ai essayé d’éviter les caricatures”

"Les Dimanches", film espagnol de Alauda Ruiz de Azúa, est sorti le 1er au Mexique et le 11 février en France.

"Les Dimanches", film espagnol de Alauda Ruiz de Azúa, est sorti le 1er au Mexique et le 11 février en France.

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Majo Frias - Hortense Leger - publié le 02/04/26
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Dans le film "Les Dimanches", récompensé par cinq Goya, la réalisatrice espagnole Alauda Ruiz de Azúa explore avec finesse les bouleversements intimes et familiaux liés à la vocation religieuse d’une adolescente. Entre foi, amour et tensions familiales, ce long métrage interroge sans juger et ouvre un espace de dialogue universel. Rencontre.

Une histoire qui bouleverse bien au-delà des frontières. À l’occasion de la sortie en salles du long-métrage espagnol Les Dimanches au Mexique, le 1er avril, l’édition espagnole d’Aleteia s’est entretenue avec la réalisatrice Alauda Ruiz de Azúa. Sorti en France le 11 février, le film brosse la tempête familiale causée par l’annonce de la vocation religieuse d’Ainara, dix-sept ans. Au grand dam de sa tante, athée, et de son père, la jeune femme commence un discernement spirituel, marqué à la fois par la rencontre avec la mère prieure d’une communauté religieuse et une histoire d’amour avec l’un des membres de sa chorale. Le film, qui a déjà remporté dix-huit prix, dont cinq Goya, explore avec justesse les questionnements contemporains autour de la foi. 

Éviter les caricatures

Alauda Ruiz l’a déjà évoqué lors de plusieurs interviews : elle n’est pas croyante. Un sujet la fascine pourtant depuis toujours, celui de la vocation religieuse. La radicalité du choix des personnes qui donnent leur vie, leur jeune âge… Tout concourt à en faire un thème idéal pour le cinéma. "J’ai essayé de construire le film en explorant ce qui peut être en jeu sur le plan humain pour qu’une personne aussi jeune en vienne soudainement, un jour, à penser que sa vocation est la vie religieuse cloîtrée", explique-t-elle. 

Les Dimanches est devenu un film dont on débat en Espagne. Il suscite de nombreuses interprétations et discussions, tant entre croyants que non-croyants. Pour Alauda Ruiz, cela tient moins au sujet lui-même qu’à la manière dont l’histoire est narrée. "[J’ai essayé] de respecter le parcours émotionnel de chaque personnage, sa vision du monde, éviter les caricatures et ne pas adopter de point de vue particulier." Et d’ajouter : "Aucun des personnages ne cherche vraiment à transmettre une leçon morale. Ils sont très proches de la réalité. Finalement, cela crée un espace permettant au spectateur de s’identifier."

Dépeindre les dynamiques familiales

Lors de la phase d’écriture du film, deux éléments ont retenu l’attention d’Alauda Ruiz : les conflits que ces vocations engendrent au sein des familles, même au sein de foyers croyants et pratiquants, et l’amour qui se manifeste toujours avec force pendant le processus de discernement. 

Les Dimanches
Les Dimanches

Les Dimanches est un film qui tente de dépeindre les dynamiques familiales. De nombreuses scènes ont lieu à table et présentent le foyer tantôt comme un refuge, tantôt comme un lieu de grandes tensions. Alauda Ruiz explique que "la famille est une institution très complexe" qu’elle cherche sans cesse à explorer dans ses films.  

La musique

Autre élément clé du film que souligne la réalisatrice : la chorale. Ce qui apparaît comme une activité extrascolaire pour Ainara dans le film devient rapidement la bande originale qui parcourt tout le récit. Une musique qui élève et enrichit la réalisation spirituellement. L’actrice qui incarne le rôle-titre, Blanca Soroa, membre de la chorale dans le film, confie à Aleteia que chanter au sein du chœur était "l'un des meilleurs aspects de sa participation au projet". Elle raconte que l’album l’accompagne régulièrement dans ses trajets quotidiens. 

Les Dimanches
Les Dimanches

"Un véritable miracle"

L’évêque d’Orihuela-Alicante, en Espagne, Mgr José Ignacio Munilla, souligne quant à lui la justesse du film. Pour lui, le long-métrage rend un grand service en ce qu'il présente la vie cloîtrée comme une option positive. "Qu’un film comme celui-ci puisse être vu et applaudi par les catholiques et les non-croyants, dans le contexte actuel de polarisation, est un véritable miracle", a-t-il déclaré dans son émission Sexto Continente, le 15 novembre dernier. "Les Dimanches permet de comprendre qu’il faut être courageux et libre de trouver son propre chemin". Et de conclure : "Suivez cette lumière intérieure, répondez sincèrement à l’appel de Dieu."

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Alauda Ruiz de Azúa ("Les Dimanches") : "J’ai essayé d’éviter les caricatures"