"J’ai été frappée par la beauté de l'enseignement de Jésus !". Après avoir grandi dans un milieu hostile à la religion, Fabienne, chiropraticienne de 50 ans vivant à Fontaines-sur-Saône (Rhône), n’imaginait pas, mais alors pas du tout, se retrouver un jour devant les fonts baptismaux. Rembobinons. Parents de June, 11 ans aujourd’hui, Fabienne et son mari Jacques décident d’inscrire leur fille qui a alors 5 ans dans une école catholique dont on leur a vanté les mérites (ou chanté les louanges, si vous préférez). Et c’est là que le bât blesse : rapidement, la petite fille demande à recevoir le baptême, au grand dam de sa mère. Car pour Fabienne, il n’en est pas question. "Cela ne me causait pas de souci qu’elle ait la foi. Moi-même j’étais plus agnostique qu’athée car ç’avait toujours été une évidence qu’il y avait quelque chose de plus grand que nous. Mais la religion, pour moi, c’était très compliqué", dit celle qui a grandi dans une famille athée et anticléricale.
Un obstacle n’arrivant jamais seul, Jacques rencontre des difficultés professionnelles qui génèrent chez lui stress et mal-être. Or, sa mère, qui est croyante, se rend régulièrement à la prière des malades de l'église parisienne Saint-Nicolas-des-Champs. Jacques s'amuse à regarder les rediffusions de ces temps de prière sur YouTube afin de repérer sa mère dans la foule, et finalement, contre toute attente, il est saisi par ce dont il est témoin. "Cela a réveillé en lui une foi hyper forte : il s’est senti porté par Jésus et il a ouvert grand la porte", se souvient Fabienne. "Il a fait une expérience très concrète". Tellement concrète que le père de famille assiste à la messe tous les dimanches et rapporte au foyer statuettes de la Vierge et images de Jésus, au grand effroi de son épouse. "Cela a été violent pour moi car trop rapide, et a généré beaucoup de tensions dans notre couple. Mais malgré tout j’avais envie de comprendre".
Une soif de connaître qui la prend aux tripes
Fabienne se tourne alors vers Internet : elle consulte avec frénésie articles et vidéos, comme la chaîne YouTube 1000 Raisons De Croire, Ignis, ou encore NDML. "Cela a joué au niveau intellectuel et je me suis demandé : ‘comment n'ai-je jamais eu connaissance de tout cela en cinquante ans ?’. J’ai eu une espèce de boulimie, une soif de connaître un monde que je ne connaissais pas. Et à la longue, mon système de croyance a été ébranlé. Je ne pensais pas qu’il y avait une réalité derrière tout cela et je suis tombée de haut". Pour autant, la réalité n’est pas simple : Jacques travaille d’arrache-pied durant la semaine et le dimanche, il part à la messe. Fabienne se sent dépossédée de quelque chose : "J’avais une partie de moi qui était encore en résistance".
"Tout ce que Jésus enseigne reste encore très vrai aujourd’hui. C’est comme s’il me parlait à moi et à mes difficultés d’aujourd’hui"
Jusqu’à la messe de Pâques 2024, que Jacques, lui-même arménien, tient à vivre avec sa communauté. Fabienne souhaite l’accompagner, il tente de l’en dissuader. C’est en langue arménienne, ce sera long, il ne manquerait plus qu’elle s’ennuie et passe un mauvais moment ! Et pourtant, c’est là que la suite va se jouer. "Dans cette messe où je n’ai rien compris, j’ai été touchée par quelque chose et j’ai pleuré toute la messe", raconte la future baptisée. "Tout le monde était dans une forme d’humilité et cela a mis en lumière mes propres jugements et mes propres limites". À partir de là, elle commence à lire la Bible pour entamer quelques mois après un parcours catéchuménat. Les Évangiles la bouleversent. "C’est fou ce texte, je ne m’attendais tellement pas à cela ! J’ai été frappée par son actualité et j’ai senti que c’était vrai. Je ne pensais pas que ce serait si facile à lire. Le message était tellement beau et puissant qu’il m’a retournée. C'est dingue ! Tout ce que Jésus enseigne reste encore très vrai aujourd’hui. C’est comme s’il me parlait à moi et à mes difficultés d’aujourd’hui, par exemple quand il dit ‘ne juge pas l’autre car tu ne vois pas son cœur’. Je n’ai pas eu l’impression d’étudier une civilisation ancienne : les conditions de vie des gens ont changé mais le cœur de l’être humain et ses problématiques sont les mêmes deux mille ans plus tard".
L’année 2025 est riche familialement puisque June reçoit le baptême et que Jacques reçoit le sacrement de confirmation, pendant que Maman chemine petit à petit. Et à présent, qu’est-ce que la foi change dans la vie de Fabienne ? "Beaucoup de choses !", s’exclame-t-elle avec enthousiasme. "Cela a remis en ordre mes priorités : je réalise que la finalité de mon quotidien restait finalement assez matérialiste. Aujourd’hui, je suis en relation avec Dieu. Cela a fait baisser les tensions dans notre couple, contribuant à beaucoup d’apaisement dans notre famille. Je ressens beaucoup plus de gratitude dans ma vie quotidienne et je dis régulièrement merci. Je me sens extrêmement chanceuse. J’espère que mon baptême sera une sorte de démarrage et qu’il me portera jusqu’à la fin de ma vie".










