Avec près de 800 baptêmes d’adultes et adolescents prévus dans la nuit de Pâques, le diocèse de Lyon s’apprête à vivre une vigile pascale exceptionnelle en ce printemps 2026. "C’est un beau signe de vitalité", s’enthousiasme Mgr Olivier de Germay, archevêque de Lyon et référent catéchuménat pour la Conférence des évêques de France (CEF). Le diocèse, qui s’étend sur 5.087 kilomètres carrés de Roanne au Beaujolais en passant par Lyon et les monts du Lyonnais, comprend 408 communes. Composé de 120 paroisses, il compte plus de 400 prêtres qui portent la mission de l’Église catholique. "Nous sommes face à une génération en quête de sens", analyse l’évêque. Comment expliquer ce phénomène français qui commence aujourd’hui à irradier jusqu’en Espagne et en Belgique, au point que l’archevêque de Melbourne a fait une récente visite dans l’Hexagone pour tenter de récolter quelques clefs ? "Ce que je pressens, c’est que beaucoup font l’expérience d’une sorte d’insatisfaction", note l’archevêque, faisant le constat d’une identification erronée des avancées technologiques à un progrès pour l’être humain. Pour lui, la société contemporaine échoue à rassasier l’être humain. "La surconsommation ne peut pas répondre à cette soif de plénitude et beaucoup font l’expérience d’un manque".

Quelques chiffres. En 2026, dans le diocèse, 460 adultes seront baptisés, quand ils étaient 397 en 2025 et 232 en 2024. Côté adolescents, on en dénombre 300 pour 170 en 2025. Les 18-25 ans représentent 50% des catéchumènes. Parmi l’ensemble de ces appelés issus de tous milieux sociaux, on compte 61% de femmes et 39% d’hommes. 81% sont issus des villes et 19% du monde rural. Souvent, ils ont eu une vie cabossée, expérimentant l’épreuve de la maladie, du deuil, des blessures affectives ou encore la fragilité de la famille, souligne l’évêque. Plusieurs ont vécu des événements dramatiques déclencheurs comme un accident ou le décès d’un proche. "Cette expérience d’un vide intérieur est l’occasion de se tourner vers autre chose. C’est un cercle vertueux, tout le monde est gagnant", observe le prélat, parole d’une catéchumène à l’appui : "J’ai été comme ensevelie dans l’amour de Dieu."
Le rôle incontournable d’Internet et des réseaux sociaux
Comment ces hommes et ces femmes ont-ils cheminé jusqu’à leur baptême prochain ? Pour certains, l’entrée dans la vie et l’arrivée des études impulsent de nouvelles rencontres. À l’instar de Thomas, 26 ans. Cet ingénieur dans le développement des sites web a effectué un séjour Erasmus en Pologne. La foi des jeunes Polonais l’a touché et il a ensuite trouvé des vidéos sur le sujet. Alors qu’il participait à la messe pour la première fois de sa vie, il s'est adressé à sa voisine de banc pour glaner quelques explications… et fort opportunément, c’était la personne chargée des catéchumènes pour la paroisse ! Aujourd'hui, il lance volontiers que sa foi "éclabousse" autour de lui famille et amis. Pour d’autres appelés, l’influence d’un conjoint baptisé, d’un grand-parent croyant – le rôle des grands-mères, grandes vectrices de la foi devant l’Éternel, est important –ou encore le cheminement d’un enfant sont des moteurs puissants.

Certains ont entendu parler de la foi chrétienne dans l’enseignement catholique quand d’autres ont poussé la porte d’une église "par hasard" ou ont été touchés par le témoignage d’autres personnes. Comme Carole, 49 ans, dont la conversion est liée à un changement professionnel. Prise dans le tourbillon de la vie entre son mari, ses trois enfants et son job, elle pousse la porte de l’église voisine de son nouveau lieu de travail. "J’ai eu comme le sentiment que cette église m’appelait et j’ai senti une paix profonde", témoigne-t-elle. À tel point qu’elle y passe régulièrement ses temps de pause et s’apprête aujourd’hui à recevoir le baptême. Pour Emma, 20 ans, qui vient d’une famille athée, la foi est arrivée à l’âge de 15 ans, alors qu’elle étudiait dans l’enseignement catholique privé et débattait sans fin avec ses amis croyants. "J’ai demandé à Dieu s’il existait et j’ai littéralement senti son amour". Aujourd’hui, elle est cheftaine de louveteaux et fait partie des futurs baptisés de l’Église de Lyon. Chacun sa route, chacun son chemin, chacun son histoire.
"Pour nous, c’est un printemps de l’Église"
Comment se passe le cheminement d’un catéchumène ? Après les premiers émois et les premières interrogations, piqués de curiosité, beaucoup ont le réflexe de se tourner vers internet pour regarder des vidéos, consulter des sites, chercher des réponses sur les réseaux sociaux, avant d'aller pousser "en vrai" la porte d’une église. Pour autant, souvent le chemin est long avant de faire la demande du sacrement et la priorité est de les intégrer à une communauté chrétienne. Le rôle du curé de paroisse ainsi que l’accompagnement au sein de la fraternité catéchuménale sont cruciaux.

Le père Xavier Bizard est curé de l’ensemble paroissial Notre-Dame de la Miséricorde à Vénissieux. Il décrit sa paroisse cosmopolite comme une "fraternité joyeuse". "Nous avons des cultures très mélangées, très joyeuses, très ferventes, et cela réjouit le cœur de tous. Il y a une fraternité assez universelle. Nous sommes hors des codes sociaux et c’est une grâce spéciale". Le prêtre guide de nombreux catéchumènes, tels Richard, qui a découvert la foi par les réseaux sociaux, ou Kevin, passé par l’Islam et les églises évangéliques avant de se tourner vers l’Église catholique. Le père Xavier Bizard parle d’un ministère de l’écoute. "Tous les deux jours, j’accueille une nouvelle personne, et cela, c’est vraiment une nouveauté. Le Christ attire", constate-t-il. "L’accueil de ces nouveaux donne un nouveau profil à nos vies paroissiales. Ces néophytes transforment nos communautés chrétiennes et remettent ainsi la vie chrétienne au centre du quartier. Nous sommes beaucoup plus en osmose avec ce qui s’y vit. Pour nous, c’est un printemps de l’Église". Laissons le mot de la fin à Mgr Olivier de Germay. "Les futurs baptisés nous renvoient à ce qui est premier dans la foi, c’est-à-dire à une expérience spirituelle, à l’expérience d’un Dieu qui est un Dieu vivant".









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