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Gad Elmaleh : “Les moines ont de l’humour et c’est très beau”

4 min de lecture
L'humoriste français Gad Elmaleh arrive pour remettre le prix du Meilleur artiste masculin lors de la 40e cérémonie des Victoires de la Musique, le 14 février 2025.

Crédit : Bertrand GUAY / AFP

L'humoriste français Gad Elmaleh arrive pour remettre le prix du Meilleur artiste masculin lors de la 40e cérémonie des Victoires de la Musique, le 14 février 2025.

Gad Elmaleh poursuit son cheminement spirituel. L'humoriste a révélé le 29 mars sur France Inter sa dernière passion : les moines. Une fascination née de la lecture d'un livre rassemblant les témoignages d'écrivains ayant séjourné à l'abbaye de Lagrasse. Entre humour et quête de sens, le comédien partage son admiration pour ces hommes qui ont tout donné à Dieu.

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Gad Elmaleh et la foi catholique ou une histoire d’amour qui n’a pas de fin. Après son film Reste un peu sur son parcours "fictif" de catéchuménat, son rôle de producteur pour le spectacle Bernadette de Lourdes et sa lecture des textes de Saint Augustin à la Sainte-Chapelle, l’humoriste a révélé le 29 mars, dans une émission France Inter, une nouvelle corde à son arc spirituel : sa fascination pour les moines. Une admiration qui prend sa source dans la découverte d’un livre, Trois jours et trois nuits de Nicolas Diat (Juilliard), rassemblant les écrits d’une douzaine d'auteurs ayant séjourné chez les chanoines réguliers de l’abbaye Sainte-Marie de Lagrasse, en 2021.

"Et maintenant ?"

Gad Elmaleh commence l’émission en témoignant de la liberté qu’il observe chez les religieux. Évoquant sa première retraite auprès des cisterciens de l’abbaye de Sénanque, dans le Lubéron, il livre : "Une fois les prières faites et les repas pris, j’observais les moines et je pensais "et maintenant ?" Je prenais alors conscience de l’addiction que j’avais vis-à-vis de mon téléphone. J’avais peur du vide. Je n’avais pas envie de lire". Et d’ajouter plein d’humour au sujet de la vie paisible et réglée des cisterciens, couchés tôt après les derniers offices du soir :  "Il y a une arnaque : ils sont sûrement en train de boire des coups derrière. Vraiment, il doit y avoir autre chose !"

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"Quelque chose qui nous échappe"

Mais le cœur de l’émission réside dans le partage de quelques extraits de textes présents dans l’ouvrage de Nicolas Diat : de Thibault de Montaigu à Sylvain Tesson en passant par Frédéric Beigbeder. Ce qui touche particulièrement Gad Elmaleh dans ces écrits : la permission de rire. Il confie s'être "retrouvé" dans la vision décalée de Frédéric Beigbeder, venu séjourner à l’abbaye après l’une des représentations de son spectacle et une soirée bien arrosée.  Le comédien revendique "l'humour, l'ironie, le recul, une forme de dérision" partagés avec les moines. Il relate aussi la fois où Sylvain Tesson a proposé aux chanoines de descendre en rappel l’une des tours de l’abbaye datant du XVIe siècle. Après l’adoubement du Père Abbé, qui les bénit, trois religieux enfilent un harnais sous leur habit et se balancent dans le vide. L’auteur des "Chemins noirs" les observe, touché par ce moment de grâce : "Ils se fichaient des directives, ils riaient."

Gad Elmaleh évoque la fascination exercée par les chanoines sur les écrivains : "Le fait qu’ils soient juste là, habités par la foi, la vocation, on n’en revient pas. D’ailleurs dans tous ces textes il y a de la fascination : une forme d’incompréhension, quelque chose qui nous échappe chez ces hommes qui décident de se donner totalement à Dieu et à leur recherche de Dieu." 

L'humour des moines

L'esprit des moines, voilà ce qui marque enfin le comédien : "J'ai souvent essayé de plaisanter avec eux, ils ont de l'humour, et c'est précisément cela qui est très beau." Il conclut l’émission en lançant un nouveau défi à l’auteur de "Trois jours et trois nuits" : "J’aimerais bien que Nicolas Diat nous réunisse avec des humoristes pour écrire des blagues, des histoires drôles sur les moines. Je m’imagine bien avec Roman Frayssinet dans une cellule à parler avec des religieux. J’aimerais bien observer ce que donnerait l’échange entre Florence Foresti et un moine dans un jardin..." À bon entendeur.