Avec Compostelle, en salles ce 1er avril, Alexandra Lamy s’engage dans un film à la fois sensible et lumineux, qui pose un regard d’espérance sur la jeunesse en perte de repères. Réalisé par Yann Samuell, le récit s’inspire librement de l’ouvrage Marche et invente ta vie de Bernard Ollivier, fondateur de l’association Seuil, qui propose un programme de réinsertion pour des adolescents en difficulté avec des marches de trois mois sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, qu’ils parcourent chacun avec un accompagnateur.
Le film suit Adam (Julien Le Berre), un jeune en difficulté dont le parcours bouleverse. Délinquant récidiviste, abandonné par sa mère et passé de foyer en foyer, il entreprend une marche de rupture sur le chemin de Compostelle pour éviter une condamnation. Dans ce pèlerinage, il est accompagné par Fred (Alexandra Lamy), une prof mise à pied après une altercation avec un de ses élèves. Si au départ, elle est convaincue d’aider Adam, elle réalise peu à peu qu’elle aussi a besoin de se reconstruire car sa vie personnelle est marquée par une relation compliquée avec sa fille et un couple qui vacille. Cette marche devient alors bien plus qu’un simple accompagnement éducatif : elle est une véritable traversée intérieure pour chacun des personnages.
La confiance, du temps et de l’accompagnement humain
Le film parvient à équilibrer avec justesse émotion et légèreté. Tout comme la relation entre les deux personnages, le spectateur passe de la colère à la tristesse, puis à la joie. Drôle sans jamais être superficiel, émouvant sans tomber dans le pathos, le film fait voyager non seulement à travers les différentes étapes du chemin de Compostelle mais aussi à travers des rencontres qui jalonnent le chemin des deux personnages. Qu’il s’agisse d’un agriculteur, d’une jeune femme handicapée ou de moines espagnols, elles participent à la transformation intime d’Adam et de Fred.
En filigrane, Compostelle porte un message engagé sur les limites du système judiciaire face à la délinquance juvénile. "Il n’y a pas de fatalité, pas les méchants d’un côté et les gentils de l’autre. Je m’engage ouvertement avec ce film contre ce système", précise le réalisateur Yann Samuell dans les notes de production. Le film rappelle ainsi qu’une autre voie est possible : celle de la confiance, du temps et de l’accompagnement humain.

Enfin, difficile de ne pas être saisi par la beauté des paysages qui accompagnent cette aventure cinématographique. De l'Aubrac à Livinhac-le-Haut dans la vallée du Lot, en passant par Conques, Irun ou encore les Montes de León, le film offre un magnifique aperçu de ce chemin qui trouve son origine au IXe siècle, après la découverte du tombeau de l’apôtre saint Jacques en Galice, au nord-ouest de l’Espagne. Ce lieu devient alors l’un des plus grands centres de pèlerinage chrétien, avec Rome et Jérusalem. Depuis le Moyen Âge, des milliers de marcheurs, croyants ou non, viennent du monde entier pour entreprendre ce chemin. Le pèlerinage connaît son apogée entre les XIe et XIIIe siècles, avant de décliner à cause des guerres, des épidémies et des bouleversements religieux. Tombé presque dans l’oubli, il renaît au XXe siècle, notamment à partir des années 1980, il a attiré plus de 520.000 marcheurs en 2025 en quête d’une expérience à la fois spirituelle, humaine et intérieure.
La nature, omniprésente dans le film, devient également un personnage à part entière, offrant un écrin apaisant à cette quête de sens. À l’issue de la projection, une envie simple mais puissante s’impose, celle d’enfiler un sac à dos, chausser ses bottes et partir marcher… pour, peut-être, revenir à l’essentiel.
Pratique
En partenariat avec SAJE Distribution










